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Facteurs affectant la fluorescence des pénétrants

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Écrit par Administrator
Vendredi, 15 Mars 2013 17:04

Auteurs : Pierre CHEMIN*, Richard LOPEZ**, Patrick DUBOSC***

Avril 2013

1- Introduction

Cet article, qui fait suite à celui(1) que nous avons publié sur notre site Internet, traite des facteurs qui affectent la fluorescence des pénétrants.

Nous utilisons ici la terminologie suivante, comme Bernard Valeur le suggère dans son livre(2) :
• "transfert d’énergie d’excitation" au lieu de "effet en cascade",
• "donneur D" au lieu de "colorant cascadeur" ou de "azurant optique",
• "accepteur A" au lieu de "colorant cascadé", qui est généralement le colorant jaune ou vert-jaune.

2- Facteurs affectant la fluorescence des pénétrants

La fluorescence des pénétrants résulte essentiellement de la présence, dans leur composition, d’un ou plusieurs colorants fluorescents(1). Ces molécules ont une structure aromatique le plus souvent hétérocyclique.

Nous avons identifié, au moins, trois causes possibles de dégradation de la fluorescence des pénétrants :
• Une réaction chimique,
• Une atténuation (de la fluorescence) par la chaleur(3)(13),
• Un pâlissement (de la fluorescence) par les UV(3)(13).

2.1- Réaction chimique


Schématiquement, ces molécules hétérocycliques comportent des liaisons σ et π liant les atomes de carbone et des paires d’électrons non localisés en orbite autour des hétéroatomes, tels que l’oxygène et l’azote.

Si les transitions électroniques dans ces molécules polyatomiques sont affectées, cela causera une réduction de l’intensité de fluorescence du pénétrant sous rayonnement ultraviolet (UV-A). Au final, une inhibition de la fluorescence peut se produire.

Cette situation se produit par exemple lorsque ces molécules se trouvent au contact de certaines substances chimiques, telles que :
• Les acides : acide chromique, acide sulfurique, acide nitrique, acide chlorhydrique, acide fluorhydrique, etc.
• Les peroxydes et, d’une manière générale, tout oxydant, etc.
• Les sels tels que : sels ferriques, fluorures, les permanganates, les persulfates, etc.
• Les bases : hydroxyde de sodium, hydroxyde de potassium, etc.
• Des composés organiques : phénols, crésols, etc.

Toutes ces substances chimiques réagissent plus ou moins fortement sur les colorants et réduisent, ou même "tuent", la fluorescence des pénétrants.

Généralement, une ou plusieurs de ces substances chimiques entrent dans la composition de spécialités chimiques, utilisées avant contrôle par ressuage, telles que : désoxydants, décalaminants (élimination des oxydes formés à haute température), décapants de peintures et des dépôts cokéfiés, agents chimiques de démétallisation, de même que les réactifs d’attaque après élimination des produits de durcissement, les décapants pour élimination du métal qui a flué, etc.

En raison de l’action de ces substances sur l’intensité de la fluorescence, leurs traces résiduelles acides ou basiques doivent être neutralisées. Il est sage de vérifier la neutralisation tant sur la surface humide des pièces que dans l’eau de rinçage à l’aide de papier pH.

Par exemple, après décapage acide, un nettoyage à l’aide d’une solution aqueuse à 10 % de nettoyant extérieur avion, suivi d’un lavage à l’eau, est idéal pour effectuer cette neutralisation.

Enfin, il faut prendre soin d'égoutter tous liquides retenus par les pièces dans les trous borgnes et les surfaces en retrait, etc. également afin d'éviter la contamination du pénétrant.

Néanmoins, comme de l'eau de lavage a cheminé dans les discontinuités, un des soucis majeurs est de la faire S'ÉVAPORER COMPLÈTEMENT PENDANT LE TEMPS DE SÉCHAGE AVANT L’APPLICATION DU PÉNÉTRANT. Le séchage DOIT ÊTRE EFFICACE. De nombreuses expériences montrent qu'une température de séchage comprise entre 105 et 125 °C et une durée de séchage assez longue (souvent supérieure à une heure) dans une étuve ventilée sont requises pour assurer une évaporation complète de l'eau(4).
Certains documents spécifient un séchage éclair à l’eau très chaude. Il semblerait que l’efficacité en soit similaire. Voir le rapport 2004 DOT/FAA/AR-03/73 pour plus de détails(5).

