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DPCNews 012 - Le révélateur pelliculaire

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Écrit par Administrator
Vendredi, 01 Mai 2009 21:49

Mai 2009
Complété en janvier 2012

I - Introduction

Ce révélateur s’apparente en fait à un révélateur humide non aqueux et s’utilise avec n’importe quel pénétrant.

La différence provient du fait qu’après évaporation des solvants, ce revêtement agit comme un agent fixateur qui peut être pelé avec les indications des discontinuités révélées.

Ce révélateur est composé d’un mélange d’agents capillaires, de monomères de résine organique qui polymérisent à l’air à température ambiante et d’un agent de décohésion non siliconé (pour faciliter son décollement de la surface) dans un solvant volatil.
Cependant, nous avions trouvé un révélateur pelliculaire qui renfermait des silicones !

Ce révélateur apparut au tout début des années 70 à une époque où la prise de photographies argentiques nécessitait un appareillage assez sophistiqué pour obtenir de bons résultats en raison d’un manque de contraste suffisant, tout particulièrement dans le cas de défauts fins mis en évidence par ressuage coloré.

Un photographe professionnel pouvait être d’une certaine utilité, sous réserve que l’utilisateur lui fournisse cependant des informations, en particulier lorsque des produits fluorescents étaient utilisés sous rayonnement ultraviolet (UV-A).

De plus, il faut cependant garder en mémoire que le traitement de la pellicule peut entraîner des "pertes d'informations" entre ce que voient les yeux du contrôleur sur la pièce et ce qu’ils voient sur la photographie.  

Ajouter cette forme de révélateur dans sa gamme était un "plus" pour tout fabricant de produits de ressuage.

II - Pourquoi l'utiliser ?

Il peut être utilisé avec tous les pénétrants. Le révélateur pelliculaire donne un film capillaire opaque, qui va donner un contraste avec l’image de l’indication, qui sera visible soit en lumière du jour ou artificielle, soit sous rayonnement ultraviolet (UV-A), selon le type de pénétrant.

Les raisons principales d’utilisation sont les suivantes :

• Le contrôle de la performance des gammes de ressuage ou de magnétoscopie :
Une pièce éprouvette de référence comportant des défauts connus permet de comparer des défauts détectables lors de la vérification d’un produit en service avec des défauts détectés en utilisant des produits entièrement neufs. De plus, ces répliques peuvent être conservées par le Département de l'Assurance Qualité comme preuve.

• La comparaison et l'enregistrement de la performance de différents produits et/ou procédés de ressuage ou de magnétoscopie :
Ainsi, il est possible de vérifier et d’enregistrer :

> Ressuage : L'impact de la modification de paramètres : températures, pressions, durées, procédés d'élimination de l'excès de pénétrant, concentrations de solutions aqueuses de l’émulsifiant hydrophile, etc.
Par exemple, il est facile de vérifier le bruit de fond fluorescent, selon le pénétrant en service ou de comparer le bruit de fond à celui du produit de référence. Cette vérification ou cette comparaison s'effectue selon le test de lavabilité décrit au paragraphe 7.6 de la norme ISO 3452-2 effectué à l'aide de la pièce de référence Type 2 de la norme ISO 3452-3.

> Magnétoscopie : l’impact de différentes concentrations en particules magnétiques dans les liqueurs magnétiques.

> L'évaluation de la propagation d'un défaut connu dans une pièce : soit en service, soit lors d'essais de tenue en fatigue.

> Le transfert des indications obtenues "in situ" (par exemple dans le cas de grandes structures) à un endroit mieux approprié pour l’examen.

> La formation des contrôleurs pour leur apprendre à interpréter les indications révélées par ressuage ou magnétoscopie.

III - Technique d'application

Notez que ce révélateur n’est fourni qu’en générateur d’aérosols car la résine polymérise au contact de l’air, ce qui exclut donc le conditionnement en bidons.

