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DPCNews 028 - Les dates de péremption des produits PT/MT

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Écrit par Administrator
Mercredi, 01 Septembre 2010 14:49

Septembre 2010

1- Introduction

À la réunion PRI-NADCAP, qui s’est déroulée du 21 au 25 juin 2010 à Singapour, a été abordé le sujet des dates de péremption pour les générateurs d’aérosols de révélateur humide non aqueux utilisés en ressuage.

Certains intervenants ont affirmé que les dates de péremption mentionnées sur ces générateurs d’aérosols ne présentaient qu’un caractère purement commercial. Autrement dit, ces générateurs d’aérosols pouvaient être utilisés au-delà de la date de leur péremption : si la pulvérisation est satisfaisante, c’est-à-dire qu’elle donne un revêtement uniforme, le produit reste de bonne qualité.
C’est pour nous l’occasion de présenter des réflexions sur le sujet.

2- Quelques définitions

La durée limite de stockage est la période pendant laquelle le produit peut être conservé et utilisé dans la mesure où il conserve toute sa fonctionnalité.

La date de péremption d’un produit est celle de la fin de la durée limite de stockage, cette dernière démarrant le jour de sa fabrication.
Ainsi, la date de péremption d’un produit qui a été fabriqué le 4 mai 2010 et dont la durée limite de stockage est de 5 ans, serait le 4 mai 2015. Il est admis bien sûr que la fin mai 2015 est une date réaliste. Quelques jours sur une période de 5 ans ne peuvent altérer un produit de façon significative, sauf non-respect des conditions de stockage.

3- Rappel historique

En France, l’affectation d’une durée limite de stockage pour les produits PT/MT remonte à 1974, date à laquelle l’un d’entre nous introduisit le concept de durée limite de stockage pour les concentrés de liqueur magnétique fluorescente sous UV-A pour dispersion aqueuse. D’abord de 6 mois, puis, en fonction de l’expérience pratique acquise avec les poudres magnétoscopiques, elle fut portée à 18 mois pour les emballages non ouverts de ces concentrés.

Avant 1974, on ne se souciait que des numéros de lots.
Or, les numéros de lots ne renseignent pas sur l’âge des produits, sauf dans certains cas comme nous allons le montrer plus loin.

Une bonne gestion des stocks supposait alors de sortir du magasin en priorité les produits les premiers entrés selon l’adage : ‘premier entré, premier sorti’’… oui, mais cela supposait deux conditions essentielles :

• Tout d’abord, le magasin devait être bien rangé. Les produits qui venaient d’être reçus du fournisseur devaient être rangés derrière les mêmes produits réceptionnés la fois précédente. Cela n’était pas toujours le cas. Aussi, à l’occasion d’un rangement, d’un inventaire ou d’un déménagement, il n’était pas rare de retrouver de vieux produits, des ‘‘rossignols’’, comme on les appelait parfois.

• Les fournisseurs devaient livrer des produits plus récents que ceux livrés la fois précédente. Nous nous souvenons que chez un fabricant, il régnait une telle pagaille que pendant longtemps, même après l’instauration des dates de péremption, les clients recevaient des lots de produits dont la date de péremption était antérieure à celle des produits livrés précédemment. Certains de ces produits arrivaient à péremption très vite… ou étaient même carrément périmés ! Ce fabricant était pourtant certifié ISO 9001:2000.

Ces vieux produits avaient-ils conservé leurs propriétés, performances fonctionnelles et sensibilités ?
En l’absence de date de péremption, nous pouvons naturellement nous poser beaucoup de questions. Des produits périmés ayant perdu quelque peu de leur performance et de leur sensibilité ont-ils été utilisés ?

Progressivement, l’exigence d’une traçabilité de la date de péremption a été étendue à la totalité des produits consommables de CND.

4- La durée limite de stockage des produits PT/MT

Comment est déterminée la durée limite de stockage et d’utilisation d’un produit PT/MT ?

Cela dépend de sa stabilité au cours du temps.

Dans les années 60, l’un d’entre nous a eu un professeur d’université qui lui enseignait la thermodynamique statistique. Cultivant avec grand art le paradoxe, ce professeur déclara un jour : ‘‘il y a des métastabilités qui sont stables’’.
Il avait parfaitement raison et cela peut d’ailleurs s’appliquer, d’une certaine manière, aux produits de ressuage et de magnétoscopie, qui sont constitués de mélanges de plusieurs matières premières dont le nombre peut atteindre 14 !