2.2- Atténuation (de la fluorescence) par la chaleur

"En général, une augmentation de température provoque une diminution du rendement quantique de fluorescence et de la durée de vie, parce que les processus non radiatifs liés à l’agitation thermique (collision avec des molécules de solvant, vibrations et rotations intramoléculaires) sont d’autant plus efficaces que la température est élevée" comme l’explique Bernard VALEUR dans son ouvrage(2), dont nous vous recommandons la lecture pour améliorer et approfondir vos connaissances en la matière.

L’atténuation (de la fluorescence) par la chaleur des pénétrants se produit lors du séchage des pièces après lavage à l’eau. Alors que cet effet est inhérent aux procédés de ressuage des Méthodes A, B et D, il peut être minimisé en évitant :
• une température excessive de séchage(6),
• une durée excessive de séchage(6),
• soit les deux combinés.

Jusqu’au milieu des années 80, l’étuve était réglée aux environs de 80 °C et le temps de séchage était compris entre 7 et 10 minutes, quelle que soit la dimension de la pièce. À cette époque, les pénétrants avaient une résistance un peu faible à l’atténuation (de la fluorescence) par la chaleur, alors que le dépassement de la température de consigne(7) de l’étuve n’était pas une préoccupation.

L’un d’entre nous avait fait une conférence(8) traitant de ce phénomène.

À vrai dire, la spécification militaire américaine MIL-I-25135D introduisit de nouvelles exigences supplémentaires. L’une d’elles était la stabilité thermique (clause 3.4.5.4) qui concernait l’évaluation de la résistance des pénétrants aux effets thermiques [atténuation (de la fluorescence) par la chaleur].
Ces nouvelles exigences obligèrent les fabricants de produits de ressuage à concevoir de nouveaux pénétrants car beaucoup de ceux qui existaient sur le marché, à cette époque, ne répondaient pas à cette spécification(6). D’une manière générale, les pénétrants actuels présentent une bien meilleure résistance à l’atténuation (de la fluorescence) par la chaleur que les pénétrants utilisés il y a une trentaine d’années. Une certaine amélioration à la résistance à l’atténuation (de la fluorescence) par la chaleur peut être attribuée à une modification de la composition des pénétrants.

De nouvelles exigences de la spécification de Pratt and Whitney (PWA) de la spécification militaire américaine MIL-I-25135D imposèrent des réductions de la vitesse d’atténuation (de la fluorescence) par la chaleur. Parmi les modifications mises en œuvre, le remplacement des agents de couplage (tels que des esters) précédemment utilisés par des agents de couplage de masse moléculaire plus élevée a été la solution. Cette modification a également réduit le desséchement du pénétrant lors des différentes opérations du ressuage et au poste d’examen. L’atténuation totale (de la fluorescence) par la chaleur est une combinaison de deux effets : l’inhibition de la fluorescence par concentration des fluorophores (résultant de la vaporisation des agents de couplage et des solvants) et la désactivation par des collisions thermiques. La désexcitation non-radiative est réversible lors du refroidissement, tandis que pour le pénétrant fluorescent piégé dans les discontinuités, l’inhibition de la fluorescence par concentration des fluorophores est pratiquement irréversible.

B.C. Graham a écrit "le rendement quantique est souvent affecté par la concentration d'un colorant fluorescent. En général, il diminue lorsque la concentration en colorant augmente. Ce phénomène est appelé inhibition par concentration. Elle limite les possibilités d’accroître la fluorescence d’un pénétrant simplement en mettant de plus en plus de colorant"(9).

L’un de nous (RL) a effectué quelques expériences pour explorer les effets de l’évanouissement (de la fluorescence) par la chaleur et par étuvage. Il nota une réduction de 43-55 % de la luminance des indications (sur fissures de fatigue à faible cycle de 1 mm et de 1,8 mm) après séchage en étuve pendant 60 minutes à 68 °C , par comparaison avec la même luminance des indications de défauts obtenue lorsque les pièces étaient traitées normalement (une durée de séchage de 8 minutes). Ces pièces avaient été refroidies à une température proche de la température ambiante avant d’effectuer des mesures de luminance. Des expériences furent également menées sur du pénétrant protégé de l’exposition à l’air en maintenant cette couche entre deux disques en silice fondue (une situation que l’on ne rencontre pas hors du laboratoire).
Ce produit protégé fut chauffé à 71 °C et maintenu à cette température pendant 5 – 15 minutes. Il trouva que l’intensité de fluorescence variait inversement avec la température et qu’une chute de 13 % de l’intensité de fluorescence se produisait à 71 °C, et que la quasi-totalité de l’intensité de fluorescence était retrouvée après refroidissement à la température ambiante(11).

