French (Fr)English (United Kingdom)

DPC NEWS : un site d'information sur le ressuage et la magnétoscopie

DPC

Rechercher

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
Visites depuis Avril 2008

Inscrivez-vous

DPCNews


Recevoir du HTML ?

Le bois et la magnétoscopie

Imprimer
Envoyer
Écrit par Administrator
Samedi, 16 Février 2013 11:08

Mars 2013

Tous ceux qui sont impliqués dans le CND et en particulier en magnétoscopie (MT), savent que la magnétoscopie ne peut être effectuée que sur des matériaux ferromagnétiques.

Que faire si ?

Prenons l’exemple dont nous avons été témoins… maintes fois, avant de partir en retraite.

L'un de nous a assumé de multiples fonctions au sein du petit fournisseur de CND chez lequel il a travaillé pendant 37 ans comme directeur technique, formulateur, support technique aux clients, auditeur de fournisseurs, formateur des Niveaux 2 et 3... c'est un cas habituel dans les très petites entreprises... une façon d'effectuer un travail très intéressant et d'élargir ses compétences professionnelles et son expérience, et de les partager avec les utilisateurs/clients !!!
En arrivant dans une entreprise pour un support technique, il demandait toujours à voir les procédures internes selon lesquelles les contrôles étaient effectués. Il arrivait que la réponse fût : "Quelles procédures ?"

Une fois les procédures de contrôle par magnétoscopie en main, le premier coup d’œil sur le document portait sur le domaine d’application… comme tout le monde peut l’imaginer. Parfois, le mot recherché ne se trouvait pas dans ce chapitre. Peut-être dans un autre paragraphe ?

Oui, en général, il s’y trouvait. Toutefois, en lisant exhaustivement la procédure, si nulle part dans la procédure, on ne trouvait le "mot magique", nous étions… contents ; oui, contents. Nous savions que nous allions faire une incroyable et amusante démonstration de magnétoscopie sur… du bois ! C’était du délire !

Au fait, c’est quoi, le "mot magique" ? Oui, vous avez trouvé : "ferromagnétique". Si, nulle part dans la procédure, il était écrit que la magnétoscopie s’applique uniquement sur des matériaux ferromagnétiques, c’était gagné !

En fait, nous avions toujours dans le coffre de la voiture :
• Un morceau de bois,
• Un électro-aimant portatif,
• Un indicateur ASME, utilisé comme témoin d’aimantation,
• Des générateurs d’aérosols de produits de magnétoscopie,
• Un mesureur numérique de champ magnétique tangentiel.

Maintenant, la seule chose à faire était donc : suivre la procédure en utilisant le morceau de bois comme pièce à contrôler.

En espaçant les pôles à la bonne distance (par exemple, 15 cm), en mettant le témoin ASME juste au centre de la ligne joignant les centres des surfaces des pôles, en appuyant sur le bouton "marche" tout en pulvérisant la liqueur magnétique... nous faisions apparaître les indications sur le témoin d’aimantation. Cela signifie-t-il que le morceau de bois était aimanté ? La réponse est "oui", d’après la procédure.

Pour confirmer ce "splendide" résultat, nous faisions un deuxième essai, en remplaçant le témoin d’aimantation par la sonde à effet Hall du mesureur numérique de champ magnétique tangentiel. Quand on appuyait sur le bouton "marche", le mesureur affichait une valeur dans la bonne fourchette requise pour effectuer un contrôle par magnétoscopie.

Cet "audit" d'un document très ordinaire, une procédure de contrôle par magnétoscopie, permettait de démontrer qu’un contrôle par magnétoscopie pouvait être effectué sur un morceau de bois, si on la suivait à la lettre.

En fait, nous faisions cette sacrée blague pour expliquer et démontrer qu'un témoin d’aimantation, qu'il s'agisse d'un indicateur ASME ou de Berthold, quel qu’il soit, n'est en aucun cas un indicateur que les bonnes conditions d’un contrôle par magnétoscopie sont respectées. Ils ne permettent que de déterminer la direction des lignes du champ magnétique dans la zone où ils sont placés. Soit dit en passant, cette démonstration peut être refaite sur alliages légers, sur acier inoxydable ou tout autre matériau non ferromagnétique. Cela marche !

Sur un matériau ferromagnétique, le témoin d’aimantation détecte les lignes du champ magnétique, parce que certaines d'entre elles sortent de la pièce, tangentes à la surface - d'où le nom de champ magnétique tangentiel. Si un matériau était infiniment perméable au champ magnétique, aucune ligne ne sortirait... et les indications du témoin d’aimantation seraient invisibles. Le mesureur afficherait "zéro", comme valeur du champ magnétique tangentiel.

D’autre part, dans le cas d’un matériau "imperméable" au champ magnétique, comme le bois, les alliages légers, etc., les lignes restent en dehors de la pièce, le long de la surface.

Comme vous pouvez le constater, ni un témoin d’aimantation, ni un mesureur de champ magnétique tangentiel ne serait le meilleur choix !! En effet, c’est l’intensité du champ magnétique tangentiel qui est mesurée et non l’induction magnétique.

Il serait préférable de mesurer l’induction magnétique.
Cependant, comme nous l'avons écrit dans l’un de nos articles(1), "l’induction magnétique est très difficilement mesurable. Par conséquent, la mesure du champ magnétique tangentiel sur la pièce, qui est conservatif (Ht interne = Ht externe), est préférée. Ce champ magnétique nous donne une idée de l’induction magnétique… si la pièce est ferromagnétique".

Alors, tout d’abord vérifiez que la pièce à contrôler par magnétoscopie est ferromagnétique.

Certains teslamètres sont commercialisés pour mesurer l’induction magnétique.
• Certains d’entre eux sont dotés d’une sonde à effet Hall. La majorité d’entre eux ne mesure que le magnétisme HORS de la pièce. Pour le vérifier : Faites donc l’essai sur du bois.
• Certains ont une sonde spécifiquement conçue qui élimine l’influence du champ magnétique au-dessus de la surface aimantée. Ils mesurent réellement l’induction magnétique DANS la pièce, ce qui permet de savoir si la pièce peut être contrôlée par magnétoscopie. L’inconvénient est la dimension de la sonde qui peut atteindre 20 mm x 10 mm, 50 mm de long. Il est alors difficile et parfois même impossible de mesurer l’aimantation dans des zones de faibles dimensions ou difficiles d’accès. C’est une des raisons pour lesquelles la mesure du champ magnétique tangentiel est préférée.

C'est une façon amusante de faire écrire aux gens des procédures, des spécifications, pourquoi pas, des normes, en pensant à tous les petits détails qui pourraient devenir des failles... un inconvénient de l'Assurance Qualité.

En effet, dans cet exemple, l'Assurance Qualité nécessiterait que le contrôle par magnétoscopie soit effectué selon ce qui est écrit. Si l'opérateur effectue un contrôle (la pièce est, ou non, ferromagnétique), ce qui n’est pas stipulé dans le document, un auditeur peut faire un rapport de non-respect de la procédure... mais il n'a pas le droit de dire que la procédure est erronée.

D’accord ?

Vos commentaires seront les bienvenus.


Référence

Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Unités de mesure et grandeurs physiques en MT/PT : arrêtez le massacre !, Courrier des Lecteurs, août 2010 : sur notre site Internet.

Mis à jour ( Samedi, 16 Février 2013 11:25 )