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Courrier - Interrogations

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Écrit par Administrator
Vendredi, 01 Octobre 2010 13:44

Juste quelques interrogations en MT et PT

Octobre 2010

Le 11 juin 2010, un de nos lecteurs nous a adressé le message suivant :

"Responsable Contrôle Qualité, spécialisé en CND, plus particulièrement en UT mais aussi Niveau 2 MT et PT, j'ai chaque fois plaisir à vous lire quand mes recherches internet (sur les CND) me conduisent sur votre site Web.

Aujourd'hui ce qui m'amène vers vous c'est une simple question pratique tirée de plusieurs constatations.

En présence d'une indication linéaire découverte en MT (longueur : 10 mm), nous sommes en désaccord classique client/fournisseur concernant sa nocivité et sa nature. J'ai décidé d'effectuer un ressuage localisé partant d'une idée simple et pragmatique : si elle est large, l'indication finale de ressuage sera un indice supplémentaire que cette indication est celle d’un défaut volumique, l'inverse n'étant bien entendu pas forcément vrai, tant la nature des défauts et leurs orientation/forme ainsi que les deux/trois magnétoscopies (liqueur magnétique noire) plus le couplant UT utilisés auparavant peuvent être de nature à masquer la partie externe de cette indication. Bien entendu, le fournisseur prétend que cette indication est celle d’un défaut superficiel et je soupçonne (caractérisation UT à l'appui) qu’il s’agit d’un défaut dont la profondeur se situe autour de 5 mm.

Mon objectif ayant été d'essayer de remplir au maximum ce défaut en pénétrant, j'ai effectué ce ressuage en n’observant aucune procédure écrite (à ma connaissance) mais plutôt celle dictée par le pragmatisme et mes dix années de pratique sur différents types et natures de substrat.

J’ai donc rempli au maximum ce défaut en pénétrant coloré. Quelques minutes après, j'ai réappliqué du pénétrant (visuellement, la trace laissée par le pénétrant autour de l'anomalie laissait à penser qu'un peu plus de pénétrant ne serait pas inutile). En me disant encore une fois de manière pragmatique qu'il est impossible de remplir un verre plus qu’il ne peut en contenir (cette vérité est plus souvent usitée dans les bars), j'ai laissé suffisamment de temps au pénétrant pour remplir le défaut (durée de pénétration : 30/45 minutes, selon que l'on parle de la première ou de la seconde pulvérisation).

Je passe sur le nettoyage que j'ai minutieusement effectué avec un chiffon sec et non pelucheux, humecté à l'eau du réseau de la ville française où étaient stockées les pièces en question.

J'ai laissé sécher à l'air (les 25°C de cette région le permettaient). J’ai ensuite appliqué le révélateur en couche homogène, mince et uniforme (le plus possible en tout cas). L’indication linéaire en question s'est très rapidement transformée en tache d'une quinzaine de mm².

Maintenant voici ma question (ou mes questions) :

Je ne cherche pas à connaître précisément le volume du défaut car, d'après ce que j'en sais, c'est aujourd'hui (et sans doute demain) impossible à savoir : trop de paramètres entrent en ligne de compte. Mais je pars malgré tout du principe, encore une fois pragmatique, qu'un petit verre renversé par terre donnera moins de travail à la ménagère qu'un seau.

• Savez-vous si quelqu'un a déjà essayé de faire une relation entre la surface finale d'une indication et le volume du défaut correspondant ?

et

• Quels seraient éventuellement les paramètres à prendre en compte pour se faire une petite idée du volume du défaut (à part l’intuition du contrôleur) ?

J'espère que vous aurez le temps de me répondre."

Voici notre réponse :

"Merci vivement de votre courriel et de tout l’intérêt que vous portez à notre site Web.

Concernant les questions que vous nous avez posées, nous avions, dans notre DPCNewsletter N°022(*), évoqué la longueur des indications mais nous nous étions bien gardés de parler de la surface ou du diamètre de l’indication.

En effet, notre expérience nous a montré que :

• Une indication qui apparaît et s'élargit rapidement est la preuve que la discontinuité est largement ouverte.