L'utilisation de ce type de révélateur demande un certain savoir faire, afin d'éviter les "bulles". Les bulles apparaissent lorsque le révélateur est appliqué trop rapidement ou si la pulvérisation est effectuée trop près de la surface de la pièce. Si l’opérateur a fait ces erreurs, la résine commence à polymériser alors que le support organique ne s’est pas encore suffisamment évaporé ; il se trouve alors emprisonné dans la couche polymérisée et génère des bulles.

La technique appropriée d’application est la suivante :

• Après essuyage de la surface défectueuse à l'aide d'un chiffon propre, ré-appliquez le pénétrant et éliminez l'excès de pénétrant de la même manière que précédemment. Au lieu du révélateur habituellement utilisé, appliquez une couche mince de révélateur pelliculaire.

• Agitez d'abord vigoureusement le générateur d’aérosols pendant 1 à 2 minutes pour homogénéiser le produit.

• Pulvérisez la zone à revêtir en tenant le générateur d’aérosols à une distance de 20 à 30 cm. La technique d'application est importante car le film ne doit être ni trop humide, ni trop sec et doit être mince et uniforme.

• Après une ou deux couches, laissez le film sécher pendant un certain temps pour fixer l'indication, avant toute autre application.

• Appliquez trois couches supplémentaires, en attendant quelques dizaines de secondes entre chaque couche. Cela est habituellement nécessaire pour former un revêtement suffisamment épais pour le rendre facile à détacher.

• Laissez sécher la dernière couche pendant environ 2 à 5 minutes, à température ambiante. Il peut ensuite être pelé en appliquant dessus un ruban adhésif et en enlevant le ruban adhésif et le film. Coupez les bords du film avec un couteau ou l'ongle, pour faciliter le décollement. Veuillez à ne pas déchirer ou étirer la réplique lors de cette opération.

• Si l'on choisit un ruban adhésif approprié, la réplique peut être collée sur une carte et conservée comme enregistrement permanent pour les besoins de l'Assurance Qualité.

Notez que les répliques obtenues avec un révélateur pelliculaire doivent être examinées "à l'envers". En effet, en raison de l'épaisseur du revêtement opaque, la lecture "à travers" entraîne une énorme perte de sensibilité apparente, alors, qu'au contraire, la lecture "à l'envers" confère une sensibilité plus élevée, en comparaison avec toute autre forme de révélateur.

IV - Restrictions d'utilisation

Certains paramètres constituent une limite d’utilisation de ce révélateur :

• La rugosité de surface : appliqué sur une surface rugueuse, il ne peut pas être pelé ou il part en lambeaux.

• La géométrie de la pièce : sur des formes relativement simples et des surfaces développables.

• La nature du substrat métallique : le solvant des premiers révélateurs pelliculaires était à base de 1,1,1-trichloroéthane. Il ne pouvait donc pas être utilisé sur les aciers austénitiques, les alliages à base de nickel ou les alliages de titane. Par la suite, le 1,1,1-trichloroéthane fut remplacé par l’acétone qui attaque un bon nombre de peintures, d’élastomères et de matières dites plastiques ; mais il peut alors être utilisé sur les aciers austénitiques, les alliages à base de nickel et les alliages de titane !

V - Conservation des répliques

Les répliques obtenues à l’aide du révélateur pelliculaire peuvent être utilisées pendant un certain temps à condition de les conserver à l’abri de la lumière naturelle ou artificielle et du rayonnement ultraviolet pour éviter une atténuation de la couleur ou de la fluorescence des indications.
En effet, soumise à une telle exposition, la fluorescence jaune-vert initiale vire à un bleu brillant puis à un blanc brillant avant de disparaître. Il s’agit d’un phénomène d’atténuation de la coloration ou de la fluorescence. Cela est dû à la photolyse des colorants. Comme la concentration des colorants jaune-vert dans les pénétrants fluorescents est généralement plus faible que celle de l’azurant optique, la fluorescence bleue de ce dernier subsiste après atténuation du colorant jaune. Puis la dégradation se poursuit et la fluorescence bleutée vire au blanc avant de disparaître complètement.
De même, les colorants non fluorescents peuvent être détruits, si les répliques sont exposées trop longtemps à la lumière du jour naturelle ou artificielle.
Si elles sont bien protégées de la lumière du jour et des UV, ces répliques peuvent être utilisées et conservées de nombreuses années sans modification.

