French (Fr)English (United Kingdom)

DPC NEWS : un site d'information sur le ressuage et la magnétoscopie

DPC

Rechercher

VOS CONTRIBUTIONS

Si vous avez connaissance d'exemples intéressants, n'hésitez pas à nous les adresser. Ils seront décrits sur notre site d’une manière aussi anonyme que ceux qui sont décrits ci-dessus.

L’expérience des uns peut être profitable à tous. De même, toute expérience intéressante lors d'audits peut rendre service: aussi bien les auditeurs, qui, parfois, "en voient de belles", que les audités peuvent nous faire partager leur expérience.

Merci vivement d’avance de votre contribution.

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
Visites depuis Avril 2008

Inscrivez-vous

DPCNews


Recevoir du HTML ?

Un client décevant

Imprimer
Envoyer
Écrit par Administrator
Lundi, 01 Juin 2009 09:30

Cet article n'est pas destiné à viser le ‘‘client décevant’’ impliqué dans cette histoire VÉRIDIQUE.

Nous voulons également vous montrer que la méthode de contrôle par ressuage, bien que riche en ‘‘techniques officielles’’ comme les pénétrants colorés/fluorescents, les pénétrants éliminables à l’eau/à post-émulsion, les révélateurs secs ou à base d'eau ou à base de solvant, peut être utilisée de façon non conventionnelle avec succès - le succès technique dans cet exemple, alors que le succès commercial... Allez jusqu’à la fin de l’histoire pour connaître le résultat final !

Dans les années 80, cette société française, filiale d'un conglomérat international, fabriquait et fournissait des soupapes à des constructeurs automobiles européens aussi bien qu'à des fabricants de gros moteurs Diesel. Ces gros moteurs étaient conçus pour des bateaux ou en tant que générateurs d'électricité.

Le problème que nous allons décrire, ci-dessous, concerne des moteurs automobiles.

La chaîne de ressuage était conçue de la façon suivante :
• Les soupapes étaient supposées arriver dégraissées et préparées de manière appropriée avant contrôle par ressuage.
• 200 soupapes environ traitées à la fois.
• Un pénétrant fluorescent éliminable à l’eau de sensibilité Niveau 1 dans une cuve de 1 200 litres.
• Un poste d’attente de 15 minutes.
• Un poste de lavage : avec de nombreuses buses de pulvérisation, TRÈS TRÈS proches de la surface des soupapes périphériques alors que les autres soupapes étaient masquées par celles qui se trouvaient sur le pourtour. Même les soupapes situées sur le pourtour présentaient certaines zones masquées.
• Une pression de 600 kPa (6 bar) pendant 3 minutes avec un débit si élevé qu’une cuve d’eau de 1 200 litres avait dû être installée pour éviter une chute de débit/pression dans le réseau d’eau de l’usine ! Le contenu de la cuve était renouvelé toutes les 12 minutes alors qu’elle était vidée lors des 3 minutes de lavage.
• Un séchage en étuve ‘‘statique’’ (c’est à dire sans ventilation) réglée à 100°C.
• Un révélateur "Sec", si hydraté qu’il arrivait sous forme d’une couche épaisse et collante sur les pièces qui y étaient immergées.

L'ennui : un des plus grands constructeurs automobiles français a commencé à renvoyer, lot après lot, des soupapes sur lesquelles le constructeur automobile trouvait des criques non détectées par le fournisseur. Le fournisseur du pénétrant utilisé alors a été incapable de résoudre le problème.

L’un d'entre nous comprit qu’il y avait ‘‘tout un ensemble’’ de dysfonctionnements. Mais l'utilisateur ne voulait pas changer quoi que ce soit dans l'installation : aucun poste supplémentaire (comme d'habitude dans les ateliers par manque de place), aucun équipement supplémentaire.

Seul un miracle pouvait se produire.

Et un miracle, il en existait un ! Une idée étrange avec beaucoup de modifications à faire sur la chaîne.

En quoi consistaient ces modifications ?
• Remplacement de l’étuve ‘‘statique’’ par une étuve dotée d’un ventilateur permettant de travailler avec une température maximale, plus ‘‘confortable’’ de 70°C (plus acceptable pour les pénétrants fluorescents) et de réduire radicalement le temps de séchage (qui était un goulot d'étranglement).
• Remplacement de la ‘‘cuve de révélateur sec’’ par un compartiment pour brouillard de révélateur sec doté d’un ventilateur à axe vertical en fond de cuve et en utilisant de très faibles quantités de révélateur sec.
• Amélioration de la cabine d’examen en diminuant la lumière visible et en utilisant de meilleures sources UV-A.
• Port de lunettes anti UV-A par les contrôleurs.

