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Les lampes UV-A pour le ressuage et la magnétoscopie

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Écrit par Administrator
Samedi, 15 Juin 2013 15:31

Juillet 2013

Le rayonnement ultraviolet UV-A, centré à peu près sur la longueur d’onde de 365 nm, est utilisé pour exciter les colorants des pénétrants fluorescents(1) et les pigments des produits indicateurs fluorescents en magnétoscopie.

Cet article traite des ampoules à vapeur de mercure, des ampoules à décharge µ-xénon et des diodes électroluminescentes (DEL) dont les durées de vie sont différentes. Les durées de vie indiquées par les fabricants ne sont que des valeurs indicatives qui ne doivent pas être considérées comme garanties.

1- Ampoule à vapeur de mercure

La lampe de rayonnement UV-A utilisée dès 1940(2) pour examiner les indications fluorescentes de discontinuités a été la lampe UV-A manuelle dotée d’une ampoule à vapeur de mercure et d’un filtre séparé en verre de Wood.

Les ampoules UV-A 125 W sont évoquées dans l’un de nos articles(3).

Ampoule UV-A 125 W

Elles étaient placées au foyer du réflecteur parabolique en aluminium poli ou martelé de la torche de la lampe UV-A.

Elles présentaient des inconvénients majeurs de sorte que leur utilisation est interdite depuis le milieu des années 90 en ressuage et magnétoscopie.
Elles ont été avantageusement remplacées par les ampoules UV-A 100 W.

Lampe manuelle UV-A et son bloc d’alimentation

À gauche : filtre séparé en verre de Wood.
À droite : ampoule UV-A 100 W dotée de son réflecteur incorporé.

Ces lampes UV-A présentent plusieurs inconvénients :
• leur poids, en particulier celui de leur bloc d’alimentation,
• leur volume et leur dimension rendant difficile, voire impossible, l’examen de certains trous borgnes et surfaces en retrait,
• leur température élevée de fonctionnement, et donc leur consommation électrique, nécessitant de les brancher à une source d’alimentation électrique de 110/230 V,
• leur long délai pour atteindre leur pleine puissance (5 à 10 minutes).

Pendant des décennies, ce fut la seule lampe UV-A. En cours d’utilisation, la température à la surface du filtre et des surfaces métalliques de la torche de telles lampes est bien supérieure à100 °C. Toucher le filtre ou la surface métallique portés à une telle température sans protéger l’épiderme provoque de désagréables brûlures. L’un de nous se souvient d’un contrôleur qui, en examinant de trop près une indication de discontinuité, se brûla le visage.

En 1995(2), apparurent les lampes UV-A manuelles dotées d’un ventilateur de refroidissement, qui permirent d’abaisser la température du filtre à moins de 75 °C et celle de l’enveloppe métallique de la torche à moins de 30 °C. Ainsi, le risque de se brûler était virtuellement nul.
Elles fournissaient un éclairement énergétique UV-A de 2000-5000 µW/cm² à une distance de 38 cm.
Néanmoins, ce ventilateur suscita une certaine polémique car il y avait deux types de ventilateurs :
• L’un qui aspirait l’air de l’arrière de la torche et le soufflait vers l’avant,
• L’autre qui aspirait l’air de l’avant de la torche et le soufflait vers l’arrière.

Chaque fabricant/fournisseur de ces lampes UV-A défendait son concept. Les uns affirmaient que souffler l’air vers l’avant était susceptible de perturber la couche mince de révélateur sec et de faire disparaître en même temps certaines indications de discontinuités. Les autres pensaient qu’aspirer l’air envoyait de l’air chaud vers le contrôleur et des particules de révélateur sec sur la surface interne des filtres et, par conséquent, réduisait l’éclairement énergétique UV-A, d’où la nécessité de démonter assez souvent le filtre pour le nettoyer. Pour certaines lampes UV-A, ce démontage n’était pas très facile.

Notez que les tubes luminescents UV-A (improprement appelés "tubes néon") ne sont ni conçus ni recommandés pour cette tâche de lecture des indications : ils peuvent être tout au plus utilisés pour l'éclairage d’ambiance des cabines d’examen(4).

De plus, ces lampes UV-A présentent un autre inconvénient : leurs ampoules renferment une petite quantité de mercure qui s’échappe dans l’atmosphère si elles sont cassées. Nous avons déjà signalé les risques du mercure envers la faune et les êtres humains(5).
Le mercure a été désigné par de nombreux organismes de réglementation comme une substance toxique qui peut causer des dommages au système nerveux central, aux reins et au foie. Dans certains pays, la vente de produits contenant du mercure peut être interdite par la loi.
C’est pourquoi, tout du moins en France, les thermomètres à mercure sont interdits.

