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Courrier - Éditorial Novembre 2009

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Écrit par Administrator
Dimanche, 01 Novembre 2009 10:16

Encore une fois, la fin du ressuage est annoncée!

Novembre 2009

L'éditorial que nous avons publié le mois dernier sur notre site nous a valu un courrier abondant de la part de nos lecteurs à travers le monde. Nous sommes lus dans plus de 110 pays à ce jour.

À titre d'exemple, nous pouvons publier in extenso, à la fin de cet éditorial, une des réactions que nous avons reçues.

Nous ne pensions pas qu'il puisse susciter un tel intérêt et il n'est pas possible de publier tous les courriers que nous avons reçus et les réponses que nous y avons apportées.
Aussi, nous allons en faire une synthèse.

Tout d'abord, la quasi-totalité de nos lecteurs nous ont écrit pour nous dire qu'ils étaient tout à fait d'accord avec nos déclarations.

Quelques-uns pourtant ont exprimé leur volonté de substituer ou de remplacer en partie ou totalement le ressuage par des méthodes alternatives qu'ils qualifient de plus fiables et de plus ''propres''.

En ce qui nous concerne, nous ne voyons pas de méthode plus fiable que le ressuage et la magnétoscopie pour la détection de discontinuités de surface sur des pièces très variées, dans des lieux très variés. Vouloir remplacer ces méthodes, c'est louable... jouable dans certaines circonstances... mais, nous en sommes sûrs, les fabricants et utilisateurs (par exemple, les prestataires de service, qui travaillent peu en atelier !) de produits de ressuage et de magnétoscopie ont encore du travail pour des décennies !

Sur le plan environnemental, des progrès substantiels sont constamment apportés en ressuage et en magnétoscopie, ne serait-ce que par la réduction des composés organiques volatils (COV). Nous sommes certains que les efforts engagés conduiront à de nouvelles avancées, bien que "le solvant très volatil, non halogéné et ne donnant pas de COV" n'existera jamais, nous en sommes sûrs (nous sommes chimistes).

Le traitement des eaux peut être systématiquement intégré aux installations de ressuage.

Les chaînes automatiques de ressuage assurent le respect des paramètres des différentes opérations de la gamme en supprimant les opérations manuelles.

Le contrôleur reste irremplaçable pour examiner les pièces et interpréter les discontinuités grâce à l'ensemble détecteur (yeux) + traitement du signal (cerveau), certes, complètement obsolète... mais qui est le seul à pouvoir déterminer un alignement d'indications en une fraction de seconde, à déterminer que la zone où il y a habituellement du bruit de fond présente cette fois-ci un "aspect" qui laisse penser à des porosités anormales ; il est aussi le seul à examiner une zone qu'on lui a pourtant affirmé comme "inutile à inspecter" (pour gagner du temps), zone dans laquelle il trouvera un jour des indications qui n'auraient jamais dû s'y trouver (cas vécus en nucléaire : microfissures des couvercles ; en aéronautique, sur diverses pièces ; en automobile, etc.), alors qu'un ordinateur auquel on n'a pas demandé d'inspecter telle zone ne prendra JAMAIS l'initiative de l'inspecter !

Aussi, nous ne saurions trop insister sur la nécessité impérative d'attacher la plus grande importance au recrutement, à la formation et à la motivation des opérateurs et des contrôleurs.

Somme toute, vouloir supprimer le ressuage, on peut toujours en rêver et tirer des plans sur la comète.

Notre position reste inchangée : à l'évidence, nous avons confiance dans le du futur du ressuage (PT).

Voici le texte intégral de la réaction que nous avons mentionnée au début de cet éditorial :

''- Que voilà un débat fort intéressant !