Dans un tel produit, ces substances chimiques, très différentes les unes des autres, coexistent et, prises individuellement, elles sont relativement stables.

La situation peut être quelque peu différente en présence d’un mélange de matières premières : même s’il n’y a pas de véritables réactions chimiques, nous ne pouvons pas exclure des interactions moléculaires dont les conséquences pourront apparaître ultérieurement. Il est donc alors difficile de prévoir combien de temps un produit (qui est, en quelque sorte, dans un état métastable) restera stable.

Un autre point à considérer est le respect des conditions de stockage à observer. Elles sont mentionnées dans les fiches de données de sécurité (FDS) et parfois sur l’étiquette des emballages. Exposer au gel des produits qui le craignent peut avoir des conséquences désastreuses.

La durée limite de stockage des produits PT/MT n’est pas une durée théorique, elle doit donc être déterminée.

C’est la raison pour laquelle les fabricants de produits PT/MT effectuent des essais prolongés de stabilité ‘‘longue durée’’ au stockage qui leur permettent de déterminer la durée de vie de leurs produits en prenant une certaine marge raisonnable de sécurité.

Certains produits, notamment les pénétrants, peuvent avoir en réalité une durée de vie relativement longue, dans des conditions de stockage appropriées. Nous avons vu des pénétrants vieux de 10 ans (ou plus) qui donnaient encore des résultats conformes alors que leur durée limite de stockage n’était que de 5 ans !
Exemple peut-être extrême : l’un de nous a pu effectuer en 2007 des essais comparatifs d’un pénétrant coloré très connu, un échantillon d’un lot fabriqué quelques semaines auparavant et conditionné en générateur d’aérosols, comparé avec ce qui restait dans un générateur d’aérosols fabriqué… 30 ans plus tôt exactement !! L’essai, effectué en double aveugle, n’a pas permis de détecter la moindre différence de performance, d’aspect ni de lavabilité.

Nous attirons votre attention sur le fait que la durée limite de stockage ne doit surtout pas être confondue avec la durée de garantie contractuelle consentie par le fabricant/fournisseur.

Par conséquent, la durée limite d’utilisation n’est pas une garantie commerciale mais une certaine garantie technique. Si, avant la fin de la période de garantie contractuelle, un problème technique apparaît malgré des conditions de stockage adéquates (emballages fermés, à l’abri de la lumière, pour les emballages transparents ; à l’abri de températures excessives, trop hautes ou trop basses, notamment), le fournisseur s’engage à remplacer le produit, à enquêter pour connaître la cause du problème et à tenir l’utilisateur informé des résultats de l’enquête. Au-delà de la période de garantie contractuelle, c’est une affaire de relation commerciale !

Prenons un exemple parlant : les bains de pénétrants.
Si le bain est assez grand, on procède à des rajouts réguliers (qui peuvent être effectués automatiquement), pendant des années. L’Assurance de la Qualité prévoit un certain nombre d’essais sur le PRODUIT EN SERVICE, mais le concept de numéro de lot ou de date de péremption disparaît du fait des mélanges. Ce qui compte, c’est que le produit dans la cuve donne les performances voulues, quelle que soit la proportion de différents numéros de lots, et même si du produit très ancien est susceptible d’être encore présent !
Pour des bains de faible volume, il peut être plus avantageux de changer le produit une fois par an, plutôt que de lancer des analyses qui ont un certain coût.
Mais il est clair que, quand on a des bains de 10 000 litres, 20 000 litres, 64 000 litres… ou même 240 000 litres (eh si, un tel bain existe… aux États-Unis d’Amérique), on ne s’amuse pas à changer tout le bain chaque année - au grand désespoir des fournisseurs, avouons-le !!!

En revanche, nous avons connu en Europe une usine dans laquelle les grands bains de pénétrants fluorescents étaient remplacés systématiquement tous les six mois sans vérifier si les produits étaient encore bons ou non ! Et il ne s’agissait pas de bains de 100 litres.
S’agissait-il d’un certain ‘‘arrangement’’ entre les utilisateurs et le fournisseur ? La question en tout cas est posée.

C’est le fabricant qui est le mieux placé pour fixer les durées limites de stockage de ses produits, car il est censé, mieux que quiconque, connaître ses produits.

