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Décembre 2013 - Bancs de contrôle par magnétoscopie et risques d'incendie

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Écrit par Dubosc
Mardi, 12 Novembre 2013 16:47

Les règles de sécurité doivent être assez rigoureuses lorsque l'on travaille sur des bancs de contrôle par magnétoscopie : des intensités de courant très élevées, des champs magnétiques puissants. Ces risques spécifiques sont connus, et généralement bien pris en compte.

Le sujet de cet article est plus terre-à-terre : la liqueur magnétique.

De nombreux bancs de contrôle par magnétoscopie utilisent des liqueurs magnétiques à support pétrolier, et non à support aqueux.

Pourquoi le pétrole est-il préféré comme liquide porteur des particules magnétiques ?

Le liquide porteur à base de pétrole est utilisé depuis…des décennies, alors que les premières liqueurs magnétiques à support aqueux furent lancées au début des années 70. La raison principale avait été l'augmentation très rapide du prix du pétrole (de 300%, soit une multiplication par quatre en moins de trois ans).

Cependant, l’eau a la réputation de provoquer de la fleur de rouille et éventuellement de la corrosion sur les pièces en acier au carbone ! Ainsi, les liqueurs magnétiques à support aqueux, en plus des agents tensio-actifs (agents tensioactifs) nécessaires pour que la liqueur magnétique mouille les surfaces, ont dû être complétées par un ensemble d’inhibiteurs de corrosion. Les agents de surface (agents tensioactifs) produisent de la mousse, sous agitation. Dans les bancs de contrôle par magnétoscopie, les pompes de circulation sont susceptibles de produire d'énormes quantités de mousse ! Par conséquent, des additifs antimousse ont dû être incorporés. Malheureusement, au cours des premières années, de nombreuses formules inhibées contre la corrosion avaient un pH élevé (bien supérieur à 10, ce qui cause des dermatites)…et de nombreux agents anti-mousse ne résistaient pas à un pH aussi élevé ou étaient très chers (comme les silicones d’une efficacité généralement de courte durée !).

De plus, l’enrobage fluorescent des particules magnétiques était partiellement libéré par le liquide porteur basique. Ainsi, ce dernier devenait fluorescent tandis que les particules magnétiques perdaient une partie de leur fluorescence sous rayonnement ultraviolet (UV-A).

En résumé, à cette époque, les liqueurs magnétiques fluorescentes à support aqueux causèrent beaucoup de problèmes. De plus, en prenant en compte tous ces additifs...leur prix de revient au litre prêt à l’emploi pouvait être de l’ordre de grandeur de celui de leurs équivalents à support pétrolier, avec une durée de vie beaucoup plus courte !!!

Lors du remplacement direct de la liqueur magnétique à support pétrolier par celle à support aqueux, une désagréable surprise est apparue : la liqueur magnétique se transformait en quelque chose qui ressemblait à de la mayonnaise. L’incompatibilité, insoupçonnée par les utilisateurs, de ces deux liqueurs magnétiques fut mise en évidence, d’où la nécessité de nettoyer entièrement le banc de contrôle par magnétoscopie avant de verser la liqueur magnétique dans le réservoir.

De plus, un encrassement des bancs magnétoscopiques se produisait avec certaines liqueurs magnétiques à support aqueux. Des dépôts gommeux étaient apparus, entre autres sur les épanouissements polaires (fixes et mobiles), qui provoquaient le grippage des organes mobiles.

Outre les soucis concernant la corrosion des pièces, il y avait une autre source de corrosion. En effet, les bancs de contrôle par magnétoscopie de cette époque n’avaient pas été conçus pour les liqueurs magnétiques à support aqueux, et la corrosion des équipements (réservoirs, pompes, canalisations, tuyaux, etc.) était non négligeable. C’est ainsi que des résidus de corrosion avaient été trouvés sur des pièces au poste de contrôle.

Un autre souci est que, tout spécialement dans les environnements chauds, l'eau s'évapore rapidement. Ce phénomène est amplifié par le dégagement de chaleur dû à l'intensité élevée du courant passant dans les pièces et les composants électriques.