2.3- Pâlissement (de la fluorescence) par les UV


Le pâlissement (de la fluorescence) par les UV ou le photoblanchiment est un effet non-réversible qui se traduit par une diminution de l’intensité de fluorescence des pénétrants. Lors de l’examen des pièces par ressuage à l’aide d’un pénétrant fluorescent, nous observons que si l’on augmente l’éclairement énergétique UV-A, les indications virent au jaune-vert de plus en plus pâle, puis au blanc-bleuté et finalement au blanc, de sorte que la détection des indications devient de plus en difficile, voire impossible. Le pâlissement (de la fluorescence) par les UV se produit lorsque la molécule de colorant électroniquement excitée réagit avec l’oxygène et le pâlissement est fonction de l’éclairement énergétique UV-A, de la température du pénétrant et du débit d’air(11).

Concernant l’interaction avec l’oxygène, Bernard Valeur considère qu’on peut dire que d'une façon générale, lorsqu'une molécule passe dans un état excité, l'énergie qu'elle a acquise la rend réactive du point de vue chimique. Au lieu de céder son énergie d'excitation par la voie naturelle de désexcitation non radiative et radiative, elle peut mettre en jeu cette énergie dans des réactions d'oxydation, de réduction ou de transfert de proton (acido-basicité). Par exemple, diverses molécules à l'état excité sont des acides beaucoup plus forts ou des bases beaucoup plus fortes qu'à l'état fondamental. Un autre exemple remarquable est la production d'oxygène singulet par les photosensibilisateurs (principe de la thérapie photodynamique).

David J. Lovejoy a fait remarquer que les molécules excitées de l'accepteur A subissent effectivement un blanchiment par réaction avec l'oxygène à l'état excité, laissant apparaître le bleu pâle des matériaux qui émettent un nouveau rayonnement à 440 nm(10).

Dans les pénétrants fluorescents, la concentration en accepteur A est généralement inférieure à celle en donneur D. À partir d’un certain niveau d’éclairement énergétique UV-A, la concentration en accepteur A est insuffisante pour absorber tous les photons émis par le donneur D. Lorsque l’éclairement énergétique UV-A continue d’augmenter, le rapport entre le nombre de photons de lumière blanc-bleue émis par le donneur D et ceux émis par l’accepteur A augmente. Par conséquent, les indications finissent donc par virer au blanc. C’est le phénomène de photoblanchiment.

C'est l’une des justifications de la norme ISO 3059 : 2001, stipulant un éclairement énergétique UV-A maximum de 50 W/m² (5000 µW/cm²) sur la surface des pièces. Cela ne s’applique en fait qu’au ressuage fluorescent, mais comme cette norme couvre le ressuage et la magnétoscopie, cette exigence a été étendue à la magnétoscopie.

Un éclairement énergétique (UV-A) excessif provoque le photoblanchiment, mais il conduit aussi à une diminution de l’indication par rapport au fond. L’un de nous (PD) a effectué des essais en exposant des indications de ressuage à différents niveaux d’éclairement énergétique (UV-A). Les mêmes éprouvettes, nettoyées entre chaque essai, ont d'abord été exposées pendant moins de 1 minute (temps suffisant pour photographier le résultat) à des éclairements énergétiques (UV-A) de 500, 1000, 1500, 2000, 2500, 5000, puis 10 000 µW/cm². L’accepteur A utilisé dans les pénétrants arrive à saturation, alors que l’émission du donneur D continue de croître. Cela conduit à des indications virant au bleuâtre, puis au bleu-blanchâtre et enfin à un aspect blanchâtre, lorsque l’éclairement énergétique (UV-A) augmente. Ces couleurs confèrent un plus faible rapport de contraste avec le fond fluorescent, qui devient de plus en plus visible, en raison de plusieurs facteurs: la surface réfléchit plus de photons de lumière visible, le métal brille, les moindres traces de pénétrant fluorescent qui n’ont pas été éliminées apparaissent blanchâtres bleuâtres. Par conséquent, non seulement les indications ne sont plus vertes, ou jaunes, ou vert-jaune, mais le contraste est diminué.

La nouvelle norme ISO 3059 : 2012 stipule que la valeur maximale de 5000 μW/cm² n’est qu’une recommandation. À notre avis, c’est une erreur : c’est la porte ouverte à des valeurs "délirantes", telles que 70 000 µW/cm² à 38 cm, revendiquées par certains fabricants de sources UV-A qui n’ont aucune compétence en ressuage(12).