A-t-il intérêt à stipuler des durées plus longues ou plus courtes ?

Si la durée annoncée est trop courte, l’utilisateur pourrait rechercher sur le marché des produits avec une durée de stockage plus longue. En revanche, si la durée est trop longue, le fabricant prendrait le risque de recevoir des plaintes, s’il s’avérait que le produit avait chuté en performance et/ou sensibilité.

Notez qu’un donneur d’ordre majeur impose que les produits qui lui sont fournis aient une durée de vie résiduelle de 6 mois minimum.

Généralement, mais ce n’est pas une règle absolue, les fabricants limitent la durée de stockage des produits PT/MT livrés en vrac à 5 ans, qu’ils soient liquides ou solides, pour des produits conditionnés en emballages d’origine hermétiquement clos, stockés sous abri dans un local normalement ventilé, à l’abri du rayonnement solaire et des températures extrêmes. Pour d’autres fabricants, cette durée n’est que de 12 ou 18 mois.

Le cas des générateurs d’aérosols est différent. Il peut se produire une fuite au niveau de la valve, ou d’une soudure ou encore au niveau des sertissages de la coupelle et du fond concave, dans le cas des boîtiers en fer-blanc.
Selon le cas, c’est une partie de l’agent propulseur qui ‘‘partira’’, ou une partie du produit actif… ou bien encore les deux, si le produit est conditionné avec un gaz liquéfié. Tout dépend où se trouve la fuite.

Si la fuite est au niveau de la valve, un produit chargé : révélateur à base de solvant (humide non aqueux), liqueur magnétique, peinture blanche de contraste, peut colmater la valve ou le tube plongeur. Les solides s’agglomèrent au niveau de la valve ; le générateur d’aérosols devient alors inutilisable.

Nous connaissions un fabricant de peinture blanche de contraste conditionnée en générateurs d’aérosols qui mettait l’étiquette d’identification tête en bas sur les cartons : ainsi, à l’intérieur des cartons, les générateurs d’aérosols étaient stockés tête en bas, ce qui évitait le risque de colmatage. Par la suite, ce problème fut résolu par le fabricant qui abandonna cette pratique.

Mais nous avons tous trouvé un jour des générateurs d’aérosols soit colmatés, soit partiellement ou même totalement vides.

Certains utilisateurs ont constaté qu’après deux ans de stockage, il était possible que les caractéristiques de pulvérisation ne soient plus aussi bonnes. C’est pourquoi, selon les fournisseurs, et les qualités techniques de leurs produits, la durée limite de stockage des générateurs d’aérosols peut varier de 1 à 5 ans.

5- À partir de quel moment court la durée limite de stockage des produits PT/MT ?

C’est naturellement à partir du jour de la fabrication du produit. Dans le cas des générateurs d’aérosols, c’est la date du conditionnement qui compte… même si le produit a été fabriqué quelques semaines, parfois, quelques mois, auparavant.

6- Les dates de péremption

La date de péremption est déterminée par le fabricant. D’un point de vue purement technique, elle n’est pas ‘‘au jour près’’ : une date marquée Avril 2015 signifie que le produit arrivera à péremption à fin Avril 2015. Il s’agit de produits industriels, stables bien plus longtemps qu’indiqué (les fournisseurs prennent de la marge). Ce ne sont pas des produits laitiers, viande, fruits frais, par exemple.
Depuis pas mal d’années, les fabricants ont généralement pris l’habitude de marquer la date de péremption en clair sur les emballages, plutôt que d’indiquer ‘‘telle durée’’ après la date de fabrication. C’est une donnée claire, facilement compréhensible par tous.

Les dates de péremption peuvent être assez rapprochées de la date de fabrication : c’est le cas de beaucoup de produits ‘‘chargés’’ (qui contiennent des matières solides), tels les peintures blanches de contraste pour la magnétoscopie ou certains révélateurs de ressuage. Les concentrés de liqueurs magnétiques fluorescentes, et les liqueurs magnétiques fluorescentes à support pétrolier prêtes à l’emploi, ont des durées limites de stockage relativement courtes : les colorants fluorescents sont détachés des particules magnétiques par le liquide porteur qui devient de plus en plus fluorescent, alors que le produit actif l’est de moins en moins. Par contre, les produits indicateurs noirs peuvent être généralement conservés plus longtemps sans risques… du moins de ce point de vue !

