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DPCNews 015 - La norme iso 3452-2

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Écrit par Administrator
Samedi, 01 Août 2009 17:18

Août 2009

Ressuage coloré : comment comprendre la norme iso 3452-2 ?

Sensibilité des systèmes de ressuage

I-Introduction

La révision 2006 de la norme ISO 3452 annule et remplace la version 2000.Toutes les deux s’intitulent : ‘‘Essais non destructifs - Examen par ressuage - Partie 2: essais des produits de ressuage’’.

Parfois une révision de norme n’est pas mise à profit pour clarifier des points ambigus.

Il semble que c’est exactement ce qui s’est produit avec ces deux versions.

II-L’ambiguïté de l’iso 3452-2

Dans la version 2000 norme ISO 3452-2:2000, nous pouvons voir au chapitre 7.2 ‘‘Sensibilité des systèmes de ressuage’’, paragraphe 7.2.2 ‘‘Pénétrants colorés’’, alinéa 7.2.2.3 ‘‘Interprétation des résultats’’ :
‘‘Le nombre de lignes continues couvrant plus de 80 % de la largeur de l’éprouvette et nettement visibles à l’œil nu (ou avec des lunettes si l’opérateur en porte)’’.

Dans la version 2006, il est écrit chapitre 6.2 ‘‘Sensibilité des systèmes de ressuage’’, paragraphe 6.2.2 ‘‘Pénétrants colorés (Type II)’’, alinéa 6.2.2.4 ‘‘Interprétation des résultats’’ :
‘‘Le nombre d’indications continues couvrant au moins 80 % de la largeur de l’éprouvette et nettement visibles à l’œil nu (ou avec des lunettes si l’opérateur en porte)’’.

III-Les pièces de références utilisées pour l’essai de sensibilité des produits de ressuage coloré

Les produits de ressuage coloré doivent être essayés sur les pièces de référence appelées 30 µm et 50 µm, Type 1 décrites dans la norme ISO 3452-3: 1998 ‘‘Essais non destructifs - Examen par ressuage- Partie 3: Pièces de référence.’’.

IV- Indications de défauts sur les pièces de référence type 1 décrites dans l’iso 3452-3

Les photographies ci-dessous montrent les éprouvettes de 50 µm et de 30 µm traitées avec un dégraissant, un pénétrant coloré lavable à l’eau, séchées et ensuite avec un révélateur à base de solvant (humide non aqueux).

Les indications apparaissent sous forme de lignes continues et parfois sous forme de lignes brisées.

Ces clichés fournis par BABB CO sont la représentation du résultat observé EN LUMIÈRE BLANCHE FROIDE sur les pièces de référence.

V-Le point ambigu

L'ambiguïté provient de cette différence minime entre les deux phrases écrites dans notre Chapitre II.
Cela pourrait conduire de nombreuses personnes, y compris des auditeurs, à une interprétation erronée des exigences de la norme.

Voyons cela attentivement :
- ‘‘Le nombre de lignes continues couvrant plus de 80 % de la largeur de l’éprouvette’’ version 2000.
- ‘‘Le nombre d’indications continues couvrant au moins 80 % de la largeur de l’éprouvette’’ version 2006.

Sachant que la largeur de ces éprouvettes est de 35 ± 1 mm

- Selon la version 2000, seules les lignes continues de plus de 28 mm doivent être enregistrées .Cela signifie un segment de droite de plus de 28 mm.

- Selon la version 2006, les indications ayant une longueur cumulée d’au moins 28 mm doivent être enregistrées.

Comme vu sur les images, certaines lignes peuvent comprendre plusieurs segments de droite. Si nous ‘‘traduisons’’ les deux versions ISO :
- Soit un segment de droite vu de 28 mm de long. Selon la version 2000, cette ligne n’est pas considérée comme étant vue. 28 mm correspondent exactement à 80% de 35 mm; donc 28 mm ne sont pas SUPÉRIEURS à 80 %. Selon la version 2006, la ligne est considérée comme vue car 28 mm c’est AU MOINS 80 % de 35mm.
- Soit une indication composée de 3 segments de droite de respectivement 14, 12 et 5 mm de long. Selon la version 2000, la ligne n'est pas enregistrée, quoique la longueur totale soit de 31 mm, aucun segment de droite n’ayant plus de 28 mm de long.

Selon la version 2006, certaines personnes peuvent exiger que seules les indications ayant un segment de droite d’au moins 28 mm de long soient enregistrées.

Néanmoins, l’un d'entre nous a été impliqué dans la normalisation européenne pendant plus de 25 ans. Il a été très actif dans l'équipe qui a écrit la norme EN qui est maintenant la norme 3452-2. Il sait parfaitement ce qui était dans l’esprit des membres de l'équipe et il a récemment obtenu la confirmation de certains d'entre eux.

