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DPCNews 026 - Unités de mesure et grandeurs physiques

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Jeudi, 01 Juillet 2010 12:21

Unités de mesure et grandeurs physiques en MT/PT : Arrêtez le massacre !

par Patrick DUBOSC et Pierre CHEMIN

Juillet 2010

Le présent article a été utilisé, en partie, pour la rédaction de notre article intitulé ‘‘MT/PT Units: Follow the rules; stop the mess’’ paru dans le numéro du mois de Mai 2010 de la revue Materials Evaluation.

Comme l’American Society for Nondestructive Testing© nous a donné son autorisation, vous pouvez le lire également, ce mois-ci, sur la version anglaise de notre site Web.

Le présent texte traite en plus de points qui ne figurent pas dans le texte publié en anglais.

1- Introduction

Les normes ISO 3452, ISO 9934 et 3059:2001, respectivement pour le ressuage (PT), la magnétoscopie (MT) et les conditions d’observation ont été rédigées dans le Système international d’unités (SI) (**) ; de plus, la norme ISO 1000:1992 décrit les unités du Système International et fournit des recommandations pour l'emploi de leurs multiples et d’autres unités.

Dans notre domaine, comme dans la vie de tous les jours, nous comprenons que ce système est loin d’une utilisation optimale ; presque tous les jours, nous voyons même des documents, certains récemment publiés, qui n’en tiennent pas du tout compte !

Par exemple, dans l’ASTM, E1417 - 05e1 Standard Practice for Liquid Penetrant Testing, les valeurs mentionnées en unités pouce-livre sont considérées comme étant la norme. Les unités SI ne sont mentionnées entre parenthèses qu’à titre d’information.

En complément, la série de normes européennes EN 1330 relatives à la terminologie n’ont pas le statut ISO ; nous montrerons aux lecteurs que cela entraîne des problèmes pour interpréter et comprendre des documents d’origines diverses, d’où des conséquences techniques et financières.

Nous commençons par les unités de mesure suivies par des informations concernant les grandeurs physiques.

II- Unités de mesure

II-1 Volume

Dans le système SI, l’unité de mesure est le mètre cube (symbole : m3) ou le litre.

Le symbole de litre est ‘‘l’’, mais il est recommandé d’utiliser le symbole ‘‘L’’ pour éviter toute confusion avec le chiffre ‘‘1’’.

II-2 Masse volumique et densité

C’est l’un des meilleurs exemples de confusion. Nous devons vous donner également la terminologie anglaise juste pour vous aider si vous commercez avec les fournisseurs/clients anglophones, ou des sociétés d’audits anglophones, ou si vous êtes des Niveau 3 francophones pour des sociétés anglophones.

La norme ISO 3675:1998 est intitulée en français : ‘‘Pétrole brut et produits pétroliers liquides - Détermination en laboratoire de la masse volumique - Méthode à l'aréomètre’’, alors qu’en anglais le titre est "Crude petroleum and liquid petroleum products - Laboratory determination of density - Hydrometer method". Cette norme est la base pour les mesures des produits de ressuage.

La traduction mot à mot en anglais de ‘‘masse volumique’’ serait quelque chose comme ‘‘volume mass’’ alors que la traduction est ‘‘specific gravity’’.

De plus, le mot français "densité" n’est pas équivalent au mot anglais "density". "Densité" est généralement traduit par "relative density" c'est-à-dire "densité relative’’ ! Un peu casse-tête en effet !

Mais ce n’est que le début de la confusion !!

Nous essayons d'expliquer, tant en français qu'en anglais, ce que sont les différences ; ce qui est "la physique" des mots. Et nous vous donnerons quelques exemples pris dans des documents réels qui vous feront penser que des choses très simples peuvent devenir très complexes sans que nous comprenions pourquoi !

Et pourtant, nous sommes têtus, nous ne travaillerons qu’avec les unités SI. Si vous essayez d’utiliser le gallon américain, ou le gallon Impérial, ou le furlong, ou les ounces (qui sont différentes selon que vous mesurez un liquide ou non)... eh bien, en fin de compte, vous comprenez pourquoi ce Système International d'unités est utilisé par une grande partie du monde !