Il se peut que, pour certains pénétrants, en raison de l’oxydation des accepteurs A et des donneurs D bon marché, la fluorescence disparaisse au bout de 10 minutes sous UV-A, même avec des éclairements énergétiques "raisonnables", de l’ordre de 2000 à 2500 µW/cm². En effet, les accepteurs A et les donneurs D bon marché sont certainement plus sensibles à l’oxydation que ceux de meilleure qualité. Il est également possible que ces pénétrants "ultra-sensibles" au pâlissement (de la fluorescence) par les UV soient beaucoup moins visibles sous UV-A, dès l’origine, que les pénétrants homologués : ils deviendraient plus rapidement invisibles. Il est de fait que les pénétrants fluorescents "bon marché" sont souvent peu chargés en accepteurs A et donneurs D : c’est une des raisons qui font qu’ils ne peuvent être homologués.

L’un de nous (RL) pose la question : "Étant donné que la fluorescence des produits indicateurs en magnétoscopie est plus faible que celle des pénétrants fluorescents et que la norme ISO 3059 couvre les deux, serait-il acceptable de stipuler des valeurs maximales d’éclairement énergétique différentes (70 000 µW/cm² pour les produits MT, 5000 µW/cm² pour les produits PT) ?"

C’est la raison pour laquelle nous avions proposé ces valeurs dans le projet initial de la norme ISO 3059 et pour laquelle il serait intéressant de reconsidérer cette stipulation.

À ce propos, ni la norme ASTM E1417 – 05 standard, ni la norme ASTM E1444/E1444M-11 ne stipule de valeur maximale pour le rayonnement énergétique UV-A.

Notez que le phénomène de photoblanchiment ne se produit pas si la concentration en donneur D est, de manière significative, inférieure à celle de l’accepteur A. Néanmoins, le résultat est une chute substantielle de l’intensité de fluorescence du pénétrant dans les conditions d’observations normalisées, par rapport à un pénétrant où les concentrations sont équilibrées !

Pour cela, rappelons ici les essais qui ont été effectués et décrits dans un de nos articles(13).
Ces essais ont été effectués à l’aide :
• d’un pénétrant du commerce dans lequel le rapport donneur D/accepteur A était égal à 1,6,
• d’un pénétrant sur-mesure, spécifiquement conçu pour les besoins de ces essais, qui était le même que le pénétrant ci-dessus mais avec une plus faible concentration de donneur D, de sorte que le rapport donneur D/accepteur A était égal à 0,5.

Tout d’abord, nous avons évalué l’intensité de fluorescence des deux pénétrants conformément à l’Annexe A de la norme ISO 3452-2 ou de la norme ASTM E1135. Les résultats furent 88 pour le pénétrant commercial et 60 pour le pénétrant sur-mesure. Ainsi, réduire la quantité de donneur D s’est traduit par une chute de 32 % de l’intensité de fluorescence. Cela entraîne une perte de sensibilité et, par conséquent, une chute de la probabilité de détection. Le rôle-clé du donneur D dans les pénétrants fluorescents est de ce fait établi dans des conditions normalisées d’observation. Inutile de préciser que ce pénétrant sur-mesure ne donnerait pas de résultats satisfaisants.

Ensuite, nous avons constaté que sous éclairement énergétique (UV-A) très élevé, les indications devenaient jaune pâle et moins brillantes avec le pénétrant du commerce, tandis que cela ne se produisait pas avec le pénétrant sur-mesure.

Au- dessus d’un certain niveau d’éclairement énergétique UV-A, nous en concluons que :

• Dans le cas du pénétrant du commerce, la quantité du donneur D est suffisante et optimisée. Les photons de lumière bleue émis par le donneur D sont en excès. Par conséquent, certains d’entre eux sont impliqués dans le transfert d’énergie d’excitation à l’accepteur A jusqu’à sa saturation. Lorsque la saturation est atteinte, les photons en excès causent une émission intense de lumière blanchâtre-bleuâtre, ce qui se traduit par le photoblanchiment des indications.

• Dans le cas du pénétrant sur-mesure, la concentration du donneur D est trop faible et non optimisée pour générer une valeur appropriée d’intensité de fluorescence. Les photons lumière bleue émis par le donneur D sont impliqués majoritairement dans le transfert de l’énergie d’excitation à l’accepteur A. Par conséquent, la luminance bleue est faible.