L'idée était que toute indication ayant un ou plusieurs segments de droite dont la longueur cumulée est d’au moins 80 % de la largeur de l’éprouvette doit être enregistrée. Tous les membres savent que la largeur des défauts est au MAXIMUM 1/20 de la profondeur. Cela aboutit à certaines zones où le défaut est si étroit qu'un pénétrant coloré, bien qu'aussi efficace que n'importe quel pénétrant fluorescent pour s’introduire dans une fissure puis ressuer, peut être presque non détectable par l'œil nu. Ainsi un pénétrant fluorescent de sensibilité Niveau 3 ou 4 peut très facilement détecter une fissure, alors qu’un pénétrant coloré peut révéler une crique avec quelques segments de droite.

Nous vous suggérons la lecture d’un article publié par Patrick DUBOSC (*) donnant le calcul de la quantité de colorant détecté par le ‘‘système périmé’’ yeux + cerveau des contrôleurs en ressuage. Malheureusement, c’est article n’existe qu’en français. Il peut aider les rédacteurs de spécifications, les utilisateurs, les auditeurs à mieux comprendre les limites du procédé.

Un autre point de discussion qu’il faut évoquer est le contrôle : ‘‘à l’œil nu (ou avec des lunettes si l’opérateur en porte)’’.

Il s’agit là d’un travail fastidieux et très fatigant. La norme n’autorise pas l’utilisation de photographie pour le test de sensibilité alors qu’elle le permet au paragraphe B.4.2 ‘‘Performance du système’’ de l’Annexe B ‘‘Essais de contrôle du processus’’.

Les images numériques permettraient maintenant d’obtenir des images de grande qualité qui faciliteraient le test de sensibilité... et le rendraient probablement plus fiable !

Il est vrai que des images numériques peuvent être ‘‘retouchées’’ ; mais si les tests de sensibilité sont effectués par un laboratoire indépendant, cela ne devrait pas se produire !
VI-La lecture exacte de l’ISO 3452-2

En fait, l’interprétation correcte de la norme est d’enregistrer comme ‘‘vue’’ toute indication, qu’elle soit continue ou discontinue, à partir du moment où la longueur cumulée représente ‘‘au moins 80 % de la largeur de l’éprouvette.’’

VII-Une idée pour la prochaine révision

Nous suggérons que soit écrit le texte suivant pour la prochaine révision :
‘‘Le nombre de toute indication comprenant un ou plusieurs segments de droite dont la longueur cumulée est d’au moins 80 % de la largeur de l’éprouvette’’.
De plus, en règle générale, les membres du Groupe de Travail du TC 138 œuvrant sur une norme devraient lire les traductions des normes afin de s’assurer que les trois versions officielles (anglaise, allemande et française) disent la même chose avant le vote formel. Ces experts, qui ont travaillé dans les réunions, parfois pendant de nombreuses années, avant la publication d'un projet, sont bien placés pour savoir exactement pourquoi tel mot, telle phrase ont été utilisés, par exemple afin d’éviter toute divergence dans la traduction ou toute incompréhension.


(*) Patrick DUBOSC ‘‘Ressuage : Lui en demande-t-on trop ?’’- Revue CONTRÔLES-ESSAIS-MESURES- Janvier 2007, pages 83 à 85.
Nous, Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, accueillons tout commentaire, toute idée. Si vous avez quelques exemples que vous souhaiteriez voir discutés ici, veuillez nous fournir, s'il vous plaît, toutes les indications utiles. Si vous exigez la confidentialité, nous modifierions les lieux, les noms et quelques paramètres pour empêcher d'identifier la source d'information. Néanmoins, nous sommes convaincus que notre site peut être une sorte de soupape de sécurité: le but N'EST PAS de viser telle ou telle Société, ou tel ou tel auditeur; mais c'est toujours afin que les utilisateurs réfléchissent et se posent des questions, les vraies, à eux et aux autres.
Nous pouvons également fournir un conseil, là encore, à titre confidentiel si nécessaire, n'hésitez pas, s'il vous plaît, à nous poser des questions, pour alimenter notre base de données, concernant: les Fiches de Données de Sécurité (FDS), l'environnement, un nom chimique que vous ne comprenez pas, une gamme de ressuage dont vous avez entendu parler, etc. Nous avons une multitude d'exemples, certains ne figurant dans aucune spécification/norme, qui permettent la détection de discontinuités, lorsque "les procédés courants ou habituels" ne permettent pas la détection de ces discontinuités.

Mis à jour ( Mardi, 17 Mai 2011 17:35 )