Il faut également en prendre soin en les manipulant.

VI - Disparition du révélateur pelliculaire

Ce révélateur est toujours mentionné dans de nombreux cours de formation et dans la norme ISO 12706 ainsi que dans certaines spécifications.

Le révélateur pelliculaire, improprement appelé à l’origine "révélateur pelable", figurait encore comme révélateur forme f (application spéciale) dans l’édition 2000, de la norme ISO 3452-2. Dans l’édition de 2006, il n’y est plus nommément désigné. Il en est de même pour la spécification américaine SAE-AMS 2644.

En effet, cette forme de révélateur n’est plus sur le marché depuis huit ans environ (cet article a été initialement écrit en avril 2009) et il est presqu’impossible de l’utiliser même pour la formation car les générateurs d’aérosols sont probablement hors d’usage !

Les principales raisons de cette situation sont :
• Les générateurs d’aérosols étaient la seule manière d’obtenir la bonne combinaison épaisseur/résistance/blancheur du revêtement.
• Les appareils de photographie numérique sont désormais généralement le moyen de choix pour enregistrer les indications dans de nombreuses conditions d’éclairage (bien que parfois des précautions particulières doivent être considérées).

Ce révélateur n’a été utilisé qu’à faible échelle. Aussi, il était difficile pour les fabricants de trouver des emplisseurs (conditionneurs) de générateurs d’aérosols qui acceptent de conditionner quelques dizaines ou tout au plus 300 générateurs d’aérosols. Il s’agissait toujours de conditionnement manuel en laboratoire. Qu’importait le prix de vente au détail, ce révélateur était utile dans des cas spécifiques.

En raison du développement considérable de la photographie numérique, les ventes de ces générateurs d’aérosols ont considérablement diminué également ! Les fabricants avaient des stocks invendables (la date de péremption était un obstacle !). Ils devaient payer pour la destruction. Ils en vendaient moins qu’ils n’en détruisaient ! De plus, même avant la date de péremption, certains de ces générateurs d’aérosols étaient inutilisables.

Les valves ne sont pas complètement étanches : de faibles quantités de révélateur s’échappaient et la résine polymérisait au niveau de la valve et du diffuseur (bouton poussoir) : le générateur d’aérosols était alors colmaté. C’est pourquoi les fabricants recommandaient, après chaque utilisation, de retourner tête en bas le générateur d’aérosols et de purger la valve.

L’utilisation d’appareils photo numériques a de nombreux avantages par rapport à celle du révélateur pelliculaire :
• La rugosité de surface n’a plus d’importance.
• Un moyen simple et rapide pour obtenir une photographie
• La retouche des photos est possible et facile, même l’inversion des couleurs (qui est utile pour les photographies en ressuage fluorescent sur matières plastiques).
• La conservation et l’archivage aisés des photographies.
• L’envoi de photos dans le monde entier aux destinataires concernés dans le monde entier est simple et facile.
• Faible coût.

VII - Situation actuelle

La majorité des spécifications en vigueur exigent de véritables photos de référence (en couleur et à l’échelle 1) pour les éprouvettes telles que la PSM-5® ou celles des types 1 et 2 de la norme ISO 3452-3. Les répliques faites avec les révélateurs pelliculaires ne sont plus acceptées.

Références

• ISO 3452-2:2006 Essais non destructifs - Examen par ressuage - Partie 2 : Essai des produits de ressuage, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2006.

• ISO 3452-3:1998 Essais non destructifs - Examen par ressuage - Partie 3 : Pièces de référence, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 1998.

• ISO 12706:2009 Essais non destructifs - Contrôle par ressuage - Vocabulaire, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2009.

• SAE-AMS 2644E: Inspection Material, Penetrant, Society of Automotive Engineers (SAE), 400 Commonwealth Drive, Warrendale, Pennsylvanie 15096, États-Unis d’Amérique, 2006.


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Mis à jour ( Dimanche, 11 Décembre 2011 08:04 )