Revenons à la "masse volumique", "densité", "density", "specific gravity".

D’après la norme, la ‘‘masse volumique’’ est le quotient d’une masse d’un corps par son volume, l’unité de mesure SI étant le kilogramme par mètre cube (kg/m3), alors que la ‘‘densité’’ est le rapport de la masse d’un certain volume d’un corps à celle du même volume d’eau (ou d’air, pour les gaz). Il s’agit d’un rapport entre deux masses, donc d’une grandeur sans dimension, sans unité de mesure.

On comprend facilement la différence avec cet exemple : la ‘‘densité’’ de l’eau est égale à 1 tandis que sa ‘‘masse volumique’’ est égale à 1.000 kg/m3 à + 4°C.

Dans la version française de l’ISO 3452-2:2006 (PT), c’est la "masse volumique" qui doit être notée et non la "densité".

Jusqu’ici, vous avez bien suivi ? Nous l’espérons bien !

Venons-en maintenant à quelques subtilités :

La norme ISO 3675:1998 demande que la mesure soit effectuée à la température de 15°C (Vous constaterez que dans la version anglaise de cet article, nous mettons entre parenthèses les degrés Fahrenheit °F ou encore d’autres unités "exotiques" à titre d’information). La même norme est utilisée pour des produits chimiques autres que les produits pétroliers qui sont testés en tant que liquides dont la tension de vapeur Reid est inférieure ou égale à 100 kPa. Cependant, la version française de la norme ISO 3452-2:2006 demande à ce que la "masse volumique" soit mesurée à 20°C, sans imposer de méthode d’essai spécifique.

Nous arrivons maintenant à une partie intéressante et drôle de cet article. En fait nous aimons à penser que cet article DANS SON ENSEMBLE est intéressant !!! Mais cette partie pousse le bouchon un peu plus loin !!!

Regardons les fiches techniques (FT)/fiches de données de sécurité (FDS) publiées par plusieurs fournisseurs de produits de ressuage. Nous trouvons :

• Un fournisseur français indique la ‘‘densité’’ par rapport à celle de l’eau sans indiquer la température.

• Un fabricant français indique tantôt la ‘‘densité’’ relative à 20°C, tantôt la ‘‘masse volumique’’ en g/cm3 sans indiquer la température.

• Un autre fabricant français indique la ‘‘masse volumique’’ en grammes par centimètre cube (g/cm3) à 20°C.

• Un fabricant britannique, qui a disparu du marché du CND en 2008, indiquait la ‘‘density’’ (c'est-à-dire la ‘‘masse volumique’’ en français) exprimée en grammes par litre (g/L). Mais, pour un pénétrant fluorescent lavable à l’eau, il écrivait : ‘‘density g/litre at 15°C : 0.98’’, c’est à dire un pénétrant qui est 1 000 fois plus léger que l’eau ! Notez que 0.98 N’EST PAS l’écriture correcte ; pour de plus amples informations, se reporter au chapitre II-13.

• Un fabricant américain indique la ‘‘density’’ en pounds par US gallon (lb/gal) d’une part et d’autre part en grammes par centimètre cube (g/cc) sans indiquer la température dans les deux cas. Veuillez noter que le symbole correct de ‘‘centimètre cube’’ est ‘‘cm3’’et NON ‘‘cc’’ : bien que nos amis américains utilisent les deux de manière interchangeable, autant utiliser l’abréviation SI !

• Un fournisseur français, au moins, indique correctement la ‘‘masse volumique’’ en kg/m3 comme cela doit être, mais à 15°C.

D’autres méthodes sont utilisées aux États-Unis, telles que :

• ASTM D 4052 ‘‘Standard Test Method for Density and Relative Density of Liquids by Digital Density Meter’’ publiée le 10 avril 1996.

Cette méthode d’essai est utilisée pour déterminer la masse volumique ou la densité de distillats de pétrole et des huiles visqueuses qui peuvent être manipulés d'une façon normale comme des liquides aux températures d’essai comprises entre 15 et 35°C. Son application est limitée aux liquides ayant une tension de vapeur inférieure à 80 kPa et une viscosité cinématique inférieure à environ 15 000 mm²/s.