7- À partir du numéro de lot, peut-on connaître les dates de fabrication et de péremption ?

Certains fabricants ont adopté une codification des numéros de lots qui permet de connaître la date de fabrication des produits. Naturellement, si les règles de cette codification sont communiquées par le fabricant aux utilisateurs, cela peut leur être très utile.

Premier exemple
Un fabricant de produits PT/MT utilise le système suivant pour les numéros de lots des produits en vrac :

AAMMJJ-XYZ

• AA = les deux derniers chiffres de l’année de fabrication.
• MM = mois de fabrication.
• JJ = jour de fabrication.
• XYZ = numéro d’ordre du produit fabriqué le jour JJ.

Ainsi, le numéro de lot 100324-028 était affecté au vingt-huitième produit qui avait été fabriqué le 24 mars 2010.
En supposant que la durée limite de stockage était de 5 ans, cela signifie que sa date de péremption est le 24 mars 2015.

Deuxième exemple
Un autre fabricant a adopté la codification suivante pour le vrac et les générateurs d’aérosols :

• Les deux premiers chiffres du numéro de lot correspondent à l’année de fabrication du produit.
• La lettre qui suit ces deux chiffres, correspond au mois de fabrication : A pour janvier, B pour février, C pour mars, D pour avril, E pour mai, F pour juin, G pour juillet, H pour août, J pour septembre, K pour octobre, L pour novembre et M pour décembre. La lettre ‘I’’ n’est pas utilisée pour éviter toute confusion avec le chiffre ‘‘1’’.

Ainsi, le produit qui porte le numéro de lot 09C8483 a été fabriqué en mars 2009.

Troisième exemple

Un autre fabricant a adopté la codification suivante pour les produits en vrac et en générateurs d’aérosols.
Ce code est composé de 4 chiffres suivis d’une lettre et de deux chiffres.
Le nombre de quatre chiffres est le numéro de lot, la lettre est le mois de fabrication (janvier = A) et le nombre de 2 chiffres est l’année de fabrication.

Ainsi, le produit qui a le numéro de code 6347B10 a été fabriqué en février 2010.

Néanmoins, beaucoup de fabricants n’utilisent pas de système simple de codification, qui permet à l’utilisateur de mieux situer la date de fabrication. On peut le regretter.

8- Que faire de produits qui viennent à péremption ?

Cela peut se produire aussi bien chez l’utilisateur que chez le fabricant.

8.1- Chez l’utilisateur

Avant de décider de faire reprendre un produit périmé par un récupérateur agréé en vue de sa destruction, ce qui coûte de l’argent et peut constituer un gaspillage, il y a une autre démarche à entreprendre.

Dans le cadre de l’Assurance Qualité et de la traçabilité des produits, les fabricants conservent pendant très longtemps un échantillon représentatif de chaque lot. Si, comme cela s’est déjà produit, une anomalie est constatée sur l’échantillon conservé, le fournisseur envoie un message approprié d’alerte à tous les destinataires du ou des lots concernés.

Du fait de la conservation d’échantillons représentatifs par le fabricant, l’utilisateur peut demander directement au fabricant ou par l’intermédiaire de son fournisseur une extension de la durée limite de stockage. Libre au fabricant d’honorer une telle demande. Certains fabricants peuvent l’accepter et nous connaissions un fabricant qui ne prenait en compte une telle demande que si la durée résiduelle limite de stockage du lot de produit concerné était d’au moins un mois.

Rien n’interdit à l’utilisateur de demander à son fabricant/fournisseur une extension de la durée limite de stockage.

Cela ne peut concerner que des produits qui n’ont jamais été utilisés et qui ont été conservés en emballages d’origine hermétiquement fermés dans des conditions appropriées de stockage.

Avant d’entreprendre une telle démarche, assurez-vous que le produit semble a priori satisfaisant. S’il s’agit d’un générateur d’aérosols, vérifiez que la pulvérisation est satisfaisante (débit continu sans à-coup, absence de colmatage au niveau du diffuseur ou de la valve). S’il s’agit d’un produit liquide, vérifiez l’absence d’odeur anormale, de séparation, de turbidité, etc.
Dans le cas contraire, il est inutile d’entreprendre une telle démarche.

