French (Fr)English (United Kingdom)

DPC NEWS : un site d'information sur le ressuage et la magnétoscopie

DPC

Rechercher

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
Visites depuis Avril 2008

Inscrivez-vous

DPCNews


Recevoir du HTML ?

DPCNews 020 - La levée de doute

Imprimer
Envoyer
Écrit par Administrator
Vendredi, 01 Janvier 2010 16:21

Janvier  2010

I- Introduction

Pour toute méthode de contrôle non destructif (CND), l'identification des signaux ou des indications dus à une discontinuité est un problème récurrent.

L'opérateur du Niveau 1, qui voit le signal ou l'indication, doit en rendre compte à un Niveau 2 qui décide d'après des critères d'acceptation.

Parfois la question fondamentale est : "le signal/indication provient-il d'une discontinuité réelle ou est-ce une indication non pertinente" ? (Le mot "artefact" est parfois utilisé en français, mais pas en anglais, car il a une signification différente).
En ressuage, une indication non pertinente est souvent due à des rayures ou à d'autres anomalies superficielles toutes petites dont il ne faut pas se soucier.

Comme souvent, quand on se trouve à la limite, la décision d'acceptation ou de rebut peut avoir de coûteuses conséquences.
Le ressuage (PT), méthode globale de CND, est la seule méthode qui permet d'effectuer un "recontrôle" très simple, appelé "levée de doute", tandis que d'autres méthodes, comme la magnétoscopie (MT), les ultrasons (UT), etc. nécessiteraient un recontrôle plus complexe. C'est particulièrement vrai pour MT dans des zones comme les raccords d'angle, les changements de section, en fond de filet, etc.

II- Classification des indications

1. Les indications peuvent être classées de la façon suivante :

2. Les indications acceptables.
Les indications en dehors des critères d'acceptation.

3. Les indications douteuses.
Les indications N°1 et 2 sont des "indications pertinentes". Les indications non pertinentes sont celles qui n'ont pas besoin d'être prises en considération. Les indications douteuses... sont douteuses et nécessitent plus d'attention !

Une autre classification importante se réfère à la configuration géométrique de l'indication :
• Indications linéaires : celles dont le rapport longueur/largeur est égal ou supérieur à 3.
• Les indications non linéaires, ou arrondies : celles dont le rapport longueur/largeur est inférieur à 3.

Les indications linéaires doivent toujours être considérées comme potentiellement dangereuses et, par conséquent, elles doivent être examinées plus attentivement.

III- Définition

Le terme ''levée de doute'' est absent de la norme ISO 12706:2009 intitulée ''Essais non destructifs - Terminologie - Termes utilisés en contrôle par ressuage''.

À noter que, dans l'ASTM E270–78 "Standard definitions of terms relating to Liquid Penetrant Inspection", qui traite des définitions normalisées des termes qui se rapportent au ressuage figure le terme ''Bleed-back'' avec, comme définition: ability of a penetrant to bleed out of a discontinuity subsequent to removal of the indication without (repenetration) reapplication of penetrant'', ce qui signifie ''Aptitude d'un pénétrant à ressuer d'une discontinuité, après l'élimination de l'indication, sans une nouvelle application du pénétrant''.

À noter que l'ASTM E270–78 a été remplacé en 1991 par l'ASTM E1316-08 ''Standard Terminology for Nondestructive Examinations''.

Par ailleurs, en Angleterre, ce procédé est appelé ''wipe-off technique'' et aux États–Unis d'Amérique ''rebleed process''.

Une définition plus complète pourrait être la suivante :
Levée de doute : Cette opération est destinée à vérifier et à interpréter les indications hors critères d'acceptation. Essuyer l'indication doucement à l'aide d'un pinceau souple ou d'un coton-tige légèrement humecté de solvant volatil tel que l'acétone. Puis, pulvériser un voile mince de révélateur à base de solvant (humide non aqueux), dans le cas d'indications linéaires (ou pas de révélateur dans le cas d'indications non linéaires). Si, dans les deux minutes, l'indication réapparaît, sous rayonnement ultraviolet, l'indication est confirmée.