Aussi, à cette époque, certaines industries, comme l’aéronautique, très vite revinrent aux liqueurs magnétiques à support pétrolier, après quelques essais décevants.
Depuis, ces liqueurs magnétiques à support aqueux ont été considérablement améliorées. La seule contrainte est un bon dégraissage des pièces à contrôler pour obtenir une bonne mouillabilité. Des équipementiers aéronautiques, ayant obtenu de très bons résultats, utilisent avec satisfaction ces liqueurs magnétiques.
Cependant, des donneurs d’ordre sont encore réticents ; mais nous pouvons espérer que des utilisateurs aéronautiques des liqueurs magnétiques à support aqueux  parviendront à faire évoluer favorablement certaines spécifications.

Un avantage majeur des liqueurs magnétiques à support aqueux, c'est qu'elles sont ininflammables. Nombreux sont les utilisateurs de liqueurs magnétiques à support pétrolier sur les bancs de contrôle par magnétoscopie qui ont vu un incendie démarrer d’un banc, dû à des étincelles électriques. En effet, dans les années 70, certaines liqueurs magnétiques à support pétrolier avaient un point d’éclair (vase clos Pensky-Martens) de l’ordre de 70 °C ou même moins. Au fil des ans, de plus en plus de ces liqueurs magnétiques ont eu un point d’éclair égal ou supérieur à 93 °C ; cela a permis de réduire les risques d’incendie. Notez que plus le point d’éclair est élevé, plus le prix des hydrocarbures pétroliers désaromatisés est élevé.

Cependant, nous voulons attirer l’attention de nos lecteurs sur un autre risque d’incendie.

De nombreux utilisateurs ont l'habitude d'utiliser des chiffons de coton pour essuyer les pièces, ou certaines zones des équipements, soit pour empêcher que trop de liqueur magnétique ne tombe sur le sol, soit pour éliminer soigneusement un excès de liqueur magnétique qui pourrait perturber le contrôle, par exemple.

Lorsqu'ils sont imbibés de pétrole, ces chiffons sont habituellement jetés à la poubelle et entassés tout au long de la journée de travail.

Lorsque l’utilisateur prépare lui-même sa liqueur magnétique à support pétrolier, il peut utiliser, par méconnaissance ou par manque de disponibilité, n’importe quel « pétrole » comme liquide porteur : de l’essence, des hydrocarbures non désaromatisés (par hydrogénation catalytique), du pétrole recyclé ou régénéré qui peut même contenir d’autres contaminants.

C’est la raison pour laquelle il est préférable d’approvisionner des liqueurs magnétiques, y compris les liquides porteurs, auprès des distributeurs agréés des fabricants réputés de produits de magnétoscopie.

De plus, il faut tenir compte de l’entraînement de polluants organiques par les pièces, ces polluants se mélangeant à la liqueur magnétique.

Dans un tel cas, il y a des risques auxquels il faut penser.

Surtout en atmosphère chaude et humide, l’oxydation et l’hydrolyse de ces contaminants organiques pourraient se produire, accrues par des bactéries, qui y trouvent une source de nourriture très intéressante ! Toute oxydation libère de la chaleur. La chaleur augmente la volatilité du pétrole. L'oxydation augmente la température des chiffons. Et ce qui doit arriver, finalement, se produit: un « incendie spontané » démarre dans la poubelle, à la surprise des gens autour qui ne fument pas ! Cela peut même arriver la nuit, quand personne n'est là pour intervenir immédiatement : les conséquences...vous pouvez les imaginer !!!

Que s'est-il produit ? Que faire pour éviter un tel événement ?

À un moment, la température du contenu de la poubelle s’élève jusqu'à la température d'auto-inflammation des chiffons : il y a du pétrole et il y a assez d'oxygène. Pas besoin d'une étincelle ou d'une cigarette !

La mesure de prévention à prendre est très simple : si des chiffons doivent être utilisés, le seul autre « composant » nécessaire à cette ignition est...l'oxygène. Empêcher l'oxygène d'entrer dans la poubelle, et l’incendie ne se produira jamais. Par conséquent, utilisez des poubelles métalliques fermées, et fermez-les tout le temps avec le couvercle, sauf lorsque vous jetez d’autres chiffons à la poubelle. C’est si simple !!!

Parfois, en effet, très souvent, même, plus c’est simple, mieux c'est.

Mis à jour ( Lundi, 13 Janvier 2014 16:01 )