Les ampoules à vapeur de mercure allaient-elles également interdites ? Cela conduisit à rechercher d’autres lampes UV-A.

2- Ampoule à décharge µ-xénon

En 1998(2), les lampes UV-A manuelles dotées d’ampoules à décharge µ-xénon (également appelées ampoules D2 au xénon) furent commercialisées : la panacée ?

Certains vendeurs d’équipements CND affirmaient que l’utilisation de ces lampes manuelles résoudrait le problème, mais elles contenaient une faible quantité (210 µg) de mercure(5).

Ampoule à décharge µ-xénon

Deux modèles étaient disponibles : l’un fonctionnant sur une source d’alimentation 110/230 V, l’autre alimenté sur batterie. La consommation de ces ampoules est plus faible et elles chauffent moins : pas besoin de ventilateur de refroidissement. Les lampes alimentées sur batterie ont permis d’effectuer des contrôles sous rayonnement UV-A dans des zones difficiles d’accès. Ces lampes, dont certaines étaient dotées d’une torche de faible dimension, pouvaient être mises dans un caisson étanche à l’eau pour effectuer des contrôles MT subaquatiques(6) avec une fenêtre en quartz qui laisse passer le rayonnement UV-A. Le quartz est utilisé au lieu du verre, car le verre tend à absorber le rayonnement UV-A sous forte épaisseur. Ce fut une réelle percée car les lampes UV-A dotées d’ampoule à vapeur de mercure nécessitaient une source d’alimentation 110/230 V et un système de refroidissement de l’ampoule par circulation d’air, ce qui rendait le matériel lourd et cher.

Les ampoules à décharge µ-xénon atteignent rapidement leur pleine puissance (en 35 secondes ou même moins d’une seconde), leur pression interne augmentant de 0,7 à 4 MPa. Le rallumage à chaud de l’ampoule est possible à tout moment en moins d’une seconde. Elles ne sont pas affectées par les champs magnétiques (jusqu’à 6000 A/m, parfois 10 000 A/m).
Leur durée de vie est sensée être beaucoup plus longue que celle des ampoules à vapeur de mercure.
En fait, ces ampoules de 35 W (elles consomment effectivement environ 1/3 de la puissance des ampoules de 100 W) présentent un défaut MAJEUR. Comme elles sont très petites, comme une grande partie de la puissance est dissipée sous forme de chaleur (comme pour les ampoules de 100 W), l’ampoule elle-même chauffe énormément. Les premières ampoules à xénon ont été utilisées pour les phares de voiture (pour l’utilisation en phare, pas en code). Ces ampoules servaient donc très peu (il est assez rare, maintenant, de pouvoir rouler longtemps "pleins phares" : il y a très souvent des véhicules en face, et on doit donc rouler la majeure partie du temps en codes).
En revanche, les ampoules à xénon utilisées en contrôle non destructif, ressuage ou magnétoscopie, restent allumées 8 heures, voire seize heures par jour [les utilisateurs gardaient l’habitude de laisser les lampes UV allumées, puisque, pendant des décennies, c’est ce qu’il fallait faire avec les lampes à vapeur de mercure (la raison était que les allumer et les éteindre très souvent réduisait considérablement leur durée de vie). Le coût de la consommation supplémentaire d'électricité était faible comparé au coût du remplacement de l’ampoule].
L’un d’entre nous eut alors la surprise de constater que ces lampes "perdaient  de la puissance" de façon notable en deux semaines : l’émission UV-A était très nettement affaiblie. Ce phénomène se produisait même avec des ampoules toutes neuves. Évidemment, ce n’était pas un défaut de l’ampoule, mais quelque chose de plus complexe.
À la même époque, un grand fabricant allemand de voitures réputées s’est heurté à des réclamations des premiers clients qui avaient eu des phares au xénon : ces phares n’éclairaient plus que très peu !
Ce qui se passait a été facile à comprendre : il suffisait de regarder les ampoules pour voir qu’au lieu que le quartz soit transparent, il ressemblait à du verre dépoli, à peine translucide. En fait, sous l’effet de températures très élevées pendant de nombreuses heures, sans doute aussi par un effet supplémentaire du rayonnement UV, le quartz…n’était plus à l’état cristallin, mais était passé à l’état amorphe… qui le rendait quasi opaque ! Ce phénomène se produisait en très peu de semaines en cabines UV, dans lesquelles les ampoules restaient allumées pendant 16 heures par jour, 5 à 6 jours par semaine.
Nous osons espérer que les fabricants des ampoules ont trouvé une solution à ce problème.