L’utilisateur communique au fabricant le numéro du lot concerné. Si le fabricant n’a plus d’échantillon de ce lot, il demande à l’utilisateur de lui envoyer un échantillon du produit concerné. Le fabricant peut aussi demander un échantillon, même s’il a encore une quantité suffisante d’échantillons prélevés lors de la fabrication… pour ‘‘se faire une idée’’ de la façon dont le produit a été stocké : un générateur d’aérosol rouillé, un bidon avec une étiquette moisie, etc, envoyés par le client, entraînent une certaine méfiance de la part du fabricant.

Après avoir effectué les contrôles nécessaires, le fabricant peut déclarer que le lot n’est plus utilisable. Au contraire, si le produit ne présente pas de perte de performance ou de fonctionnalité, le fabricant peut accorder une extension de la durée limite de stockage, en général de six mois ou un an, selon la durée de vie ‘‘normale’’ du produit. En général, le fabricant n’accordera qu’une seule prolongation pour le même numéro de lot.
Il est arrivé qu’un fabricant ait exceptionnellement accordé deux prolongations.

Comme tout service, une telle prestation a un coût. Le fabricant peut faire payer ou non, partiellement ou totalement, les frais engagés. Ces frais d’analyse, lors d’une fabrication, sont répartis sur l’ensemble du lot. Lors d’une analyse spécifique, ces frais devront être supportés par un volume beaucoup plus faible. Il est clair que, si l’on n’a que 10 litres de pénétrant, et que le coût est proche du coût d’un bidon de produit neuf, il n’y a aucun intérêt à partir dans cette voie. Mieux vaut se renseigner auparavant auprès du fabricant.
Cette prestation n’est pas à confondre à celle relative au contrôle périodique des produits en vrac ou en service requis par les spécifications applicables.

8.2- Chez le fabricant

Pour des questions de simplification de la gestion des stocks chez les Clients, le fabricant/fournisseur envoie des lots homogènes, c’est-à-dire un même numéro de lot pour un produit donné. C’est même parfois une clause de la commande. Imaginez le Client qui reçoit 4 lots différents pour 200 litres de produit commandé ! Cela est pourtant déjà arrivé.
Néanmoins, un produit donné est fabriqué en quantité finie : pour certains produits, on pourra fabriquer 20 000 litres d’un coup ; pour d’autres, 1 000 litres sont le maximum. Il y a souvent des raisons techniques à ces limites ; parfois aussi, c’est simplement que 1 000 litres représentent la quantité moyenne vendue en une année, et qu’il est donc non justifié de faire des lots très importants. Nous avons même l’expérience de produits de ressuage très spécifiques pour lesquels le lot est de 100 litres, et d’autres (tels que les produits de ressuage thixotropes ou de ressuage à chaud), pour lesquels les lots font… 10 litres !

Par conséquent, le fabricant peut se retrouver avec une multitude de fins de lots. Qu’en fait-il ? Eh bien, il peut parfaitement les mettre en cuve de fabrication pour les ‘‘retravailler’’ et en faire un nouveau lot unique dont la date de péremption sera comptée à partir du jour où ce nouveau mélange sera fait.

Rien n’interdit à un fabricant d’utiliser un lot ‘‘périmé’’ pour le mélanger avec un nouveau lot du même produit en cours de fabrication.

À partir du moment où le nouveau lot est satisfaisant en tout point, cette procédure de recyclage n’est pas répréhensible en elle-même. Encore une fois, il ne s’agit pas de produits alimentaires.

Bien entendu, cette procédure n’est pas applicable aux générateurs d’aérosols.

9- Les dates de péremption sont-elles si importantes ?

À moins d’effectuer un stockage rigoureux et bien ordonné, comment peut-on reconnaître, en l’absence de l’indication de la date de péremption, qu’un lot est plus ancien qu’un autre ?
En effet, comme nous l’avons écrit plus haut, chaque fabricant a sa propre procédure d’affectation des numéros de lots.
La première idée qui vient à l’esprit est tout simplement… d’imposer au fournisseur qu’il marque en clair la date de péremption sur CHAQUE EMBALLAGE, Y COMPRIS CHAQUE GÉNÉRATEUR d’AÉROSOL. Si tous les clients le demandent…

De nos jours, l’Assurance de la Qualité dans chaque entreprise, plus le fait que les fournisseurs sérieux indiquent en clair la date de péremption sur chaque emballage, devraient empêcher la mise en service d’un produit ‘‘périmé’’.

10- Où trouve-t’on les dates de péremption ?

