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Courrier - Mars 2012

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Écrit par Administrator
Dimanche, 12 Février 2012 10:52

UV Fading (1) (Suite)

Mars 2012

Un de nos fidèles lecteurs nous a écrit pour nous dire qu’il n’était pas d’accord concernant la traduction en français que nous avions donnée au terme anglais "UV fading".

Il précise : "Il ne s’agit pas d'une atténuation de la fluorescence mais bien d'une décoloration, d’un blanchissement, le colorant jaune se dégradant manifestement plus que l'azurant optique.
Une atténuation signifierait une perte de luminosité sans changement de couleur ce qui n'est pas le cas.
La traduction française sans doute la plus proche serait le "ternissement" qui signifie à la fois le contraire de saturé et lumineux".


Notre réponse :

En 2011, nous avons été longuement en relation avec Bernard VALEUR (2) et nous lui avions demandé ce qu’il pensait de la traduction en français du terme anglais "heat fade" par "évanouissement de la fluorescence par la chaleur". Il nous avait répondu que sa traduction serait plutôt "atténuation (de la fluorescence) par la chaleur" et que "fade" étant un verbe dont le substantif est "fading", il parlerait donc plutôt de "heat fading".

C’est à partir de ces considérations que nous en sommes arrivés, en toute logique, à la traduction de "UV fading" par "atténuation (de la fluorescence) par les UV".

Après recherches et réflexion, le terme français "pâlissement (de la fluorescence) par les UV" est celui qui convient le mieux pour traduire "UV fading".

En effet, le terme "pâlissement" est utilisé en photométrie et colorimétrie, par exemple, pour désigner l’atténuation progressive des encres ou des couleurs d'un document manuscrit ou imprimé.
De même, il existe l’expression française : "Éviter l’exposition prolongée à la lumière du soleil pour empêcher le pâlissement de la couleur", qui se traduit en anglais par : "Avoid prolonged exposure to sunlight to prevent the colour from fading".

Même si le mot "pâlissement" est inconnu dans certains dictionnaires, nous introduirons le terme "pâlissement (de la fluorescence) par les UV", en alternative à "atténuation (de la fluorescence) par les UV", comme la traduction en français du terme anglais "UV fading", lors d’une prochaine révision de notre lexique PT (3). En effet, ce pâlissement/fading est dû à une diminution de l’intensité de fluorescence, résultant de la dégradation des colorants fluorescents

La réaction de notre lecteur est donc pertinente et constructive, et nous le remercions de sa remarque.

À notre connaissance, Amos SHERWIN fut le premier à parler d’UV Fading, il y a longtemps.
En prenant des photos (argentiques, bien sûr !) d’éprouvettes PT de référence, à la même époque, Patrick DUBOSC avait remarqué cet effet, en utilisant des pénétrants différents, et des éclairements énergétiques UV-A différents. Il avait vu que les indications données par certains pénétrants bas de gamme, c’est-à-dire ne contenant qu’une faible quantité de colorants (les constituants les plus chers dans un pénétrant), devenaient moins visibles, au bout de 15/20 minutes d'exposition à un éclairement énergétique (UV-A) de 1500 µW/cm², la valeur minimale déjà imposée par certains donneurs d'ordre aéronautiques français.
Par ailleurs, Patrick DUBOSC avait constaté que, même avec des pénétrants homologués par l'aéronautique américaine, ou par des donneurs d'ordre aéronautiques français, à partir de 5000 µW/cm², on observait un changement d'aspect du pénétrant qui ressortait du défaut, dès que les éprouvettes de référence étaient sous la source UV-A. La couleur jaune (à l'époque, le jaune était très prisé, pour les pénétrants fluorescents) avait tendance à virer à un jaune plus clair, puis, si l'éclairement énergétique UV-A augmentait, l'indication devenait blanc-bleuté, puis blanche. Cela avait amené Patrick DUBOSC à faire mettre, dans la norme européenne, cette limite de 50 W/m² (5000 µW/cm²), comme maximum pour l'éclairement énergétique (UV-A) dans les cabines d’examen.
Notez qu’à la même époque, un fabricant réputé de trains d'atterrissage avait publié, une étude dans laquelle ce phénomène était visible à partir de 4500 µW/m².

Par conséquent, deux réactions ont été mises en évidence, qui pourraient être expliquées alors de la façon suivante :

• D’un côté, le changement de couleur de l'indication, dû simultanément à la saturation du colorant (jaune à l'époque, vert, plus tard), qui signifie que, même si on accroît l'éclairement énergétique, il arrive un moment où le colorant ne pourra émettre davantage de photons, et au fait que l'azurant optique, qui émet en blanc-bleuté, lui, continue à émettre de plus en plus de photons. Les yeux voient alors ce "glissement" de couleur. Notez que généralement, en même temps, on accroît la réflexion des UV-A (et de la lumière visible émise par les sources UV-A) par la surface à examiner, ce qui peut conduire à une situation très fatigante, malgré le port de lunettes anti-UV. On diminue le rapport de contraste, et l'œil ne reçoit plus de photons verts, qui correspondent à sa sensibilité la plus élevée en vision scotopique (lorsque la lumière ambiante est faible). Alors, cela diminue très nettement ses capacités, tout en augmentant sa fatigue. Par conséquent, la fiabilité du contrôle est considérablement affectée.

• De l’autre côté, la destruction, plus ou moins rapide, des molécules de colorant par les UV-A, lors d'une exposition plus ou moins prolongée. De ce fait, Patrick DUBOSC avait "suggéré" à un sous-traitant automobile qui utilisait un pénétrant fluorescent très sensible à ce phénomène, de laisser exposées au rayonnement UV-A, pendant les pauses café, toutes les pièces sur lesquelles des indications avaient été vues. Au retour du personnel, les indications auraient disparu... et les pièces pouvaient être "acceptées" ! Du coup, ce sous-traitant travailla avec un autre fournisseur plus réputé de produits de ressuage, pour utiliser un pénétrant beaucoup plus résistant au "pâlissement (de la fluorescence) par les UV".
C’était un sous-traitant sérieux, et il ne voulait pas risquer de fournir des pièces défectueuses à son donneur d'ordre.

Cette destruction est le "UV fading", mis en évidence par Amos Sherwin... à moins que d'autres "anciens combattants" du ressuage n'aient d'autres informations.

Références

(1) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, UV Fading. Éditorial, février 2012 : Sur notre site Internet.

(2) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Fluorescence vs phosphorescence, Éditorial, novembre 2011 : Sur notre site Internet.

(3) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Lexique PT (français/anglais) : Sur notre site Internet.

Mis à jour ( Dimanche, 12 Février 2012 11:16 )