Quand elle est utilisée dans une lampe UV-A à faisceau étroit avec un angle de diffusion de 3°, cette ampoule fournit  un éclairement énergétique UV-A qui peut dépasser 50 000 µW/cm² à 38 cm. Une telle source UV-A est utilisée pour le ressuage traversant(7), mais elle ne peut pas être utilisée pour observer des indications de discontinuités en ressuage fluorescent. En effet, un éclairement énergétique UV-A supérieur à 5000 µW/cm² engendre un pâlissement (de la fluorescence) par les UV(8). Les indications virent au jaune-vert de plus en plus pâle, puis au blanc-bleuté et finalement au blanc, de sorte que la détection des indications devient de plus en difficile, voire impossible(8).

Lorsqu’une lampe UV-A à faisceau large avec un angle de diffusion de 45°, cette ampoule fournit un éclairement énergétique d’environ 3500 µW/cm² mesuré à 38 cm ; par conséquent, elle convient pour le ressuage fluorescent.

Certaines de ces lampes sont munies d’un dispositif de focalisation pour régler le diamètre du faisceau sur la surface à contrôler ; cela semble être le meilleur choix.
Cependant, cette réponse doit être nuancée, car les lampes à faisceau étroit peuvent être plus appropriées pour examiner des petites zones (de l'ordre de quelques dizaines de cm²), tandis que ceux à faisceau large sont mieux adaptées pour examiner des zones plus grandes (par exemple : de l'ordre de quelques dizaines de dm²). De plus, les réflecteurs paraboliques focalisés peuvent générer des zones mortes lorsque la lampe est tenue trop près de la surface à contrôler.

3- Diode électroluminescente (DEL)

À partir de 2004(2), les lampes UV-A dotées de diodes électroluminescentes (DEL) furent commercialisées.

Une des premières lampes UV-A à DEL en Europe

Les DEL ont permis de révolutionner les lampes UV-A car elles présentent les avantages suivants :
• Très petite dimension permettant d’effectuer des examens dans des zones difficiles d’accès ou même dans des trous (en utilisant des endoscopes UV-A)(9),
• Poids très faible,
• Portable: alimentation sur batterie,
• Température de fonctionnement très faible,
• Éclairement énergétique UV-A émis très élevé : de 3000 à 12 000 μW/cm2 à 38 cm,
• Consommation d’énergie électrique très faible,
• Bien adaptée aux contrôles sur sites,
• Bonne résistance aux chocs et aux vibrations.
• Très longue durée de vie. Nous avons coutume de dire que quelqu’un débutant aujourd’hui dans le monde du PT/MT équipé d'une lampe UV-A DEL partira en retraite avec les mêmes DEL qui fonctionnent encore même après 42 ou 43 ans !!(10).
Cependant des DEL peuvent aussi flancher, souvent à cause de surchauffe et, conduire à des pannes de circuit,
• Sécurité : fonctionnement à basse tension,
• Pleine puissance dès l’allumage et redémarrage immédiat possible à tout moment,
• Faible coût,
• Etc.

Cependant, elles présentent certains inconvénients :
• Leur spectre d’émission est beaucoup plus large que celui des ampoules à vapeur de mercure. Cependant, cela peut devenir un avantage lors de l’excitation des pigments magnétiques fluorescents dont le spectre d’absorption n’est pas centré sur la longueur d’onde de 365 nm(11),
• Tout comme les lampes dotées d’ampoule à décharge µ-xénon, elles émettent un éclairement lumineux (lumière visible) supérieur à celles dotées d’ampoules à vapeur de mercure. Cependant, certaines de ces lampes sont munies d’un filtre en verre de Wood et elles émettent considérablement moins de lumière visible que les ampoules à vapeur de mercure.

Avec certaines lampes, une "zone morte" foncée peut apparaître au centre du faisceau lorsque les réflecteurs paraboliques réglables sont utilisés et que le filtre est ajusté en positon faisceau large(11). C’est peut-être une des causes qui conduirait certains donneurs d’ordre à interdire l’utilisation des DEL.