Cette méthode ne doit pas être utilisée pour des échantillons dont la couleur est si foncée que l’absence de bulles d’air dans l’échantillon ne peut pas être établie avec certitude.

La méthode d’essai ASTM D 5002 est recommandée pour la détermination de la densité sur des échantillons de pétrole brut.

L’ASTM D 4052 accepte comme unités de mesure pour la masse volumique les grammes par millilitre ou les kilogrammes par mètre cube.

• ASTM D 5002 Standard Test Method for Density and Relative Density of Crude Oils by Digital Density Analyzer publiée le 10 novembre 1999.

Cette méthode d’essai est utilisée pour la détermination de la masse volumique ou de la densité de distillats de pétrole brut qui peuvent être manipulés d'une façon normale comme des liquides aux températures d’essai comprises entre 15 et 35°C.

Cette méthode d’essai s'applique aux pétroles bruts ayant une tension de vapeur élevée (c’est-à-dire qu’ils sont volatils) sous réserve que des précautions appropriées soient prises pour empêcher l’évaporation pendant le transfert de l'échantillon à l'analyseur.

Cette méthode d’essai a été évaluée par des essais comparatifs inter-laboratoires en utilisant des échantillons de pétrole brut dont la masse volumique était comprise entre 0,75 et 0,95 g/ml (il aurait mieux valu écrire entre 750 et 950 kg/m3). Un pétrole brut plus léger peut nécessiter une manipulation spéciale pour éviter l’évaporation. Des pétroles bruts plus lourds peuvent nécessiter des mesures à des températures plus élevées pour éliminer les bulles d’air dans l’échantillon.

L’ASTM D 5002 stipule que les unités SI doivent être utilisées. Les unités acceptées sont les grammes par millilitre et les kilogrammes par mètre cube.

II-3  Viscosité cinématique

La norme ISO 3104:1994 publiée en 1994 intitulée : Produits pétroliers - Liquides opaques et transparents - Détermination de la viscosité cinématique et calcul de la viscosité dynamique, et le rectificatif d’août 1997 sont généralement utilisés pour les pénétrants et les émulsifiants.

L’unité SI est le millimètre carré par seconde (mm²/s). Comme pour les huiles minérales, entre autres, la viscosité cinématique est déterminée à 40°C.

Cependant, la norme ISO 3452-2:2006 n’impose ni méthode d’essai spécifique, ni température d’essai.

Les fabricants / fournisseurs américains / britanniques indiquent une valeur de la viscosité dans leurs fiches techniques (FT) et fiches de données de sécurité (FDS) mais ne précisent PAS que c’est la "viscosité cinématique". De plus, ils utilisent le centistoke (cSt), une unité périmée depuis au moins… trois décennies alors que la valeur numérique est… exactement la même ! 5 cSt = 5 mm²/s. Alors, pourquoi ne pas utiliser l’unité normalisée ? Certains de nos amis américains pensent qu’il est plus facile de prononcer "centistokes" que "square millimeters per second". Nous sommes tous d’accord ! Mais... l’unité exacte est le mm²/s !

II-4  Pression

Tandis que nos amis américains et britanniques continuent d’utiliser la pound per square inch (psi), nous constatons, en France et dans de nombreux pays, que le bar (symbole : bar, donc mot invariable qui ne doit jamais être mis au pluriel), grosso modo équivalent à ‘‘1 atmosphère’’, est toujours largement utilisé alors que l’unité SI est le pascal (Pa). Assez facile de se rappeler que 1 bar est équivalent à 0,1 MPa (se reporter au II-3 pour l’explication de la virgule dans 0,1 MPa). Même en Europe le Pa n’est pas si souvent utilisé : c’est une très petite unité [1 newton par mètre carré, et kPa (1 000 Pa) ou même MPa (1 million de Pa) sont plus utiles].

Dans un article (*), à propos de la pression de l’eau pour l’élimination de l’excès de pénétrant, nous pouvons lire : ‘‘La pression de l’eau pulvérisée ne doit pas être supérieure à 276 MPA (40 psi)’’.

Il y a deux erreurs :
• D’abord il faudrait écrire : 276 MPa.
• Ensuite, comme 1 psi est sensiblement égal à 6,9 kPa, 276 MPa est égal à 40 000 psi. (Encore II-13 !)

