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Courrier - Juillet 2013

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Écrit par Administrator
Samedi, 15 Juin 2013 08:18

La magnétoscopie est une méthode de contrôle qui pardonne beaucoup

Juillet 2013

Un de nos lecteurs, auditeur pour le compte d’une société fabriquant des organes mécaniques, nous signale qu’il a audité un sous-traitant qui contrôle par magnétoscopie ses séries de pièces usinées finies selon les normes ASTM E709 et DIN 54130 et les critères d’acceptation de son donneur d’ordre.
Ce contrôle magnétoscopie est effectué sur banc magnétoscopique avec une liqueur magnétique fluorescente à base aqueuse.

L’auditeur nous fait part de sa très grande surprise concernant ce processus de contrôle, pourtant validée par un Niveau 3 car après aimantations longitudinale et transversale effectuées simultanément, les pièces sont désaimantées, et alors seulement, examinées.

L’auditeur n’en revient pas. Pour lui, cette ce processus est inacceptable et il le signale à l’audité. Selon ce dernier, le fabricant du banc magnétoscopique lui a déclaré que le contrôle effectué avant ou après désaimantation était identique. L’audité fait une démonstration devant l’auditeur sur une pièce comportant un défaut et le défaut est effectivement détecté. L’auditeur n’est pas d’accord car ce processus est non conforme avec les normes applicables.

L’auditeur nous demande notre avis.

Voici notre réponse :

Concernant les aimantations longitudinale et transversale effectuées simultanément, nous avons écrit(1) :

"L’aimantation combinée consiste à appliquer sur la pièce, en même temps que l'arrosage par le produit indicateur, une aimantation transversale immédiatement suivie par une aimantation longitudinale sans observation intermédiaire. Dans ce cas, le risque pour que l'arrosage "lave" pendant l'aimantation longitudinale les indications de discontinuités mises en évidence par l'aimantation transversale est très important et influe très nettement sur la qualité du contrôle.
En revanche, "l'aimantation par champ tournant sur banc magnétoscopique" consiste à générer dans la pièce, simultanément et de manière déphasée, un champ longitudinal par têtes magnétiques et un champ transversal par passage de courant, permettant d’obtenir un vecteur d’aimantation résultant tournant. L’ensemble de la pièce est ainsi aimanté dans toutes les directions en une seule opération. La qualité du contrôle reste excellente avec peu de fond
".

De plus, nous sommes assez surpris que l’examen des pièces soit effectué après désaimantation.

En effet, cela n’est pas conforme aux normes ISO 9934-1 et ASTM E1444/E1444M qui stipulent la désaimantation après contrôle.

Notez que l’ASTM E709 – 08, ne stipule pas clairement que l’examen doit être effectué avant désaimantation, mais le chapitre 16 Interpretation of indications (ndlr : Interprétation des indications) précède le chapitre 18 Demagnetization (ndlr : Désaimantation).

Nous ne connaissons pas la norme DIN 54130 qui est très ancienne puisqu’elle a été publiée en avril 1974. En effet, tous les pays européens ont annulé et remplacé leurs normes nationales par les normes européennes (EN) ou internationales (ISO).

Un expert américain, un de nos amis, nous a signalé que, curieusement, il connaissait un cas très similaire. Il s’agissait d’un banc de magnétoscopie, fabriqué en Allemagne, utilisé aux États-Unis d’Amérique, pour le contrôle de vilebrequins. La technique d’aimantation multidirectionnelle et une liqueur magnétique fluorescente à base aqueuse étaient utilisées. Les pièces étaient ensuite désaimantées puis contrôlées.

L’expert américain a attiré l’attention des opérateurs sur cette mauvaise pratique : observation après désaimantation. Les opérateurs lui ont répondu que le constructeur du banc magnétoscopique leur avait dit que cela était acceptable. Pour cela, ils lui ont montré un vilebrequin défectueux qui comportait des indications linéaires.
L’expert a répondu :

"La magnétoscopie est une méthode de contrôle qui pardonne beaucoup. Un contrôleur peut violer les paramètres du processus et trouver, malgré tout, des défauts. De gros défauts peuvent être trouvés, mais les petits ne seront pas trouvés. Évidemment, lors de l'utilisation d'une telle pratique, l'indication est maintenue mécaniquement, non magnétiquement.
Si la pièce a été vraiment désaimantée, comment peut-elle retenir une indication ? Cela ne marche pas. Un bon indicateur de la validité du contrôle serait d’usiner des défauts artificiels dans une pièce identique à celle soumise aux contrôles. Ces défauts devraient reproduire, aussi fidèlement que possible, la plus petite dimension du défaut rédhibitoire en conformité avec les critères d'acceptation. Si le sous-traitant avait fait cela, je ne crois pas que le contrôle aurait été validé
".

Nous sommes tout-à-fait d’accord avec cet expert dont le point de vue conforte le nôtre.

Nous savons cependant que ce processus est malgré tout utilisé dans l’industrie automobile. Bien sûr, c’est risqué, mais si les précautions appropriées sont prises, en particulier un séchage des pièces avant la désaimantation, les résultats peuvent être satisfaisants, tout en sachant cependant que la capacité de détection est affectée par la nature et la dimension des discontinuités à détecter, ainsi que par l'état de surface de la pièce.

On peut ajouter, comme nous l’a fait remarquer notre lecteur, qu’auditer un contrôle non destructif, ou toute autre activité, d’ailleurs, ne se limite pas à vérifier la conformité entre les documents écrits et la mise en œuvre : il est bon de vérifier aussi la qualité technique des documents écrits, notamment par rapport à la physique ou à la chimie.
Une des premières versions des normes ISO 9000 présentait ce défaut : si la procédure était telle qu’on ne pouvait fabriquer que des pièces qui ne donnaient pas satisfaction au client, le jour où on fabriquait des pièces qui correspondaient aux attentes du client, c’est qu’on n’avait pas suivi la procédure…et, donc, qu’on ne respectait pas l’Assurance de la Qualité ! Il a fallu quelques années, de nombreux incidents, et de nombreux articles de personnes (auditeurs, audités, clients) impliquées, pour que l’on prenne en compte le besoin du client, et l’amélioration de la qualité.


Références

(1) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Magnétoscopie et la technique d’aimantation par champ tournant : ça marche ! DPCNewsletter N°033, février 2011 : sur notre site Internet.


Références normatives

• DIN 54130, Zerstörungsfreie Prüfung; Magnetische Streufluß-Verfahren, Allgemeines (ndlr : Essais Non Destructifs ; Contrôle par flux de fuite magnétique, Principes généraux du contrôle), Deutsches Institut Fur Normung e.V. Am DIN-Platz, Burggrafenstraße 6, D-10787 Berlin, Germany, avril 1974.

• ASTM E1444/E1444M-12 Standard Practice for Magnetic Particle Testing, ASTM International, 100 Barr Harbor Drive, PO Box C700, West Conshohocken, PA, 19428-2959, États-Unis d’Amérique, 2012.

• ASTM E709 – 08 Standard Guide for Magnetic Particle Testing, ASTM International, 100 Barr Harbor Drive, PO Box C700, West Conshohocken, PA, 19428-2959, États-Unis d’Amérique, 2008.

Mis à jour ( Samedi, 15 Juin 2013 08:33 )