De nos jours, de nombreuses lampes UV-A à DEL sont commercialisées. Elles peuvent être :
• À une ou plusieurs DEL,
• Avec ou sans filtre,
• À réflecteur à faisceau étroit, intermédiaire, large ou réglable,
• Alimentées sur 110/230 V alternatif ou sur batterie, selon le besoin.

La première question qui se pose est de savoir si tous ces projecteurs satisfont aux exigences des contrôles par ressuage et/ou par magnétoscopie.
Une fois de plus, nous recommandons de faire confiance aux fournisseurs compétents de produits de ressuage/magnétoscopie qui vous conseilleront, en fonction de vos propres besoins. Bien souvent, ils sont également en mesure de vous fournir la lampe appropriée.
Des plafonniers à DEL existent, permettant de réduire considérablement la diffusion de chaleur dans la cabine d’examen et sur le cuir chevelu des contrôleurs par rapport aux autres lampes.

Comme pour les lampes UV-A dotées d’une ampoule à vapeur de mercure ou d’une ampoule à décharge µ-xénon, nous considérons que le filtre est indispensable pour des contrôles par ressuage et magnétoscopie.
Dans tous les cas, le port de lunettes de sécurité anti-UV est indispensable pour éviter le phénomène de vision trouble.
La vision trouble est un résultat de l'émission dans la bande des longueurs d’onde comprises entre 380 et 430 nm, gamme souvent générée par les lampes à DEL.
L'éclairement énergétique des lampes alimentées sur batterie se dégrade lors de la décharge de la batterie, à moins un circuit de courant constant soit incorporer dès la conception. En conséquence, la mesure de l’éclairement énergétique doit être effectuée à intervalles réguliers. Au minimum, au début et à la fin de chaque de contrôle.

Par conséquent, nous pensons que toutes ces lampes devraient être fournies avec un indicateur clignotant ou une alarme sonore qui s'activent lorsque la charge de la batterie descend en dessous d'une valeur minimale nécessaire pour obtenir l'éclairement énergétique UV-A requis(11).

De nouvelles lampes UV-A réglables, à base de DEL, sont disponibles. Leur éclairement lumineux et/ou l’éclairement énergétique sont alors régulés par courant pulsé. Ce concept permet de réduire la consommation des DEL.

On les appelle diodes électroluminescences DEL à gradateur. Ces DEL posent donc un problème de mesure de l’éclairement lumineux et/ou de l’éclairement énergétique avec les radiomètres/luxmètres actuellement disponibles.

En effet, les fréquences d’acquisition de ces mesureurs sont beaucoup plus basses (de l’ordre d’une dizaine de hertz ou moins) que celles d’autres instruments de mesure, tels que les mesureurs de champ magnétique tangentiel (généralement de l’ordre d'une dizaine de kilohertz).

Il est facile de comprendre que la mesure d'un effet physique pulsé (comme l’éclairement énergétique d’une lampe UV-A pulsée) avec un mesureur qui échantillonne l’effet plusieurs fois par seconde peut conduire à des problèmes importants de répétabilité des valeurs de l’éclairement énergétique et de l’éclairement lumineux.
Lorsque l’on utilise du courant pulsé, il faudrait connaître le temps minimum d'intégration de la photodiode, une caractéristique donnée de chaque photodiode, mais qui dépend aussi du circuit RLC sur lequel elle est branchée.

Le problème principal est que les valeurs affichées sont inférieures aux valeurs réelles : par conséquent, nous pouvons imaginer que la valeur réelle atteigne des valeurs crêtes qui ne peuvent pas s’afficher. Cependant, ce souci peut être contrebalancé par le fait que, si le courant est légèrement pulsé, cela signifie que la lampe est proche de sa puissance maximale. Alors, l'émission est plus constante, et la valeur affichée est plus proche de la réalité.

Cela est un souci en ressuage fluorescent car la norme ISO 3059 :
• Stipule un minimum et recommande un maximum pour l’éclairement énergétique UV-A,
• Stipule un maximum pour l’éclairement lumineux dû à la lumière visible pendant l’examen sous rayonnement UV-A.

Notez que la norme ASTM E1417/E1417M–11ε1 ne stipule pas de valeur maximale pour l’éclairement énergétique.

En magnétoscopie fluorescente, une valeur maximale de l’éclairement énergétique UV-A n’est pas techniquement requise car, à notre connaissance, le transfert d’énergie d’excitation (effet en cascade) ne se produit pas avec les pigments fluorescents utilisés. Donc, il n’y aurait aucun risque de phénomène de pâlissement (de la fluorescence dû aux UV).