• Une indication qui apparaît lentement, qui donne une fine ligne, est la preuve que la discontinuité est très peu ouverte.

Mais rien ne permet de dire si, par exemple, dans le deuxième cas, la discontinuité n'est pas très importante en-dessous, mais avec les lèvres quasi fermées. De même, une indication qui "bave" peut être due à une discontinuité peu profonde mais très ouverte. Établir une corrélation entre profondeur de la discontinuité, ou son volume, et la quantité de pénétrant qui ressort, ou la largeur de l'indication... franchement, c'est utopique !!! Le seul moyen de se faire une idée, c'est, soit de "blanchir le métal", en enlevant une fine couche de matériau (si cela est autorisé), soit d’utiliser une autre méthode de contrôle non destructif (CND). Si les ultrasons (UT) ont donné une réponse sans ambiguïté sur la présence d'une discontinuité profonde, c'est que celle-ci est profonde.

Avoir fait des ultrasons et de la magnétoscopie avant le ressuage pose évidemment un problème majeur. Le ressuage a confirmé que la discontinuité est ouverte... mais elle peut être polluée par des résidus (et elle l'est certainement !) qui perturbent toute interprétation quant à la taille, la profondeur et le volume du défaut !

Il est normalement inutile de remettre du pénétrant. Si le pénétrant a commencé à "friser"... c'est qu'il y avait des polluants... et nous pensons à des hydrocarbures de produits de magnétoscopie, ou à des constituants du couplant UT.

Selon le pénétrant et le révélateur utilisés, une même discontinuité ne donnera pas une indication de même largeur. De bons produits donneront la même longueur, mais ils ne s'étalent pas de la même façon, qu'il s'agisse d'indications linéaires ou arrondies. Alors si, par exemple, la spécification applicable stipule que toute indication de moins de 3 mm de diamètre est acceptable, et qu'au delà, il faut la considérer comme rédhibitoire, on pourra fort bien avoir 2,5 mm avec un couple de produits de ressuage coloré et 3,5 mm avec un couple de produits concurrents... les deux étant homologués selon les spécifications américaines ou homologués RCC-M (Règles de Conception et de Construction des Matériels Mécaniques des Ilots Nucléaires-REP**). Cas vécu.

Les paramètres pour effectuer des ressuages reproductibles sont... très nombreux. Un même opérateur très expérimenté, sur les mêmes pièces, avec exactement les mêmes produits (les mêmes générateurs d’aérosols de même n° de lots), peut très bien mettre en évidence des discontinuités "limites" sur les pièces de référence le matin... et ne détecter que 60 ou 70 % des discontinuités l'après-midi.

En espérant avoir répondu à votre question.’’

Notre lecteur nous a répondu :

"De retour de mission, je tenais à vous remercier pour votre réponse complète et argumentée.

Je m'attendais à votre réponse, mais je souhaite que nous développions ce sujet car j’aurai une autre série de questions à vous poser (je parlerai très certainement de ce que j’ai lu dans l’un de vos articles(*) dans lequel vous écrivez : ‘‘Admettons qu’un maximum de 50 % du pénétrant ressorte de la fissure.’’).

Sachez que le problème auquel je suis confronté porte sur une quinzaine de pièces moulées qui présentent quasiment toutes des indications linéaires dans les mêmes zones usinées ; ces indications, pour moi, correspondent à des défauts qui se produisent lors des phases de refroidissement.

Mon idée première est qu’il est certain, et je vous rejoins tout à fait sur ce point, qu’une indication faible ne présume en rien du volume d'un défaut, surtout dans mon cas où 2 magnétoscopies et du couplant UT ont dû colmater en partie les discontinuités. Mais à l'inverse, une large tache ne provient pas forcément d’un défaut profond ou d’un défaut volumique (long, certes, mais aussi profond), mais sûrement largement ouvert ; il peut être profond… ou pas."

Notes


(*) Ressuage lui en demande-t-on trop ? (revisité), DPCNewsletter N°022 – Mars 2010.

(**) REP signifie Réacteur à Eau Pressurisé.

Mis à jour ( Mercredi, 25 Mai 2011 21:38 )