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Ressuage : pression de l'eau dans les cabines de rinçage/lavage : un mythe ?

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Écrit par Administrator
Mardi, 01 Juin 2010 15:46

Juin 2010

De nombreux contrôles en ressuage nécessitent l’utilisation d’eau pour éliminer l’excès de pénétrant en surface, avec ou sans émulsifiant. C’est particulièrement vrai lorsque le ressuage est effectué sur chaînes de ressuage, manuelles ou automatiques.

Dans notre DPCNewsletter N°023(*), vous pouvez lire notre suggestion concernant la définition des termes ‘‘rinçage à l’eau’’ et ‘‘lavage à l’eau’’.

Une exigence constante est la pression de l’eau qui doit être inférieure à une valeur maximale… qui n’est pas toujours la même d’après les différentes spécifications/normes ! Pas si facile lorsqu’un sous-traitant traite des pièces pour différents donneurs d’ordre !

Ci-dessous, vous pouvez trouver certaines valeurs maximales de pression de rinçage/lavage à l’eau relevées dans différentes spécifications aéronautiques qui étayent les termes du précédent paragraphe.

- Pour les pénétrants lavables à l’eau :
• Lavage à l’eau en utilisant seulement de l’eau : 275 kPa ; avec un pistolet air/eau : 172 kPa pour chacun.

- Pour les pénétrants à post-émulsion :
• Rinçage à l’eau en utilisant l’eau seule : 400 kPa ; avec un pistolet air/eau : 200 kPa pour chacun.
• Lavage à l’eau en utilisant seulement de l’eau : 275 kPa ; avec un pistolet air/eau : 172 kPa pour chacun.

Inutile de vous dire que ce point est un vrai bonheur pour n’importe quel auditeur !!!

Le problème est que cette valeur de la pression peut être perçue comme un mythe, bien figé dans les documents, dans les habitudes, dans les esprits, depuis… de nombreuses années… mais c’est un mythe, quoi que vous puissiez en penser !!!

Nous allons vous démontrer que c’est un mythe, et que satisfaire cette exigence ne constitue EN AUCUNE FAÇON une garantie contre tout surlavage de la surface.

Quel est le but de l’opération de lavage ? Elle est supposée éliminer tout l’excès de pénétrant (+ l’émulsifiant, le cas échéant) en surface, ne laissant aucun bruit de fond sur la pièce avant séchage, application du révélateur et examen. Cela concerne le ressuage coloré tout comme le ressuage fluorescent, bien qu’évidemment, en réalité, les installations ou les contrôles utilisant des pénétrants fluorescents sont plus astreints à cette exigence. Si elle est insuffisante, l’action de l’eau laissera un bruit de fond. Si elle est trop rude, cela conduira à un surlavage, c’est-à-dire entraînera une partie ou la totalité du pénétrant hors des discontinuités, affectant donc la sensibilité, tout spécialement dans le cas de l’utilisation d’un révélateur sec.

Aussi, nombreux sont ceux qui croient qu’en respectant les valeurs de pressions stipulées dans les documents, ils mettront toutes les ‘‘chances de leur côté’’.

Juste une petite histoire dans le style ‘‘Surprenant, mais véridique’’.

Il y a de nombreuses années – devons-nous rappeler que, étant des ‘‘gens expérimentés’’, nous avons travaillé pendant longtemps ‘‘sur le terrain’’ auprès des utilisateurs ? – l’un de nous, appelons-le PCD, se trouvait, dans l’usine d’un sous-traitant aéronautique, affairé sur un banc magnétoscopique situé à proximité d’une chaîne de ressuage fluorescent. La jeune femme qui effectuait le contrôle par ressuage hurla soudainement des ‘‘mots forts’’ et appela l’homme avec qui PCD était en train de parler.

- “Monsieur, je n’arrive pas à laver les pièces : lorsque je pulvérise l’eau, toutes les pièces sont projetées. Que puis-je faire ?”

PCD fit quelques pas en direction de la chaîne de ressuage et commença à discuter avec la femme :

- “Dites-moi, qu’est-ce qui vous arrive ?

- ‘‘Voyez, ces pièces (en forme de couronne) sont glissées sur une barre, c’est plutôt pratique pour les immerger toutes en même temps dans la cuve de pénétrant. Mais, lorsque je lave les pièces, elles sont toutes chassées hors de la barre !’’

- ‘‘Quelle pression d’eau utilisez-vous ?’’

- ‘‘Je travaille en fait pour un constructeur de moteurs d’avions et sa procédure exige 1 bar pour l’eau et 1 bar pour l’air’’. (Notez qu’elle aurait dû dire 100 kPa).

- ‘‘Non, la spécification stipule : 1 bar MAX pour chacun ; mais il n’est pas écrit que vous DEVEZ avoir 1 bar pour chacun ! Cette condition ne s’applique que pour les surfaces brutes, difficiles à laver, elle ne s’applique pas à vos pièces qui ont une surface usinée !”

Comme la femme n’était pas convaincue, PCD prit un exemple :

- “Venez-vous travailler avec votre voiture ?’’

