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DPCNews 007 - Le mystérieux et dangereux solvant…

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Écrit par Administrator
Lundi, 01 Décembre 2008 17:20

Décembre 2008

L'énigme enfin résolue !

Quel est le nom du produit dont la FDS (la Fiche de Données de Sécurité) vous a été présentée le mois dernier ?

Rappelons d’abord que tout ce qui est écrit dans la FDS est absolument exact.

Le contenu des différentes rubriques de cette FDS pouvait laisser penser au Lecteur que le dihydrure d’oxygène, un alcool primaire, présentait un certain nombre de risques effrayants qui nécessitaient de prendre de sérieuses précautions de toute sécurité.

Certains alcools, d’une manière générale, présentent des risques inquiétants.

Tel est le cas du méthanol (synonyme alcool méthylique), dont la formule chimique est: CH3-OH auquel il a été attribué le N° CAS: 67-56-1 et le N° EINECS: 200-659-6.

Il est assujetti :

- à l’étiquette F : Facilement inflammable, avec le symbole de la flamme et à l’étiquette – T : Toxique avec le symbole de la tête de mort.

- aux phrases de risques :

R 11 Facilement inflammable.

R 23/24/25 Toxique par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.

R 39/23/24/25 Toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.

- aux phrases de conseil de prudence :

S 7 Conserver le récipient bien fermé.

S 16 Conserver à l'écart de toute flamme ou source d'étincelles - Ne pas fumer.

S 36/37 Porter un vêtement de protection et des gants appropriés.

S 45 En cas d'accident ou de malaise, consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l'étiquette).

Dans les années 90, nous avions eu la surprise de découvrir un révélateur à base de solvant (non aqueux) ‘‘fait-maison’’ dans une société renommée.

Cette société approvisionnait, auprès d’un fournisseur de produits de ressuage, une sorte de révélateur sec qui était ensuite mis en suspension dans du méthanol et qui était utilisé dans une cuve ouverte (sans couvercle) dotée d’un système d’agitation mécanique à hélice pour maintenir la suspension homogène.

Aucun dispositif d’aspiration sur l’installation ; l’opérateur mourut à une quarantaine d’années.

Évidemment personne n'avait eu le temps pour lire la FDS du méthanol.

Revenons maintenant à ce solvant oxygéné, cet alcool primaire dont nous avons parlé le mois dernier. Bien qu’il semble très dangereux, avez-vous remarqué que le Fournisseur n’est pas obligé de mettre une étiquette ‘‘dangereux’’ ou des phrases de risque/de conseil de prudence ?

Intrigant, comme vous pouvez vous le demander.

Y a-t-il de quoi s'inquiéter de l'utiliser ? Doit-on tirer la sonnette d’alarme ?

Ne pensez vous pas que ce produit chimique devrait être interdit une fois pour toutes ?

Eh bien, certainement PAS !

Cette substance terrifiante est l'EAU, sans laquelle nous cesserions d’exister !

Nous avions voulu que vous y pensiez quelques instants et nous avions indiqué quelques mots : solvant, alcool primaire. Pour les chimistes, un alcool a toujours le radical chimique -OH. À ce propos, l'eau qui généralement s’écrit H2O peut aussi être écrite comme H-OH, faisant de l'eau l'alcool le plus simple !

Nous supposons que beaucoup d'entre vous, qui êtes perspicaces, avaient en fait compris l'énigme grâce, soit au Numéro CAS (en recherchant dans les documents appropriés), soit aux quelques indices nous allons donner maintenant.

Aussi, vous découvrirez peut-être ainsi une nouvelle manière de lire les FDS !

- Ingestion en grande quantité de ce solvant peut entraîner la mort : c'était le principe du "supplice de la question" au Moyen- Âge. Avaler plusieurs litres d'eau en peu de temps peut conduire à des troubles digestifs très sérieux, à des problèmes d'évacuation (reins/vessie), à la dilution des électrolytes qui assurent les échanges d'informations entre toutes les cellules du corps.