En fait ici la bonne réponse est 276 kPa (40 psi).

II-5  Intensité du courant

L’unité SI est l’ampère (symbole : A). Nos amis américains/britanniques écrivent bien souvent ‘‘amps’’, ce qui n’est pas acceptable.

II-6  Éclairement lumineux

L’unité SI est le lux (lx). Le footcandle (fc) de même que le lumen par pied carré ne doivent plus être utilisés.

II-7  Champ magnétique

Bien que l’unité SI soit l’ampère par mètre (A/m), aux États-Unis l’"amp/inch" (qui devrait être écrit : A/inch) est couramment écrit.

II-8  Temps

Même pour une unité aussi commune, il y a des erreurs : nous rencontrons l’abréviation ‘‘sec’’ alors que l’unité SI, la seconde, a pour symbole "s". Nos amis américains et britanniques ne sont pas les seuls à commettre cette erreur.
L'abréviation "de minute" est "min" et NON PAS "mn" comme vu souvent.

II-9  Température

Le kelvin, unité de température thermodynamique (**), est la fraction 1/273,16 de la température thermodynamique du point triple de l’eau. Il en résulte que la température thermodynamique du point triple de l’eau est égale à 273,16 kelvins exactement, Ttpw = 273,16 K.

Lors de sa session de 2005 le Comité International des Poids et Mesures a affirmé que (**) :
‘‘Cette définition se réfère à une eau d’une composition isotopique définie par les rapports de quantité de matière suivants : 0,000 155 76 mole de 2H par mole de 1H, 0,000 379 9 mole de 17O par mole de 16O et 0,002 005 2 mole de 18O par mole de 16O.

En raison de la manière dont les échelles de température étaient habituellement définies, il resta d’usage courant d’exprimer la température thermodynamique, symbole T, en fonction de sa différence par rapport à la température de référence T0 = 273,15 K, le point de congélation de l’eau. Cette différence de température est appelée température Celsius, symbole t, et elle est définie par l’équation entre grandeurs :
t = T − T0.

L’unité de température Celsius est le degré Celsius, symbole °C, égal à l’unité kelvin par définition. Une différence ou un intervalle de température peut s’exprimer aussi bien en kelvins qu’en degrés Celsius (13e CGPM, 1967/68, Résolution 3, mentionnée ci-dessus), la valeur numérique de la différence de température étant la même.
Cependant, la valeur numérique de la température Celsius exprimée en degrés Celsius est liée à la valeur numérique de la température thermodynamique exprimée en kelvins par la relation :
t/°C = T/K − 273,15.
Le kelvin et le degré Celsius sont aussi les unités de l’Échelle internationale de Température de 1990 (EIT-90) adoptée par le Comité International en 1989 dans sa Recommandation 5 (CI-1989 ; PV, 57, 26 et Metrologia, 1990, 27, 13).’’

Le degré kelvin (symbole : °K) de même que le degré Fahrenheit (symbole : °F) ne doivent plus être utilisés.

II-10 L’écriture des symboles des multiples/sous-multiples et des symboles d’unités

Là encore, une grande diversité est la règle !

Le multiple "kilo" (symbole "k") apparaît souvent comme "K". Dans le système SI, "K" est le symbole du kelvin (unité de température thermodynamique). Par conséquent, "Kg" signifierait "kelvingramme’’ !

Dans des documents américains, il y a une confusion courante entre le symbole ‘‘m’’ qui signifie ‘‘milli’’ c’est-à-dire 10-3 et le symbole ‘‘M’’ qui signifie ‘‘Méga’’ c’est-à-dire 106. Si l’on écrit ‘‘M’’ au lieu de ‘‘m’’, on commet une erreur d’un milliard soit 109 !

Encore dans des documents américains, l'abréviation ‘‘mcg’’ est utilisée pour microgramme, dont l'abréviation normalisée SI est ‘‘μg’’.

Un autre point : les sous-multiples d’unités ne devraient pas être utilisés à la fois au numérateur et au dénominateur ; même chose pour les multiples.

À titre d’exemple, la mesure de l’éclairement énergétique UV-A devrait être exprimée en W/m² au lieu de µW/cm².

