French (Fr)English (United Kingdom)

DPC NEWS : un site d'information sur le ressuage et la magnétoscopie

DPC

Rechercher

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
Visites depuis Avril 2008

Inscrivez-vous

DPCNews


Recevoir du HTML ?

Courrier - Mars 2013

Imprimer
Envoyer
Écrit par Administrator
Samedi, 16 Février 2013 09:43

Réponses à quelques questions de magnétoscopie

Mars 2013

Un de nos lecteurs nous a posé un certain nombre de questions concernant la magnétoscopie.

Nous en avons sélectionné deux dont les réponses sont susceptibles d’intéresser tous nos lecteurs.

Première Question : Dans le cas d’un champ magnétique continu, jusqu’à quelle profondeur un matériau (acier carbone) peut-il être aimanté ?

Notre réponse :
Donner la bonne réponse nécessiterait que nous puissions mesurer l’aimantation à l’intérieur du matériau à différentes profondeurs. Mais comment ?
Nous avons écrit(1) :
"La magnétoscopie est utilisée pour détecter des discontinuités de surface, débouchant en surface ou sous-cutanées (généralement jusqu’à quelques millimètres de profondeur), sur matériaux ferromagnétiques".
En effet, la sensibilité de détection et la probabilité de détection diminuent très rapidement avec la profondeur.

Comme il n’y a aucun moyen de mesurer directement et d’une manière non destructive le champ magnétique ou l’induction magnétique dans la pièce, notre réponse est claire : nous ne le savons pas !!! Ce n’est seulement que par expérience, après avoir détecter quelques indications sur différentes pièces, et les avoir coupées, ou avoir confirmé par ultrasons (UT) qu’il est possible d’évaluer une profondeur de détection. L’un de nous se souvient qu’on lui avait dit, il y a très longtemps que des contrôleurs travaillant sur des arbres de turboréacteurs, utilisant une aimantation par courant redressé de forte intensité, avaient pu détecter des inclusions jusqu’à 12 mm de profondeur (dans presque tous les cas, c’est impossible), lors d’un contrôle MINUTIEUX qui demandait 8 heures par arbre, une durée de contrôle impensable et inimaginable de nos jours. N’oubliez pas que, quelles que soient les conditions, une fuite de flux magnétique suffisamment élevée doit se produire à la surface de la pièce pour attirer les particules magnétiques.

Au-dessus d’un défaut, il n'y a qu'une seule crête de champ magnétique (voir l’illustration ci-dessous) ; cependant, comme l'attraction des particules magnétiques s’effectue sur la pente de cette courbe (gradient H), il y a en théorie deux zones d'attraction bien distinctes (à gauche et à droite du défaut) mais qui visuellement sont bien souvent confondues.

Dans le cas d'une discontinuité débouchant en surface, les pentes sont très raides, par conséquent l'attraction est très forte et très localisée. Dans le cas d'une discontinuité non débouchante en surface, les pentes sont beaucoup plus lentes et larges, et l'attraction est plus faible et plus diffuse.

 

 

Crédit Srem technologies

De plus, l’un de nous pense que lors de la recherche de discontinuités profondes, l’opérateur doit savoir que, bien souvent, l’indication n’apparaît pas sous forme d’une ligne mais plus comme "deux zones floues" parallèles. Un contrôleur habitué à des indications franches peut les manquer.

D’autres paramètres doivent être pris en considération :
• la perméabilité du matériau,
• la forme d’onde du courant d’aimantation [un courant alternatif sinusoïdal redressé 1 alternance pénètre moins qu’un courant sinusoïdal redressé deux alternances ; lui-même, moins qu’un courant triphasé sinusoïdal redressé 2 alternances (triphasé hexaredressé), qui est quasi assimilable à un courant continu],
• de la profondeur, de la taille, de l’orientation de la discontinuité, par rapport à la direction du champ magnétique,
• etc.

C’est pourquoi il faut être EXTRÊMEMENT PRUDENT en annonçant des profondeurs de détection en magnétoscopie !!!


Deuxième Question : Pourquoi le champ magnétique de désaimantation doit-il être plus élevé que le champ magnétique d’aimantation ?

Notre réponse :
Pour désaimanter correctement une pièce, il faut que la matière soit soumise à un cycle d'hystérésis plus important que celui auquel elle a été soumise lors de de l'aimantation. Si la matière a été aimantée à saturation, le champ magnétique doit être plus élevé que le champ coercitif de la matière. Pour en être sûr, il est même conseillé d'utiliser un champ magnétique jusqu’à cinq fois supérieur à la valeur du champ coercitif. C’est la raison pour laquelle il faut désaimanter avec un champ magnétique supérieur au champ magnétique d’aimantation.

Dans le cas d’une aimantation à l’aide d’un courant redressé, surtout dans le cas d’un courant triphasé sinusoïdal redressé 2 alternances, la désaimantation s’effectue avec des générateurs de courant basse fréquence entre 1 et 10 Hz par exemple, voire même 0,5 Hz, avec des cycles de désaimantation de 40 secondes, voire plus.


Référence

(1) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Quelques limites du champ d'applications industrielles de la magnétoscopie, février 2011 : sur notre site Internet.

Mis à jour ( Samedi, 16 Février 2013 10:05 )