- La mort en inhalant de grandes quantités : une personne, dans une atmosphère contenant 100 % d'humidité, inhale cette humidité sous forme de très fines gouttelettes. Ces gouttelettes s'accumulent dans les poumons.et finalement la personne se noie ; c'est semblable à un œdème pulmonaire !

- Composant majeur des pluies acides : l'eau est le composant majeur de la pluie, n’est-ce pas ?

- Aux températures très basses, ce produit rend les sols glissants : glace sur sols humides avant gel !

- La Rubrique 9 fournit des données très importantes : point d’ébullition environ 100°C, point de congélation environ 0°C !!!

- Ce solvant entraîne beaucoup de produits chimiques indésirables vers les égouts, les cours d’eau, etc. : les eaux de pluie "lessivent" les sols qui peuvent avoir été traités avec des désherbants ou des engrais. De grandes quantités d’eau pulvérisées sur des incendies peuvent entraîner des produits chimiques dans les égouts et les cours d’eau, après les fuites ou l’explosion d’emballages et de cuves.

- Un contact prolongé avec la peau entraîne un gonflement de la peau et une turgescence des cellules (c’est-à-dire un gonflement des cellules): restez dans votre baignoire, ou dans une piscine pendant deux heures (il faut que cela soit de l'eau douce, pas l'eau de la mer) et regardez votre peau ! Les cellules du corps contiennent des électrolytes, parmi eux le sel ordinaire (chlorure de sodium) à des concentrations plus élevées que dans l'eau douce. Cela ‘‘attire’’ l’eau à l’intérieur des cellules C'est un phénomène naturel dû à la pression osmotique. Mais ce serait beaucoup trop long à expliquer ici.

- Ce solvant est présent en grande quantité dans les cellules cancéreuses, sans qu'aucune corrélation n'ait jamais pu être établie entre lui et les caractères cancérigènes. Pour une très bonne raison : chaque cellule contient entre 65 et 90 % d'eau, qu'elle soit cancéreuse ou pas ! L'eau est VITALE, ce qui signifie, autant qu'on le sache, que sans elle la vie est impossible. C'est pourquoi le premier élément recherché sur Mars, mais aussi sur les exoplanètes (planètes hors du système solaire) est l’eau, des traces d'eau, soit directement avec des robots sur Mars, soit indirectement, par analyse spectroscopique par exemple.

Cet exemple devrait, alertes lecteurs, vous aviser suffisamment pour comprendre que... vous ne comprenez pas tout. Demandez à votre fournisseur et ne laissez pas d'autres personnes (qui ne sont pas compétentes en chimie, médecine, biologie) affirmer des choses inexactes.


Nous, Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, accueillons tout commentaire, toute idée. Si vous avez quelques exemples que vous souhaiteriez voir discutés ici, veuillez nous fournir, s'il vous plaît, toutes les indications utiles. Si vous exigez la confidentialité, nous modifierions les lieux, les noms et quelques paramètres pour empêcher d'identifier la source d'information. Néanmoins, nous sommes convaincus que notre site peut être une sorte de soupape de sécurité: le but N'EST PAS de viser telle ou telle Société, ou tel ou tel auditeur; mais c'est toujours afin que les utilisateurs réfléchissent et se posent des questions, les vraies, à eux et aux autres.

Nous pouvons également fournir un conseil, là encore, à titre confidentiel si nécessaire, n'hésitez pas, s'il vous plaît, à nous poser des questions, pour alimenter notre base de données, concernant: les Fiches de Données de Sécurité (FDS), l'environnement, un nom chimique que vous ne comprenez pas, une gamme de ressuage dont vous avez entendu parler, etc. Nous avons une multitude d'exemples, certains ne figurant dans aucune spécification/norme, qui permettent la détection de discontinuités, lorsque "les procédés courants ou habituels" ne permettent pas la détection de ces discontinuités.

Mis à jour ( Mardi, 17 Mai 2011 16:43 )