Il y a également un problème associé au traitement de texte : si vous écrivez un sous-multiple, par exemple ‘‘m’’ (donc une minuscule) suivi, sans espace, du symbole d’une unité commençant par une majuscule (par exemple : A pour ampère), le traitement de texte transforme le ‘‘m’’ (10-3), c'est-à-dire ‘‘milli’’, en ‘‘M’’, c'est-à-dire Méga (106). Pour éviter cet ennui, vous devez commencer par écrire ‘‘m’’, puis faire un espace avant d’écrire ‘‘A’’ et enfin supprimer l’espace entre ‘‘m’’ et ‘‘A’’. Notez que les ‘‘fans’’ d’APPLE® qui utilisent l’ordinateur MacIntosh® n’ont pas ce problème.

La règle est que le symbole s’écrit avec une majuscule si le nom de l’unité provient de celui d’une personne. Ainsi, le symbole du Joule est "J" mais celui de la candela est "cd".

Une exception : au paragraphe II-1, nous avons écrit que le symbole de litre est "l", mais qu’il était préférable d’utiliser le symbole "L" pour éviter toute confusion avec le chiffre "1".

"L" était le symbole du lambert, une ancienne unité de mesure de la luminance lumineuse (l’unité dans le système SI est la candela par mètre carré qui a pour symbole : cd/m²).

II-11  ppm

Dans la brochure sur le SI, il est indiqué que :
‘‘Le terme "ppm" (**), qui signifie 10−6 en valeur relative, ou 1 × 10−6, ou "partie par million, millionième", est aussi utilisé. Les termes "partie par milliard" [billion (États-Unis)/trillion (Royaume-Uni)], et leurs abréviations respectives "ppb" et "ppt", sont aussi utilisés, mais leur signification varie selon la langue, c’est pourquoi il est préférable d’éviter de les employer. (Bien que dans les pays de langue anglaise le terme "billion" corresponde à 109, et le terme "trillion" à 1012, le terme "billion" peut parfois correspondre à 1012 et "trillion" à 1018). L’abréviation ppt est aussi parfois comprise comme une partie par millier (ou millième), ce qui est source de confusion supplémentaire.’’

Le symbole ppm est une façon d'exprimer un pourcentage. Il est largement utilisé en Europe, mais les non-Européens font des confusions avec ce symbole.

Il permet de simplifier les écritures, évitant de se "mélanger" dans les unités !

ppm veut dire "partie par million". Cela peut s’appliquer à un volume (ppmv), à une masse (on parle de ppm tout court), ou à une masse par rapport à un volume (là encore, on ne marque que : ppm). Prenons quelques exemples pour clarifier cela :

• L'atmosphère contient 0,038 % de gaz carbonique (CO2) en volume/volume, c’est-à-dire 380 ppm. Un million de ppm, c'est 100 %.

• Certaines spécifications de ressuage/magnétoscopie exigent moins de 200 ppm de soufre : cela correspond à 0,02 %, ou 200 mg par litre, ou 200 mg par kilogramme (les spécifications demandent souvent la valeur en masse/volume).

• Écrire en ppm évite les nombreux "zéros" vus dans… des documents américains : 0,001 % ou 10 ppm, c'est la même chose ; 1 ppm (1 partie par million, une valeur très faible) c'est aussi 0,000 1 %. Ne pensez-vous pas qu’il est plus facile de dire, d’écrire, de lire : 1 ppm ? Mieux que de faire une erreur dans le nombre de zéros !!

II-12  Les puissances de dix

Là encore, nous connaissons certains auditeurs, certains rédacteurs de spécifications qui ne sont pas à l'aise avec les puissances de dix, et notamment les puissances négatives.

Peut-être est il utile de vous rappeler que :
• 100 c'est 1.
• 101 c'est 10.
• 102 c'est 100.
• 10-1 c'est 0,1.
• 10-2 c'est 0,01, soit 1/100.

Etc.

II-13  Virgule et point. Pluriel

C’est un point de TRÈS IMPORTANTES DIFFÉRENCES fondamentales entre les documents d'origine américaine/britannique et les exigences du SI.