- ‘‘Oui.’’

- ‘‘Le code de la route vous permet de rouler à 90 km/h hors agglomération. Vrai ?’’

- ‘’Vrai.’’

- ‘‘Lorsqu’il y a du verglas sur la route, roulez-vous à 90 km/h ?’’

- ‘‘Oh non, je roule très lentement !’’

- ‘‘Très bien ; donc vous ADAPTEZ votre conduite aux conditions de circulation. Vous devez faire exactement la même chose ici : 1 bar + 1 bar n’est qu’un maximum pour des conditions spécifiques. Pour VOS pièces et étant donné le pistolet que vous utilisez, vous devez régler la pression à 0,2 bar pour l’eau et 0,3 bar pour l’air.’’

- ‘‘Mais ça ne marchera pas !’’

- ‘‘Si, ça marchera ! Essayez !’’

Pas vraiment convaincue, elle fit néanmoins ce qui lui avait été suggéré. Et, croyez-le ou non, non seulement les pièces restèrent obstinément sur la barre… mais elles étaient lavées exactement comme il le fallait !

Un autre exemple, dans une usine d’un grand constructeur aéronautique. Un auditeur vérifie l’installation de ressuage – gigantesque. Dans la cabine de lavage, un petit ‘‘pipi de chat’’ sort du pistolet de lavage. Mais l’auditeur regarde le manomètre, qui est 10 mètres en amont. Et, horreur, alors que 3 bar au maximum est impératif, le manomètre indique… 7 bar ! Immédiatement, l’auditeur rédige un ‘‘rapport de non conformité” (un RNC), bien que l’opérateur expérimenté sur la chaîne démontre que le très faible jet d’eau qui sort du pistolet ne peut en aucune façon surlaver la pièce !

Avec ces deux exemples, vous commencez à comprendre ce que signifie la pression de l’eau.

Notre réponse : c’est un MYTHE !

Nous sommes d’accord qu’un moyen quelconque de vérification de l’‘‘efficacité’’ du lavage des pièces DOIT être utilisé. Mais un manomètre N’EST PAS le bon outil !!

Que doit-on donc vérifier ? Et comment ?

L’effet mécanique de l’eau sur la surface

L’action mécanique de l’eau sur la surface est due à une combinaison de certains paramètres :

• La pression de l’eau.

• Le flux d’eau.

• La distance entre la buse de pulvérisation et la pièce.

• L’angle d’ouverture du jet d’eau : le jet est-il très fin ou très ouvert ? C’est un facteur MAJEUR : étant donnés la pression et le flux, l’action MÉCANIQUE du jet d’eau sera très, très différente selon que le jet est très fin ou très ouvert. La vitesse à laquelle les gouttelettes d’eau arrivent sur la surface sera si différente que dans un cas, le surlavage risque de se produire avec un jet fin, et qu’au contraire, avec un jet très ouvert, des conditions satisfaisantes et fiables de lavage seront utilisées. En fait, la meilleure façon est de laver les pièces avec une pluie fine et non des trombes d’eau tropicales ; cette comparaison permet de bien situer les choses.

Évidemment, un manomètre ne convient pas pour cela ! Alors, quoi faire ?

Imaginons une pièce lourde, suffisamment lourde pour qu’elle ne soit pas déplacée par le jet d’eau, ce qui modifierait l’angle entre la surface et le jet d’eau, et donc, l’action mécanique. Cette pièce serait dotée d’un capteur, une sorte de ‘‘jauge de contrainte’’ capable de mesurer la force mécanique même sous des trombes d’eau !!

En utilisant un tel ‘‘mesureur’’, il serait facile d’effectuer des essais en plaçant le capteur à proximité des pièces réelles, dans des conditions réelles : on pourrait ainsi voir quel serait le réglage pour obtenir le niveau approprié de bruit de fond (pas de bruit de fond, un niveau raisonnable ou tout autre niveau), sans faire référence à la pression de l’eau.

Nous deux avons bien conscience qu’il faut tenir compte d’autres paramètres concernant le lavage des pièces : la température de l’eau, la durée du rinçage, la distance buse de pulvérisation-surface, les débits d’air et d’eau et bien d’autres (eau recyclée contenant trop d’agents de surface, eau renfermant trop de calcium, etc.), mais cet article est axé sur le paramètre mythique de la pression de l’eau. Son but est de vous faire réfléchir à deux fois, vous lecteurs, lorsque vous lisez des spécifications… et lorsque vous rédigez les vôtres !

Nous serions heureux de recevoir quelques réactions de la part de nos lecteurs, Niveaux 3, rédacteurs de spécifications, utilisateurs, auditeurs.

Merci par avance de votre contribution.

Référence

(*) Patrick DUBOSC et Pierre CHEMIN, Norme ISO 12706:2009 : des occasions manquées, DPCNewsletter N° 023, Avril 2010, sur notre site Web :
http://www.ressuage-magnetoscopie-penetranttesting-magnetictesting-dpc.info

Mis à jour ( Mardi, 24 Mai 2011 15:56 )