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Si vous avez connaissance d'exemples intéressants, n'hésitez pas à nous les adresser. Ils seront décrits sur notre site d’une manière aussi anonyme que ceux qui sont décrits ci-dessus.

L’expérience des uns peut être profitable à tous. De même, toute expérience intéressante lors d'audits peut rendre service: aussi bien les auditeurs, qui, parfois, "en voient de belles", que les audités peuvent nous faire partager leur expérience.

Merci vivement d’avance de votre contribution.

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65 % de chlore = moins de 200 ppm ?

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Écrit par Administrator
Dimanche, 01 Mars 2009 08:00

Quand un produit contenant 65 % de chlore est fourni avec un certificat "moins de  200 ppm’’ (c'est-à-dire moins de 0,02 %)

Dans le document précédent, nous vous avons parlé de l’utilisation du 1,1,1-trichloroéthane (T-111) en remplacement de l'isopropanol dans un révélateur à base de solvant (humide non aqueux). Bien que cette même situation soit maintenant impossible - la production et l’utilisation du T-111 sont interdites depuis des années – l’histoire suivante devrait faire réfléchir les utilisateurs, auditeurs et audités à des cas semblables.

Le fournisseur de l’équipement de pulvérisation électrostatique savait très bien que celui-ci n'était pas acceptable pour pulvériser des produits inflammables dont le point d’éclair en vase clos PENSKY-MARTENS est inférieur à 21°C. Le client fabriquait à cette époque des pièces pour l'industrie nucléaire française.

L'industrie nucléaire française se conforme au code RCC-M (Règles de Conception et de Construction des Matériels Mécaniques des Ilots Nucléaires-REP*) rédigé et édité par l’AFCEN (Association Française pour les règles de Conception, de construction et de surveillance en exploitation des matériels des Chaudières ÉlectroNucléaires) qui a été créée en Octobre 1980 à l'initiative d'ÉLECTRICITÉ de France (EDF) et FRAMATOME (aujourd'hui AREVA NP).

Dans ce Code, un point très important était que tous les produits chimiques utilisés sur les pièces en aciers inoxydables et en titane devaient contenir moins de 200 ppm (0,02 %) de chlore + fluor (de nos jours, le brome a été ajouté : moins de 200 ppm de chlore + fluor + brome).

Une méthode d'analyse est décrite en détail dans ce Code, très différente de celle du Code ASME et des méthodes ASTM.

Quand l’un d'entre nous se rendit à l'usine de l'utilisateur et que lui fut montré l’équipement électrostatique, on lui dit que le fournisseur de ce matériel offrait "un révélateur ininflammable qui satisfaisait aux exigences de l’EDF en ce qui concernait la teneur en chlore".
En qualité d’Ingénieurs chimistes, nous avons expliqué qu’"un solvant volatil ininflammable utilisable pour un révélateur à base de solvant (humide non aqueux) devrait être chloré et que de ce fait la conformité ne pouvait pas être satisfaite".
"Néanmoins ce produit s'évapore très rapidement et nous avons eu la démonstration qu’il est ininflammable".

Nous avons répondu que probablement ce révélateur était à base de T-111 et que sa teneur en chlore était très élevée.

Nous avons demandé à voir les bidons de révélateur. Immédiatement, nous avons montré à l'utilisateur une étiquette verte sur laquelle la phrase "RENFERME DU TRICHLOROETHANE" était facile à voir !
Alors, nous lui avons demandé à voir les certificats.

Pour un non-chimiste, ces certificats pouvaient sembler exacts. La méthode EDF était mentionnée et le résultat était largement inférieur à 200 ppm.

Alors qu’est-ce qui n'allait pas ?

La méthode EDF demandait (et demande toujours) que l’analyse soit effectuée sur le produit À L’ÉTAT DE LIVRAISON, c'est-à-dire SANS AUCUNE ÉVAPORATION comme le demande la méthode ASTM. Sur le certificat, une petite phrase était écrite : "La procédure référencée D.5713/DJX/RB 90 0295/Indice 1 de l’EDF a été utilisée sur le résidu après évaporation de 100 grammes du produit xyz et le résultat de l’analyse de la teneur en chlore + fluor étant inférieur à 200 ppm, le produit xyz satisfait aux exigences du Code RCC-M".

Ces certificats étaient signés par... un chimiste, fort bien connu dans le monde du CND à cette époque.

À n'importe quel audité/utilisateur, tout semblait "parfait" ! Un produit ininflammable, volatil, accompagné d’un certificat d'analyse dont les résultats avaient été approuvés par le fournisseur.

À n'importe quel auditeur, tout semblait parfait ! Le certificat était correct, de sorte qu’évidemment le produit ayant une teneur faible en chlore, il pouvait être utilisé sur des pièces nucléaires !

Tout était parfait... sauf que :

Le révélateur contenait en fait 65 % poids/poids (650.000 ppm) de chlore !

L’analyse n’avait PAS été effectuée selon les exigences du Code RCC-M.

La leçon est que les certificats de conformité doivent être soigneusement contrôlés !

(*) REP signifie : réacteur à eau pressurisé.


Dans les années 60, une Société britannique avait pour slogan : À chaque problème de traitement de surface, il y a un produit xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas).

Les Ingénieurs et les Technico-commerciaux de cette Société l’avaient transformé de la façon suivante : ‘‘Avec chaque produit de traitement de surface xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas), il y a un problème.’’


Cette anecdote est ici seulement pour rappeler à chacun que les problèmes rencontrés en atelier peuvent être dus aussi bien aux fournisseurs/fabricants qu’aux utilisateurs.

Notre idée dans ces documents N’EST PAS de viser quiconque, mais au contraire, de porter à votre connaissance quelques cas intéressants qui peuvent vous éviter de refaire les mêmes erreurs lors de contrôle par ressuage (PT) ou par magnétoscopie (MT).

Toutes les mini-histoires que vous lirez sont VRAIES. Nous pensons qu’elles vous seront utiles.
• Premièrement, en tant qu’exemples d'exigences techniques - - ou non techniques - - ou de problèmes particuliers.
• Deuxièmement, pour vous faire voir que les problèmes ne proviennent pas forcément d’où vous pensez qu’ils proviennent.
• Troisièmement, pour que les utilisateurs n’hésitent à demander de l’aide aux personnes (les experts) qui en savent plus.

Mis à jour ( Samedi, 05 Mai 2012 10:55 )