Dans les documents Américains/britanniques, la virgule sépare les milliers. Par exemple : 123,456 signifie cent vingt trois mille quatre cent cinquante six.

Le Système International utilise des espaces au lieu des points. Ainsi on doit écrire 123 456 et non 123.456.

Le système métrique européen utilise une virgule pour la partie décimale d’un nombre. Par exemple : 104,7 signifie 104 et 7/10.

Cette très importante différence peut conduire à des accidents ! Au minimum, cela prête à confusion.

Pour nos amis Américains/Anglo-Saxons : 104.7 signifie 104 et 7/10.

Dans le système métrique, cette notation ne signifie rien du tout ! Il faut écrire : 104,7.

Autre point intéressant, bien qu’il n'entraîne pas de risque de confusion : la marque du pluriel.

Nos amis américains écrivent :
• 1 mile.
• 1.5 miles (avec un point et au pluriel).

Dans le SI (si l'on admettait l'utilisation des miles !), on écrirait :
• 1 mile.
• 1,5 mile (avec une virgule et au singulier).

En effet, le pluriel commence à partir de 2 unités ! On écrit : 1,6 kilomètre (environ 1 mile) et 2,4 kilomètres (environ 1,5 mile).

Ne pensez-vous pas que c’est plus logique de ne mettre la marque du pluriel qu'à partir de 2 ?

III Grandeurs physiques

La magnétoscopie est probablement la méthode de CND dans laquelle nous voyons la majorité des confusions entre nos amis américains et ceux qui se basent sur le SI.

Par exemple, le champ magnétique et l’induction magnétique sont très souvent utilisés comme s’ils étaient équivalents. Nous, Européens, sommes surpris quand nous lisons que la magnétoscopie doit être effectuée quand il y a une induction magnétique minimale de 30 Gauss sur la pièce. S’il s’agissait d’une induction magnétique, il serait préférable d’écrire 3 milliTesla (3 mT) et encore beaucoup mieux d’écrire une valeur du champ magnétique tangentiel de 2 400 ampères/mètre (2 400 A/m). Le Gauss est une unité obsolète, depuis au moins trois décennies et elle ne doit plus être utilisée. Nous avons aussi vu récemment dans un document américain que : 1T=10 Gauss. Encore un problème de puissances de 10 !

Prenons le cas de l’ASTM E 1444 ‘‘Standard Practice for Magnetic Particle Testing’’.

• Le paragraphe 6.3.1.3 stipule : "Except with CEO approval, formulas may only be used if the amperages are confirmed with known or artificial defects (QQIs) or with the Hall effect probe gaussmeter."
Le mot "gaussmeter" (gaussmètre) est impropre, puisque le Gauss est une unité obsolète de mesure d’induction magnétique (ou densité de flux magnétique). Le mesureur appelé ‘‘Hall effect probe gaussmeter’’ mesure un champ magnétique tangentiel (parfois un champ magnétique axial pour mesurer des champs magnétiques rémanents) et NON une induction magnétique !

• L’annexe XI explique comment utiliser le KETOS RING pour vérifier la performance d’un banc magnétoscopique. Les Tableaux X 1.1 and X 1.2 mentionnent les formes de courant électrique à utiliser ainsi que leurs intensités. Les résultats sont donnés en fonction du nombre de trous détectés en utilisant les valeurs mentionnées dans les tableaux. Malheureusement, la norme n’indique pas si les intensités de courant électriques sont des valeurs crêtes ou des valeurs efficaces.

Un autre exemple "DRAFT CAAP 42V-3(0) Magnetic Particle Inspection -Use and Implementation of ASTM E-1444", publié par le Civil Aviation Safety Australien, en Août 2006.

• À l’alinéa 3.9 intitulé "Black light intensities and verification period", l’expression "Black light intensity" qui signifie "intensité de la lumière noire" doit être remplacée par "UV-A radiation irradiance", c'est-à-dire éclairement énergétique ultraviolet (UV-A). De même, "white light intensity" qui signifie "intensité de lumière blanche’’ doit être remplacé par : "white light illuminance", c'est-à-dire éclairement lumineux.