Le tableau comparatif suivant résume les caractéristiques de ces deux pénétrants.

Paramètres Pénétrant commercial Pénétrant sur-mesure
Résultats sous éclairement énergétique UV-A élevé
Concentration du donneur D Suffisante et optimisée pour obtenir une valeur appropriée d’intensité de fluorescence Trop faible et non optimisée pour obtenir une valeur appropriée d’intensité de fluorescence
Implication des photons de lumière bleue • En partie dans le transfert d’énergie d’excitation à l’accepteur A
• En partie pour l’émission de lumière blanchâtre-bleuâtre
Majoritairement dans le transfert d’excitation d’énergie à l’accepteur A
Luminance blanchâtre-bleuâtre Élevée Faible
Indications allant du vert au blanc, selon l’éclairement énergétique UV-A Oui Non
Pâlissement (de la fluorescence) par les UV Oui Non

Par ailleurs, il est important de signaler qu’un éclairement énergétique (UV-A) très élevé pourrait endommager, par photolyse, les liaisons π dans les molécules du donneur D et de l’accepteur A. Cette dégradation photochimique entraîne une chute considérable de l’intensité de fluorescence, d’où notre réticence à la suppression de la valeur maximale de 5000 µW/cm² pour le ressuage fluorescent.

Notez également que la lumière bleue actinique, centrée sur la longueur d’onde de 450 nm, est utilisée pour exciter les colorants des pénétrants fluorescents. Bien que la lumière bleue actinique n’excite pas le donneur D, l’apparition du phénomène de pâlissement est plus tardive. Cela est dû à l’énergie photonique qui est inversement proportionnelle à la longueur d’onde d’émission de la source. Entre deux sources, l’une émettant à 365 nm et l’autre à 450 nm, le rapport d’énergie photonique est de 365/450 = 81 %.

3- Un autre facteur

Des colorants non fluorescents provoquent généralement l’inhibition de la fluorescence des pénétrants fluorescents. En effet, lorsque le spectre d’absorption du colorant non fluorescent recouvre le spectre de fluorescence du pénétrant, un transfert de l’énergie d’excitation peut alors avoir lieu du pénétrant au colorant sans émission de photons.
Veuillez vous reporter au chapitre 7 intitulé "Produits de ressuage fluorescent inverse" de notre DPCNewsletter N° 017(14).

Ce phénomène se produit également lorsqu’un ressuage fluorescent est effectué après un ressuage coloré et que des traces de pénétrant coloré subsistent dans les discontinuités.

La concentration en colorant rouge des pénétrants colorés est nettement plus élevée que celle en colorants dans les pénétrants fluorescents.

D’où la recommandation de ne pas effectuer de ressuage coloré avant un ressuage fluorescent.

4- Conclusion

Les facteurs physico-chimiques de la dégradation de la fluorescence des pénétrants, dont nous venons de parler, nous permettent de mieux comprendre certaines des précautions à observer lors de la mise en œuvre du ressuage fluorescent.

Remerciements : Nous tenons à remercier vivement Bernard VALEUR**** qui nous a apporté les compléments d’information et les explications nécessaires à la compréhension des phénomènes mis en jeu. Nous tenons également à le remercier pour sa relecture critique de notre manuscrit.


* Membre du Conseil d'Administration de la Confédération Française pour les Essais Non Destructifs (COFREND).

** Senior Materials Engineer (ndlr : Ingénieur Principal des Matériaux)
John Deere – Moline Technology Innovation Center
Moline, Illinois États- Unis d’Amérique.

*** Consultant en CND. Traducteur indépendant français>anglais/anglais>français. Enquêteur sur les accidents.

**** Physico-chimiste, Professeur émérite du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) de Paris.

Références

(1) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Les colorants et les pénétrants fluorescents, août 2012 : sur notre site Internet.

(2) Bernard VALEUR, Mário Nuno BERBERAN-SANTOS, Molecular fluorescence, Principles and Applications (ndlr : Fluorescence Moléculaire, Principes et Applications), 2nd Edition, April 2012, ISBN-10: 3-527-32837-8, ISBN-13: 978-3-527-32837-6, Wiley-VCH Verlag GmbH & Co. KGaA, Boschstraße 12, D-69469 Weinheim (Allemagne) : sur cette page Internet.

(3) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Lexique PT : sur notre site Internet.

(4 ) Patrick DUBOSC et Pierre CHEMIN, Ressuage : nettoyage des éprouvettes/pièces, DPCNewsletter N° 010, mars 2009 : sur notre site Internet.