Autant il est sain que le métier soit remis sur l'ouvrage, autant jeter le bébé avec le bain (de pénétrant) serait pour le moins... prématuré. Je sais (et professe régulièrement) combien le ressuage est, de fait, un des piliers de notre qualité de fabrication. Cela fait déjà quelque temps que je trempe moins mes propres mains dans les installations, mais la vue que j'en ai depuis ma fenêtre de la Direction Qualité m'interpelle :

• Recrudescence de cas de non détection ces deux dernières années. Sur les cas étudiés, les raisons ont été généralement liées aux opérateurs, le procédé lui-même s'étant révélé plutôt stable et robuste : difficulté d'embaucher, qualifier, motiver et surtout garder des opérateurs, avec pour résultat un "turn-over" et des problèmes de qualité difficiles à maîtriser chez nos fournisseurs et prestataires. Ceux-ci savent, en période de crise et de contraction des marges, trouver de l'argent pour d'excellents audits procédés américanisés ou non, cela semble plus difficile pour rémunérer suffisamment les opérateurs qui sont la clef de voûte de la méthode. Je ne doute pas que cette problématique soit aussi l'un des défis majeurs à pour le COSAC, le COmité Sectoriel Aérospatial de Certification de la COFREND (COnfédération FRançaise pour les Essais Non Destructifs).

• Difficultés de créer de nouvelles installations, même industriellement pertinentes, avec un a priori insurmontable contre tout nouveau moyen nécessitant une gestion au titre de l'ISO 14000 ou équivalent, et dont la construction est toujours souhaitée... ailleurs. Cela concerne de la même manière les traitements de surface, décapages, usinages chimiques... généralement plus critiques pour l'environnement que le ressuage lui-même.

• Encore des efforts à faire pour intégrer le ressuage dans une filière de production quasi numérique à 100 %, traditionnel point fort de notre Entreprise.

Pour compléter ce qui a été dit à cette table ronde, c'est que la démarche de notre entreprise, même si elle doit regarder loin avec les jumelles de TOCCATA, est pragmatique à court terme : sur la base du maintien du ressuage à 100 % des pièces finies (généralement de manière efficiente sur la chaîne qui va traiter les surfaces dans la foulée), les cibles sont les ressuages intermédiaires, qui sont parfois "trop" performants, chers et longs pour l'objectif recherché.

Revenons aux fondamentaux : que cherche-t-on ? Une analyse des risques au cas par cas montre que les défauts "intermédiaires" alors recherchés sont en nombre limité, dans quelques zones critiques bien identifiées. On peut alors envisager un CND ciblé effectué dans l'usine (par exemple : contrôle automatisé de rayons par un seul passage d'une sonde CF dédiée, sur machine existante, sans déposer la pièce). Cela ne remplace pas le ressuage final, mais répond à une gestion de risques industriels. Cela évite, pour les grandes pièces, le cycle long et risqué : protection temporaire, transport en camion, déprotection, ressuage, reprotection, retransport... La performance globale du ressuage n'est pas vraiment en cause, mais cette amélioration du cycle industriel est source de gains de productivité.

Je ne suis pas sûr d'avoir un billet pour Moscou, mais j'aurai plaisir à lire les débats et tenter de connaître l'année où la réalité rejoindra la science-fiction.''

Luc BOYER, Niveau 3 à la Direction Qualité Dassault Aviation.

Voici notre réponse :

''Le ressuage repose effectivement sur les opérateurs pour le traitement manuel des pièces et comme nous le disons, il en rebute plus d'un. En viendrons-nous à automatiser systématiquement ces opérations ? Pour résoudre les problèmes d'embauche, de qualification et de motivation, nul ne doute qu'il faille pour susciter des vocations mieux rémunérer les opérateurs qui comme vous le dites si bien ''sont la clef de voûte de la méthode''.

Quant à l'intégration du ressuage dans une filière de production quasi numérique, nous n'y croyons pas. Les premiers travaux ont été entrepris aux USA à partir de 1978 avec l'étude ''Integrated Blade Inspection System'' (Système Intégré d'inspection des aubes) plus connue sous l'acronyme IBIS. En Europe, le premier prototype industriel de lecture automatique des indications de ressuage remonte à 1980 avec le système AEOS®. Mais de nos jours, il n'y a toujours rien de concrétisé et ce n'est pas demain la veille.

Bien entendu dans des cas comme celui que vous mentionnez, le contrôle automatisé intermédiaire par courants de Foucault est très intéressant.''

Mis à jour ( Mercredi, 25 Mai 2011 19:53 )