• Au chapitre 6. Quality Control Equipment – Magnetic Particle, alinéa 6.1 THE FOLLOWING IS A LIST OF EQUIPMENT REQUIRED : il est écrit un ‘‘Black and white light meter’’, alors qu’il vaut mieux dire un ‘‘dual purpose UV-A radiometer/visible luxmeter’’, c’est à dire un combiné radiomètre UV-A/luxmètre.

IV- Dates

Un autre point qui ne figure pas dans le SI, mais qui néanmoins est une cause d’erreurs, est la façon selon laquelle les dates sont écrites aux États-Unis et dans le reste du monde.

Le monde entier connaît les dramatiques événements du "9/11" survenus à New York et Washington le 11 septembre 2001.

En fait, aux États-Unis, une date peut être écrite selon :
• mois/jour/année.
• jour/mois/année (moins courant).

Dans le reste du monde, c’est toujours :
• jour/mois/année.

À la Commission européenne, au Parlement européen, etc. et de plus en plus dans les documents publics ou les documents de normalisation, les dates sont écrites de la façon suivante :
• année/mois/jour.

Il semble plus logique d’utiliser soit la manière jour/mois/année, soit la manière année/mois/jour, que nous pourrions appeler respectivement la "manière croissante" et la "manière décroissante", que d’utiliser le système américain.

Une fois encore, les États-Unis font cavalier seul, et cela conduit à certains quiproquos lorsque les "nombres" pour le jour et le mois sont tous les deux inférieurs à 12 ! Si le nombre 13 ou un nombre supérieur est utilisé, nous pouvons supposer qu’il ne s’agit pas du mois. Par conséquent, il n’y a pas d’ambiguïté. Mais lorsqu’apparaît "9/11" ou "3/7"… bon. Jetez un coup d’œil sur la conclusion qui montre que des informations confuses peuvent avoir des conséquences onéreuses !!!

Nous sommes conscients qu’un tel changement, s’il est obligatoire partout où une date est enregistrée, serait inutilement coûteux : il est évident que la caisse enregistreuse du propriétaire d'un magasin dans la Rue Principale d'un village perdu dans le fin fond du Wyoming ou du Dakota du Nord n’a pas besoin d'être adaptée ! Bon… nous espérons que les lecteurs du Wyoming ou du Dakota du Nord ne se sentiront pas visés ! Nous les avons pris seulement à titre d’exemple !

V-Conclusion

Nos amis Américains et certains de nos amis britanniques peuvent avoir le sentiment qu’ils ont été la "cible" dans cet article. La vérité est que… nous pensons qu’ils rechignent quelque peu à adopter le SI. Il est vrai que pour certains ‘‘articles de luxe’’ comme le vin, les parfums, ils sont habitués aux bouteilles de 750 ml. Bien que cela ne soit pas un article de luxe, les sodas sont conditionnés en bouteilles de 2 litres (une "taille extralarge" pour les Européens !)

Tout le monde connaît l'adage : "Ce qui est bon pour General Motors est bon pour les États-Unis".
Certains utilisent une version modifiée : "Ce qui est bon pour les États-Unis est bon pour le reste du monde".
Qu'en est-il de General Motors aujourd'hui ?????? (Cet article a été écrit en Juin 2009).

Il serait utile que les États-Unis en viennent au SI qui a pleinement fait ses preuves partout. Certes, cela serait un énorme changement dans la vie quotidienne de 300 millions d'habitants, ce qui pourrait prendre une génération. Mais cela a déjà été fait ailleurs ! La Bourse de New York est passée de la cotation en 1/8 de dollar à la cotation décimale : on ne voit plus de cotation telle que 35 3/8, mais 72.6 par exemple.

Ce serait un pas de plus vers la mondialisation : un petit pas pour tout le monde chaque jour, un pas immense pour le monde. Les échanges techniques et commerciaux seraient facilités.

Des erreurs coûteuses pourraient être évitées : souvenez-vous de la sonde martienne, il y a quelques années, qui s’était écrasée sur la planète. Pourquoi ? Les valeurs de la vitesse étaient en mètres/seconde, alors que le radar altimétrique communiquait à l’ordinateur ses valeurs d'altitude en pieds !

Références

• (*) Daniel E. MACE ‘‘Even a Monkey Can Do It’’ (ndlr, traduction : ‘‘Même un Singe Peut Le Faire’’). ASNT, Back to Basics Archive, février 2000.