(5) Rick Lopez, Lisa Brasche et David Eisenmann, Research in Fluorescent Penetrant Examination (ndlr : Recherche en Examen par Ressuage Fluorescent), Center for Nondestructive Evaluation Iowa State University, CASR (FAA Center for Aviation Systems Reliability), Three Rivers Technical Conference, États-Unis d’Amérique, 6 août 2008 : sur cette page Internet.

(6) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Les spécifications qui ont changé les produits de ressuage, août 2008 : sur notre site Internet.

(7) Patrick DUBOSC et Pierre CHEMIN, Définitions suggérées de certains termes de ressuage  omis dans la norme ISO 12706:2009, août 2010 : sur notre site Internet.

(8) Pierre CHEMIN, Thermal effects in Penetrant Testing processes (ndlr : Effets thermiques dans les procédés de contrôle par ressuage fluorescent). Deuxième Conférence Européenne sur les Essais Non Destructifs, Salle des Cérémonies (Zeremoniensaal) du palais impérial de la Hofburg, Vienne (Autriche), 14-16 septembre 1981.

(9) Graham, B.C., Mechanisms Contributing to Fluorescence and Visibility of Penetrants (ndlr : Mécanismes Contribuant à la Fluorescence et à la Visibilité des Pénétrants), Proceedings of the Fifth International Conference on Nondestructive Testing (ndlr : Actes de la Cinquième Conférence Internationale sur les Essais Non Destructifs) [Montréal, Canada], May 1967, pp 225-233.

(10) D. J. LOVEJOY, The Importance of the Physical Nature of Fluorescence in Penetrant Testing (ndlr : L’Importance de la Nature Physique de la Fluorescence en Ressuage), Reliability in Non-Destructive Testing (ndlr : Fiabilité en Essais Non Destructifs), Proceeding of the 27 th Annual British Conference on Non-Destructive Testing (ndlr : Actes de la 27ième Conférence Annuelle Britannique en Essais Non Destructifs) [Portsmouth, Royaune-Uni, Septembre 1988], Londres (Royaume-Uni) : Pergamon Press: p 483-491.

(11) Lopez, R.D., UVA-Induced Fade of Penetrant and FPI Indications, Review of Progress in Quantitative Nondestructive Evaluation [ndlr : Pâlissement (de la Fluorescence) du Pénétrant et des indications de Ressuage Fluorescent Induit par les UV-A, État d’Avancement de l’Évaluation Quantitative Non Destructive], Vol. 25A, ed. by D. O. Thompson and D. E. Chimenti, AIP Conference Proceedings (ndlr : Actes de la Conférence de l’Institut Américain de Physique), 2006, pp. 590–597 : sur cette page Internet.

(12) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Conditions d’observation : des évolutions opposées, Éditorial, avril/mai 2012 : sur notre site Internet.

(13) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Les pénétrants du futur, DPCNewsletter N° 019, décembre 2009, document réécrit et actualisé en novembre 2012 : sur notre site Internet.

(14) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Produits spéciaux pour le ressuage, DPCNewsletter N° 017, octobre 2009 : sur notre site Internet.

Références normatives

• Spécification militaire américaine MIL-I-25135D, Inspection Materials, Penetrants, 24 juin 1984.

• ISO 3059:2001 Essais non destructifs -- Essai par ressuage et essai par magnétoscopie -- Conditions d'observation, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2001.

• ISO 3059:2012 Essais non destructifs -- Essai par ressuage et essai par magnétoscopie -- Conditions d'observation, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2012.

• ISO 3452-2:2006 Essais non destructifs -- Examen par ressuage -- Partie 2: Essai des produits de ressuage, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2006.

• ASTM E1417 - 05: Standard Practice for Liquid Penetrant Testing, ASTM International, 100 Barr Harbor Drive, PO Box C700, West Conshohocken, PA, 19428-2959, USA, États-Unis d’Amérique.

• ASTM E1444/E1444M-11: Standard Practice for Magnetic Particle Testing, ASTM International, 100 Barr Harbor Drive, PO Box C700, West Conshohocken, PA, 19428-2959, États-Unis d’Amérique, 2011

• ASTM E1135 - 97(2008)e1 Standard Test Method for Comparing the Brightness of Fluorescent Penetrants, ASTM International, 100 Barr Harbor Drive, PO Box C700, West Conshohocken, PA, 19428-2959, États-Unis d’Amérique, 2008.

Mis à jour ( Samedi, 16 Mars 2013 15:18 )