IV- Principe de la méthode

Même après que le temps de révélation s'est écoulé, lorsque la couche de révélateur est enlevée, nous sommes certains qu'il reste encore du pénétrant À L'INTÉRIEUR de la discontinuité : l'effet capillaire et les forces de Van der WALLS rendent impossible le ressuage de la totalité du pénétrant par le révélateur. L'élimination de la totalité du pénétrant nécessite au moins une, souvent plus qu'une, application supplémentaire de révélateur. Il est admis, et l'usage quotidien le confirme, que les différentes formes de révélateurs ne présentent pas la même sensibilité. Par ordre DÉCROISSSANT :
• Forme d : Révélateur, à base de solvant (non aqueux pour le Type I).
• Forme a : Révélateur sec.
• Forme c : Révélateur en suspension dans l'eau;
• Forme b : révélateur hydrosoluble.

L'utilisation d'un révélateur de "Forme d" permet de faire ressuer plus de pénétrant que toute autre forme de révélateur. C'est le principe fondamental de la technique de la "levée de doute".

V- Domaines d'utilisation

Comme nous l'avons vu au chapitre précédent, il est facile de comprendre que cette technique est utilisée après avoir appliqué un révélateur sec. Et du fait que les révélateurs secs sont utilisés exclusivement en conjonction avec les pénétrants fluorescents, nous pouvons en conclure que la technique de levée de doute ne concerne que le ressuage fluorescent: c'est vrai! On peut utiliser cette technique lorsqu'aucun révélateur n'a été appliqué : ce n'est d'ailleurs pas un procédé recommandé.

La levée de doute ne concerne que l'examen de petites surfaces. Elle est particulièrement utile lors de l'examen de zones présentant un bruit de fond fluorescent dû aux porosités (pièces de fonderie, de forge) sur lesquelles des indications difficiles à voir peuvent être dues à des discontinuités.

VI- Normalisation

Il est intéressant de noter que l'ISO 3452-1:2008, l'EN 571-1:1997 précédemment, ne mentionne pas spécifiquement cette méthode. L'EN 571-1:1997 spécifie seulement, en son alinéa 8.9, un nettoyage et un contre-essai en cas de doute. En contre partie, de nombreux donneurs d'ordre aéronautiques exigent la levée de doute lorsque cela est nécessaire.

Dans notre DPCNEWSLETTER N°008 intitulé ''Rapport et commentaire sur la conférence d'automne et l'exposition contrôle qualité de L'ASNT à Charleston, Caroline du Sud, USA, 10/14 novembre, 2008'' publié sur notre site Web en janvier 2009, nous avions écrit : ''La spécification américaine AMS-SAE 2647 à son paragraphe 3.4.12.12 traite de la levée de doute. Une nouvelle révision sera disponible en janvier 2009.'' La spécification américaine AMS 2647, Révision C, intitulée ''Fluorescent Penetrant Inspection Aircraft and Engine Component Maintenance'' a été publiée en juillet 2009.

VII- Technique opératoire

Les utilisateurs doivent se conformer aux documents applicables fournis par les donneurs d'ordre ou rédigés par le niveau 3 de l'Entreprise. Le document présenté ci-dessous est donné à titre purement indicatif et ce N'EST PAS une procédure

Opération 1 : Passer, sur l'indication, un coton-tige ou un pinceau fin humecté d'acétone, d'alcool isoproprylique, de méthyléthylcétone ou de solvant similaire non halogéné volatil.

L'utilisation d'un distributeur micro-volume, anti-renversement, est recommandée (photos ci-dessous) car celui-ci permet de délivrer une petite dose de solvant.

Ne pas laisser le solvant se répandre sur la surface. Pour cela, presser préalablement le pinceau pour éliminer l'excès de solvant, avant de l'appliquer sur la zone à contrôler.

Opération 2 : Laisser sécher la surface (le solvant doit s'évaporer rapidement).

•  Opération 3 : Appliquer un voile mince de révélateur à base de solvant, Forme d (non aqueux pour le Type I), conditionné en générateur d'aérosols. Dans le cas où il se produirait un ressuage relativement important, c'est une bonne idée que d'utiliser un révélateur sec (Forme a) avant d'utiliser un révélateur à base de solvant, Forme d (non aqueux pour le Type I), conditionné en générateurs d'aérosols. Dans le cas où la cause de l'indication ne peut pas être identifiée, le révélateur sec doit être éliminé par un léger soufflage d'air à basse pression (30 kPa environ) et le révélateur à base de solvant (non aqueux) est ensuite appliqué.

Opération 4 : Examiner immédiatement pour voir la réapparition éventuelle d'indications.