• (**) Le Système international d’unités (SI), brochure sur le SI (8e édition 2006), Bureau International des Poids et Mesures (BIPM). Site Web : http://www.bipm.org/fr/si/

• ISO 3452-2:2006 Essais non destructifs -- Examen par ressuage -- Partie 2 : Essai des produits de ressuage, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2006.

• ISO 3452 : Essais non destructifs -- Examen par ressuage, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 1998-2008.

• ISO 9934 Essais non destructifs -- Magnétoscopie, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2001-2002.

• ISO 3059:2001 Essais non destructifs -- Essai par ressuage et essai par magnétoscopie -- Conditions d'observation, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2001.

• ISO 1000:1992 Unités SI et recommandations pour l'emploi de leurs multiples et de certaines autres unités, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 1992.

• ASTM, E 1417 - 05e1: Standard Practice for Liquid Penetrant Testing, American Society for Testing and Materials, West Conshohocken, Pennsylvania, États-Unis, 2005.

• CEN, EN 1330, Essais non destructifs - Terminologie, Comité Européen de normalisation, Bruxelles, Belgique, 1997-2009.

• ISO 3675:1998 Pétrole brut et produits pétroliers liquides -- Détermination en laboratoire de la masse volumique -- Méthode à l'aréomètre, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse 1998.

• ASTM, D 4052: Standard Test Method for Density, Relative Density, and API Gravity of Liquids by Digital Density Meter, American Society for Testing and Materials, West Conshohocken, Pennsylvania, États-Unis, 2009.

• ASTM, D 5002: Standard Test Method for Density and Relative Density of Crude Oils by Digital Density Analyzer, American Society for Testing and Materials, West Conshohocken, Pennsylvania, États-Unis, 1999.

• ISO 3104:1994 Produits pétroliers -- Liquides opaques et transparents -- Détermination de la viscosité cinématique et calcul de la viscosité dynamique, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 1998.

• Résolution 3 de la 13e réunion de la CGPM (1967/68)
Site Web : http://www.bipm.org/en/CGPM/db/13/3
Bureau International des Poids et Mesures, Sèvres, France, 1969.

• H. Preston-Thomas: The International Temperature Scale of 1990, Metrologia 27, 107 (1990) metrologia, Springer-Verlag Berlin and Heidelberg GmbH & Co. K, Allemagne, 1990.

• ASTM, E 1444 – 05: Standard Practice for Magnetic Particle Testing. American Society for Testing and Materials, West Conshohocken, Pennsylvania, États-Unis, 2005.

• Draft CAAP 42V-3(0) Magnetic Particle Inspection- Use and Implementation of ASTM-E-1444’’. Australian Government Civil Aviation Authority – Civil Aviation Advisory
Website: www.casa.gov.au/newrules/airworthiness
Canberra, Australie, 2006.


Nous, Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, accueillons tout commentaire, toute idée. Si vous avez quelques exemples que vous souhaiteriez voir discutés ici, veuillez nous fournir, s'il vous plaît, toutes les indications utiles. Si vous exigez la confidentialité, nous modifierions les lieux, les noms et quelques paramètres pour empêcher d'identifier la source d'information. Néanmoins, nous sommes convaincus que notre site peut être une sorte de soupape de sécurité : le but N'EST PAS de viser telle ou telle Société, ou tel ou tel auditeur ; mais c'est toujours afin que les utilisateurs réfléchissent et se posent des questions, les vraies, à eux et aux autres.
Nous pouvons également fournir un conseil, là encore, à titre confidentiel si nécessaire, n'hésitez pas, s'il vous plaît, à nous poser des questions, pour alimenter notre base de données, concernant : les Fiches de Données de Sécurité (FDS), l'environnement, un nom chimique que vous ne comprenez pas, une gamme de ressuage dont vous avez entendu parler, etc. Nous avons une multitude d'exemples, certains ne figurant dans aucune spécification/norme, qui permettent la détection de discontinuités, lorsque "les procédés courants ou habituels" ne permettent pas la détection de ces discontinuités.

Mis à jour ( Samedi, 21 Mai 2011 13:01 )