Nous les trouvons sur tous les emballages et suremballages (par exemple sur le carton contenant 4 bidons de 5 litres de pénétrant ou de révélateur).

Nous pouvons également les trouver sur : les certificats de conformité, les procès-verbaux d’essais en laboratoire, sur les rapports d’analyse, etc.

Il y a… longtemps, ces dates de péremption étaient imprimées sur des petits autocollants… qui finissaient par se décoller. Cela permettait aussi aux fabricants/fournisseurs de ‘‘jongler’’ avec les dates de péremption. Il en était un peu de même avec le système d’impression par jet d’encre qui n’est pas indélébile… tout part à l’acétone !

De nos jours, dans la majorité des cas, ces dates sont imprimées sur les étiquettes des emballages, sérigraphiées ou imprimées en offset.

Ainsi, le marquage des dates de péremption est désormais tout à fait au point, et peu sujet à contrefaçon. De toute façon, il faudrait modifier d’autres documents si un utilisateur ‘‘indélicat’’ tentait de modifier la date sur les emballages.

11- Autres systèmes d’identification

Au milieu des 80, en France, l’industrie automobile avait demandé à l’un d’entre nous d’utiliser le système d’identification par code-barres pour les bidons de 10 litres de concentré de liqueur magnétique fluorescente sous UV-A pour dispersion aqueuse, livrés sur palettes par lots de 800 litres par mois à diverses usines.
D’autres fabricants de produits PT/MT utilisent encore ce système.

Nous pouvons imaginer que dans un futur proche, nous verrons se développer l’utilisation du système de radio-identification plus souvent désignée par le sigle RFID (de l’anglais Radio Frequency IDentification ou puces électroniques radio-fréquences) qui permet de mémoriser et de récupérer des données à distance en utilisant des marqueurs appelés ‘‘radio-étiquettes’’. Les radio-étiquettes comprennent une antenne associée à une puce électronique qui leur permet de recevoir les requêtes radio émises depuis l’émetteur-récepteur et d’y répondre. Ce système permet de retrouver un article même s’il a été rangé à la mauvaise place dans un magasin. Il sera également utilisé dans les supermarchés pour facturer rapidement tous les articles qu’un client a dans son chariot.

AIRBUS a annoncé qu’il souhaite mettre en oeuvre la technologie RFID dans le cadre du programme A 350 XWD(*).
Une demande similaire est faite par BOEING pour son B 787 Dreamliner.

La spécification et la norme applicables sont :
• ATA Spec 2000 Chap 9-5.
• SAE- AS5678.

2 projets de normes européennes prEN4617 (UHF passif) et prEN4618 (HF passif) ont été élaborés.

12- Conclusion

À notre avis, les dates de péremption sont extrêmement importantes pour la traçabilité des produits et la gestion du programme d’Assurance de la Qualité.

La suppression des dates de péremption ne peut être envisagée que pour les cuves de produits dans lesquelles des lots différents sont ajoutés au fur et à mesure de leur consommation. En effet, des contrôles périodiques sont institués pour ces produits, de périodicité bien définie : tous les mois, tous les deux mois, ou trois mois ou quatre mois, selon les donneurs d’ordre et les produits en cause (pénétrants, émulsifiants hydrophiles, révélateurs de ressuage à base d’eau). De même pour les produits indicateurs de magnétoscopie utilisés dans les bancs, des contrôles réguliers sont obligatoires - ou un remplacement du produit à chaque changement de poste, par exemple.

Signalons enfin qu’un produit PT/MT bénéficiant d’une garantie contractuelle ne dispense nullement l’opérateur de faire les contrôles journaliers de performance et de sensibilité stipulés dans les spécifications applicables.

Références

(*) Philippe CANTEAU, Ouverture de la Réunion ‘‘Innovation & Normalisation’’, AFNOR, Saint Denis, France, 19 mai 2010.

• ATA Spec 2000 Chapter 9, Automated Identification and Data capture (AIDC), Pennsylvanie, ATA 1301 Pennsylvania Avenue, NW Suite 1100, Washington, DC 20004, États-Unis d’Amérique, 2009.

• SAE - AS5678, Passive RFID Tags Intended for Aircraft Use, Society of Automotive Engineers (SAE), 400 Commonwealth Drive, Warrendale, Pennsylvanie 15096, États-Unis d’Amérique, 2006.


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Mis à jour ( Samedi, 21 Mai 2011 15:17 )