Opération 5 : Respecter une durée de révélation de 10 minutes et procéder à un nouvel examen.

Opération 6 : Évaluer les indications qui sont réapparues en fonction des critères d'acceptation et de rebut de la norme ou de la spécification applicable.

Opération 7 : Si aucune indication n'est réapparue, procéder à un examen visuel en lumière blanche, à l'aide d'une loupe de grossissement approprié afin de déterminer la cause de l'indication originelle. Si la cause ne peut pas être déterminée, procéder localement à un contre-essai (comme stipulé à l'alinéa 8.9 de la norme EN 571-1:1997).

> Note 1 : En présence d'indications linéaires ou d'alignement de points, aucune réapparition d'indication ne veut pas dire qu'il s'agissait d'indications non pertinentes ; une attention minutieuse devra être accordée à l'information initiale.

> Note 2 : Il existe diverses procédures alternatives à cette méthode, telles que :
La procédure diffère selon que les indications initiales sont linéaires/non linéaires.

• Dans le cas d'une indication linéaire, enlever par essuyage (coton-tige ou pinceau souple humecté de solvant) l'indication.
• Après évaporation du solvant :
→ Si l'indication était apparue comme linéaire avant essuyage : appliquer le révélateur à base de solvant (non aqueux pour le Type I) conditionné en générateurs d'aérosols.
→ Si l'indication était apparue comme non linéaire avant essuyage : Dans le cas d'indications non linéaires, l'examen est effectué sans réappliquer de révélateur.

Dans les deux cas, si les indications réapparaissent dans les trois minutes, en examen sous rayonnement ultraviolet (UV-A), ces indications sont considérées comme dues à des discontinuités de surface, à prendre en compte, et sanctionnées en fonction des critères d'acceptation et des dimensions relevées avant l'essuyage.

Si les indications ne réapparaissent pas, ces indications ne sont pas prises en compte au titre d'un défaut de ressuage, mais doivent être repérées pour faire l'objet d'un examen visuel.

> Note 3 : Si l'interprétation est difficile ou impossible, il faut faire appel à d'autres méthodes de CND d'investigation.

> Note 4 : En fonction du document applicable, le contrôleur peut être autorisé à essuyer une fois, 2 fois ou 3 fois. Il est de la PLUS HAUTE IMPORTANCE de vérifier ce point particulièrement pendant un audit : l'essuyage deux fois au lieu d'une fois si une fois est spécifié est une cause majeure de rapport de non-conformité. C'est un ÉVÉNEMENT TRÈS COURANT.

VIII- Conclusion

Comme nous pouvons le comprendre, la technique de la levée de doute est très utile. Mais elle repose sur trois facteurs humains fondamentaux :
• Travailler avec le plus grand soin, suivre exactement la procédure, utiliser du matériel propre (pinceau, cotons-tiges, solvant, gants, etc.).
• Observer avec attention la réapparition de l'indication.
• L'acceptation/rebut est de votre responsabilité.

Nous sommes encore loin de remplacer par un "système expert" le système ancestral mais inestimable (capteur + dispositif de traitement du signal), à savoir : nos yeux et notre cerveau, une fois de plus !


Nous, Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, accueillons tout commentaire, toute idée. Si vous avez quelques exemples que vous souhaiteriez voir discutés ici, veuillez nous fournir, s'il vous plaît, toutes les indications utiles. Si vous exigez la confidentialité, nous modifierions les lieux, les noms et quelques paramètres pour empêcher d'identifier la source d'information. Néanmoins, nous sommes convaincus que notre site peut être une sorte de soupape de sécurité : le but N'EST PAS de viser telle ou telle Société, ou tel ou tel auditeur ; mais c'est toujours afin que les utilisateurs réfléchissent et se posent des questions, les vraies, à eux et aux autres.
Nous pouvons également fournir un conseil, là encore, à titre confidentiel si nécessaire, n'hésitez pas, s'il vous plaît, à nous poser des questions, pour alimenter notre base de données, concernant : les Fiches de Données de Sécurité (FDS), l'environnement, un nom chimique que vous ne comprenez pas, une gamme de ressuage dont vous avez entendu parler, etc. Nous avons une multitude d'exemples, certains ne figurant dans aucune spécification/norme, qui permettent la détection de discontinuités, lorsque "les procédés courants ou habituels" ne permettent pas la détection de ces discontinuités.

Mis à jour ( Mercredi, 18 Mai 2011 16:45 )