Dans ces conditions, l'utilisation de telles lampes UV-A à DEL, régulées par courant pulsé, n'est pas recommandée, car les luxmètres, radiomètres, combinés radiomètres/luxmètres actuels ne sont pas appropriés pour vérifier les conditions d’observation.
Une autre préoccupation : les sources à gradateur pourraient faciliter le réglage, par le contrôleur, à la pleine puissance lors de la mesure de l'éclairement énergétique, en obtenant ainsi la valeur requise, puis la réduction de cette valeur, tout en gardant la même distance, peut-être en-dessous de la valeur minimale requise. L'un de nous a déjà vu un fait semblable, il y a plusieurs années, quand un contrôleur avait mesuré l’éclairement énergétique de sa lampe UV-A à la distance requise de 38 cm, enregistré que la valeur minimale requise dans la cabine d’examen (alors 1500 µW/cm²) avait été satisfaite, puis... il avait éloigné la lampe UV-A à une distance de 60 cm. Voyant cela, nous lui avions dit qu'il n'était pas en conformité avec la spécification applicable. Sa réponse avait été claire : "La procédure exige que l'éclairement énergétique soit de 1500 µW/cm² au minimum à 38 cm ; pas que ce soit la valeur lors de l’examen".  Et il avait raison ! Nulle part dans la spécification, il n’était écrit que la valeur minimum de 1500 µW/cm² devait être utilisée pour l'examen ! Quand il fut alerté sur ce point, le rédacteur de la spécification modifia son document… Une lampe à gradateur n'est pas aussi facile à détecter, par un auditeur, qu’une distance. Cependant, des lampes à gradateur peuvent être utiles lorsque l’on effectue un contrôle à une très courte distance de la surface, comme dans des zones difficiles d’accès, par exemple.

4- Le futur

Notez qu’en France et certainement dans bien d’autres pays, les prix de toutes les ampoules à vapeur de mercure, les tubes, les ampoules à décharge µ-xénon, ont augmenté de 5 % jusqu’à 100 %, au cours du troisième trimestre de l’année 2011, selon les modèles.
La Chine contrôle actuellement 97 % de l'approvisionnement mondial en lanthanides (terres rares) utilisés dans les lampes UV-A. À la fin de l'année 2010, le gouvernement chinois a décidé de réduire ses exportations pour limiter la diminution rapide de ses réserves.
Cette réduction des quotas a entraîné immédiatement une hausse des prix considérable. Les prix ont décuplé en un peu moins de cinq mois, et l'impact sur les coûts de fabrication est extrêmement élevé.

La politique de quotas mise en place par l'État chinois va probablement se prolonger dans les années à venir et rend impossible toute prévision sur les fluctuations des coûts des matières premières. En raison de cette situation, les fabricants/fournisseurs ne peuvent plus maintenir leurs prix sur le long terme, et il n'est pas exclu que d'autres augmentations interviennent dans le futur.

Pour briser l’emprise chinoise sur les éléments rares, "le ministère américain de l'Énergie a annoncé qu’une équipe dirigée par le Laboratoire Ames à Ames, dans l'Iowa, a été sélectionnée pour une attribution allant jusqu'à 120 millions de dollars sur cinq ans, pour créer un Centre d'Innovation de l'Énergie qui permettra d'élaborer des solutions aux pénuries intérieures de terres rares et d'autres matériaux critiques pour la sécurité énergétique américaine. Le nouveau centre de recherche, qui sera nommé Critical Materials Institute (CMI), réunira des chercheurs du milieu universitaire, de quatre Départements des laboratoires nationaux de l'Énergie, ainsi que du secteur privé".(14)

En Europe, on peut citer, à titre d'exemple, une usine chimique française qui, depuis septembre 2013 récupère des terres rares (tels que le terbium, l'europium, yttrium, etc.) à partir de vieilles ampoules à basse consommation recyclées.

Compte tenu du développement des DEL et de la tendance à voir leurs prix diminuer (car les cadences de production augmentent, contrôlées par les fabricants chinois), on peut donc légitimement se poser une question : ne vaudrait-il pas la peine de remplacer toutes les ampoules à vapeur de mercure et les ampoules à décharge µ-xénon par des DEL ?

Cela réduirait sensiblement : la consommation d’énergie, la quantité de chaleur dissipée dans les cabines d’examen (donc, la consommation des moyens de ventilation ou de climatisation), les coûts de maintenance (moins d’arrêts pour changer les ampoules), les stocks de pièce de rechange, etc.

