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Septembre 2013 - Le contrôle réception des produits

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Écrit par Administrator
Samedi, 17 Août 2013 06:17

Le récent scandale européen de la viande de cheval vendue comme étant prétendument de la viande bovine aura montré les limites actuelles de l’Assurance Qualité et de la traçabilité basées sur le seul examen de documents émis par les fabricants et les fournisseurs.

Avec la globalisation des marchés, cette supercherie a touché de nombreux pays européens, quelques fabricants, de nombreux distributeurs, et un nombre incalculable de consommateurs.

Tout le système repose sur la confiance et la fiabilité que toute entreprise accorde à ses fournisseurs. Les audits, annuels ou plus fréquents, sont-ils vraiment suffisants pour éviter ce genre d’anomalie ?

Ce scandale aura donc mis en évidence une faille majeure dans le système de contrôle des denrées alimentaires mises sur le marché.

Dans les années 70-80, précisément dans le domaine du ressuage et de la magnétoscopie, les concepts d’assurance de la qualité et de traçabilité des produits n’étaient pas encore en vigueur. Nous nous souvenons de certaines entreprises de divers secteurs industriels qui ne se contentaient pas des certificats de conformité et des procès-verbaux d’essais en laboratoire établis par les fabricants et les fournisseurs.
Certaines d’entre elles exigeaient, également, que le fournisseur fasse analyser, à ses frais, par des laboratoires indépendants que le donneur d’ordre avait homologués, des échantillons de lots de produits avant expédition. L’utilisateur était censé ne recevoir que des lots satisfaisants.
D’autres effectuaient des essais sur des échantillons des lots de produits envoyés, avant tout feu vert pour utilisation. Si les résultats des essais étaient satisfaisants, les lots de produits pouvaient sortir du magasin pour être utilisés. Si les résultats des essais étaient non conformes, le fournisseur devait reprendre à ses frais les lots défectueux. De plus, le fournisseur devait expliquer les causes des anomalies constatées et détailler les mesures correctives qu’il s’engageait à entreprendre pour éviter le renouvellement de telles anomalies.

Bien entendu, ce système avait ses inconvénients : le donneur d’ordre devait refaire à ses frais certains des essais que le fournisseur ou le fabricant avaient déjà effectués ; ajoutez à cela la perte de temps pour ces vérifications. Il est évident que pour satisfaire à des réductions de coûts et de main d’œuvre, ce système ne pouvait pas continuer de cette manière.

C’est ainsi qu’est apparue une procédure allégée : le donneur d’ordre se contentait de faire des contrôles aléatoires sur certains lots, surtout lorsqu’il avait acquis un niveau suffisant de confiance dans son fournisseur. Si le donneur d’ordre doutait de son fournisseur, il en changeait.

Enfin, l’accréditation ISO a pratiquement fait disparaître le contrôle réception physique avec les conséquences que l’on connaît en matière de fraude ou d’erreur sur les produits. L’ère de la gestion de la paperasserie était née.

Déjà en 2006, dans leur conférence(1) Nathanael RIESS, Andre IVANKOV et Harri HAACKE avaient lancé une alerte soulignant les problèmes de qualité, concernant les produits de ressuage et de magnétoscopie, causés :

- "Par la situation réelle du marché : l’augmentation des coûts, la guerre des prix et la concurrence prédatrice, d’autre part, par le fait que les acheteurs recherchent des prix bas, en croyant obtenir la même qualité à moindre coût. De plus en plus, les services Achats décident, et non les experts CND, s’il y en a encore."

Les auteurs ont montré qu’il existait "des produits à des niveaux de prix différents disponibles le marché - tous avec la déclaration de conformité à la norme applicable EN ISO", mais, ajoutaient-ils, "une évaluation montre que certains de ces produits, tout spécialement ceux à bas prix, ne satisfont pas aux exigences normalisées, ils ne conviennent tout simplement pas."

Ils ajoutaient: "Une vieille loi d’actualité : la qualité exige son prix !"

On peut aller encore plus loin. Un auditeur qualité, qu’il soit d’une tierce partie ou un auditeur du donneur d’ordre, doit se contenter de vérifier la concordance des opérations avec les normes, codes, spécifications imposés par le donneur d’ordre, avec les procédures internes de l’entreprise.
Il ne peut pas critiquer une procédure, mais simplement vérifier qu’elle est appliquée.
Prenons un exemple : la procédure exige que l’utilisateur doit employer un pénétrant coloré, avec une teneur en chlore + fluor inférieure à 200 ppm. Elle ne précise ni la marque du pénétrant et sa référence, ni la méthode d’analyses.
Un fabricant ou un fournisseur peu sérieux, ou avec un grand sens de l’humour, envoie un produit vaguement rouge, étiqueté "Pénétrant coloré XYZ". Un certificat de conformité concernant la teneur en chlore + fluor est joint.
L’auditeur se rend compte que le "pénétrant coloré" est seulement de l’eau, avec un soupçon de colorant rouge. Que peut-il faire ?
Rien, si le contrôle réception, tel que prévu dans la procédure, est parfaitement respecté.
Ah, nous avons oublié de vous dire que c’était une eau minérale bien connue, dont nous ne citerons pas la marque, ayant une faible teneur garantie en chlore + fluor. Cas vécu…

Référence

(1) Nathanael RIESS, Andre IVANKOV et Harri HAACKE, Rising Costs and Price War - To the Debit of Quality, in Spite of European Standardisation? (Quality Requires its Price; Critical Views; Negative Examples by Means Of MT- and PT-Inspection Media), (ndlr : Augmentation des Coûts et de la Guerre des Prix - Au Détriment de la Qualité, en Dépit de la Normalisation Européenne ? (la Qualité Exige son Prix; Vues Critiques; Exemples Négatifs au moyen des produits MT et PT), 9ième Conférence Européenne sur les Essais Non Destructifs (CNDT 2006), We. 2.7.3, Estrel Convention Centre (ECC), Berlin (Allemagne), 25-29 septembre 2006.
Texte anglais de cette communication : sur cette page Internet.

Mis à jour ( Samedi, 17 Août 2013 06:29 )