L’utilisation d’un éclairage écoénergétique est un autre moyen de réduire la consommation d’énergie, en remplaçant les lampes de rayonnement ultraviolet UV-A dotées d’ampoules à vapeur de mercure ou de xénon par des lampes à diodes électroluminescentes (DEL) pour le ressuage et la magnétoscopie fluorescents(12) (13). C’est certainement la réponse la plus éco-efficace pour les années à venir.

De plus, compte tenu de la probable évolution à venir de la réglementation européenne, il est possible que les ampoules à vapeur de mercure soient interdites dans le futur. Pour de plus amples informations, veuillez-vous reporter à la Directive 2011/65/UE du Parlement Européen et du Conseil du 8 juin 2011.

Remerciements : Nous tenons à remercier vivement Rick LOPEZ*, qui nous a apporté les compléments d’information et pour sa relecture critique de notre manuscrit.

*Senior Materials Engineer (ndlr : Ingénieur Principal des Matériaux), John Deere – Moline Technology Innovation Center, Moline, Illinois, États-Unis d’Amérique.


Références

(1) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Les colorants et les pénétrants fluorescents, août 2012 : sur notre site Internet.

(2) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Historique du ressuage, juin 2008 : sur notre site Internet.

(3) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Un historique de la mesure du rayonnement ultraviolet et de la lumière visible, octobre, novembre et décembre 2008 : sur notre site Internet.

(4) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Historique de la magnétoscopie, juin 2009 : sur notre site Internet.

(5) Patrick DUBOSC et Pierre CHEMIN, Ampoules à vapeur de mercure: évidemment "très dangereuses, car elles renferment du mercure"! Éditorial – Septembre 2009 : sur notre site Internet.

(6) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Magnétoscopie : quelques applications industrielles, janvier 2011: sur notre site Internet.

(7) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Conditions d’observation : des évolutions opposées, Éditorial – avril/mai 2012 : sur notre site Internet.

(8) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Facteurs affectant la fluorescence des pénétrants, septembre 2013 : sur notre site Internet.

(9) Patrick DUBOSC et Pierre CHEMIN, Un niveau plus élevé d’UV-A en cabine peut-il permettre de contrebalancer un niveau élevé de lumière visible ?, Communication présentée lors des Journées COFREND, 24-27 mai 2011, Dunkerque (Nord), France : sur ce site Internet.

(10) Patrick DUBOSC et Pierre CHEMIN, Examen interne, Éditorial – Juillet 2012 : sur notre site Internet.

(11) New UVA Black Light Technologies: The Challenges and a Path Forward (ndlr : Nouvelles Technologies de Lumière UV-A: Les Défis et une Voie à Suivre), John C. Brausch, Nicholas S. Heider, Air Force Research Laboratory, Wright Patterson AFB, Ohio, Rachel Mattis, Aeronautical Systems Center, Wright Patterson AFB, Ohio, États-Unis d’Amérique.

(12) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Guide des bonnes pratiques en magnétoscopie : une aide pour choisir la technique la mieux adaptée, mars 2012 : sur notre site Internet.

(13) Pierre CHEMIN and Patrick DUBOSC, Guide des bonnes pratiques en ressuage : une aide pour choisir la technique la mieux adaptée, avril/mai 2012 : sur notre site Internet.

(14) The U.S. Department of Energy, AMES Laboratory to lead new research effort to address shortages in rare earth and other critical materials (ndlr : Le Laboratoire AMES mène un nouvel effort de recherche visant à combler les pénuries de terres rares et d'autres matériaux critiques), 9 janvier 2013 : sur ce site Internet.


Références normatives

• ISO 3059:2012 Essais non destructifs -- Essai par ressuage et essai par magnétoscopie -- Conditions d'observation, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2012.

• ASTM E1417/E1417M-11ε1, Standard Practice for Liquid Penetrant Testing, ASTM International, 100 Barr Harbor Drive, PO Box C700, West Conshohocken, PA, 19428-2959, États-Unis d’Amérique, 2011.

• Directive 2011/65/UE du Parlement Européen et du Conseil du 8 juin 2011 relative à la limitation de l’utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques (refonte) (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE).
Journal officiel de l’Union européenne L 174/88 du 1.7.2011: sur ce site Internet.

Mis à jour ( Jeudi, 20 Novembre 2014 13:45 )