Mais tout cela n'a rien d'un miracle ! Nous bien d'accord !

Alors quoi ? L’histoire s'arrête ici ?

Non, non le miracle existe. Une idée étrange confirmée par des essais en laboratoire.

La non-détection était due à :
• Surlavage du pénétrant éliminable à l’eau alors que certaines zones et de nombreuses soupapes présentaient un bruit de fond important.
• Température excessive de l’étuve.
• Très mauvais état du révélateur sec.
• Mauvaises conditions d’observation.

Les trois derniers points avaient été corrigés. Et le premier point : surlavage avec en même temps excès de bruit de fond dans certaines zones ?

La bonne réponse : utiliser un pénétrant fluorescent à post-émulsion de sensibilité Niveau 1... SANS ÉMULSIFIANT. Ne pas modifier les conditions de lavage [en fait la pression a même pu être réduite à 300 kPa (3 bar)]. Ne pas disposer les soupapes dans les ‘‘zones masquées’’. Cela se traduisait par moins de soupapes traitées à la fois, mais du fait que le process était sensiblement accéléré (en raison du poste de séchage plus efficace), la cadence pouvait même être augmentée ! Et toutes les criques étaient détectées !

Comment était-ce possible ? Le pénétrant de sensibilité Niveau 1 était en fait relativement facile à laver sur les surfaces usinées. Les conditions de lavage permettaient l’élimination de presque tout le bruit de fond sur les ‘‘surfaces au dos’’ des soupapes. Et comme c'était un pénétrant à post-émulsion, il était presque impossible de chasser le pénétrant hors des criques puisqu’aucun émulsifiant n’était utilisé.

Ainsi, problème résolu, à un coût minimal. La seule dépense importante était de se débarrasser des 1 200 litres de pénétrant éliminable à l’eau (en fait, il n’en restait plus que 800 litres en cuve, la plus faible quantité requise pour l’immersion complète des pièces) et de payer pour les 1 200 litres du nouveau pénétrant à post-émulsion de sensibilité Niveau 1. C’est vrai, ce n’était pas une modique somme.

Le personnel du laboratoire de l'utilisateur était enthousiaste. On nous annonça 3 semaines au maximum pour recevoir la commande.

Bon, 6 semaines plus tard, aucune commande reçue au courrier (pas d’Internet à cette époque, même les télécopieurs n’en étaient qu’à leur tout début : un monde étrange quand on compare à maintenant !). Les appels téléphoniques étaient rassurants : ‘‘nous sommes sur le point d’envoyer la commande’’.

Trois mois plus tard, nous avons pris le taureau par les cornes et rendu visite à la société. Accueilli par le directeur du laboratoire, nous étions venus pour parler du pénétrant. L'homme nous conduisit à la chaîne et nous avons vu que toutes les modifications que nous avions suggérées avaient été faites... y compris un pénétrant à post-émulsion de sensibilité Niveau 1 qui n'était pas le nôtre !

‘‘À vrai dire, Monsieur, je sens gêné... Nous ne pouvions pas acheter à votre société : en fait, notre fournisseur de pénétrant nous fournit également des inhibiteurs de corrosion et nous avons récemment eu plusieurs milliers de soupapes corrodées. Le fournisseur a consenti à nous fournir des produits chimiques à hauteur du coût impliqué. Donc nous n'avions pas d’autre choix que d'utiliser un pénétrant équivalent à celui que vous aviez testé avec succès. Je suis désolé’’.

Vous pouvez imaginer que cette réaction nous est restée en travers de la gorge ! Et pendant des années !! Quand un utilisateur met 1 200 litres de pénétrant d'une marque dans une cuve, il est enclin à remettre à niveau la cuve avec la même marque pendant longtemps !!

Le concurrent qui n'avait été d'aucune aide pour l'utilisateur a obtenu le marché pendant les 20 années qui ont suivi !

Il y a une leçon technique que vous, lecteurs, utilisateurs de ressuage pouvez tirer de cet exemple. Un fournisseur qui connaît TRÈS BIEN ses produits peut trouver des façons de les utiliser de manière non conventionnelle pour résoudre un problème. À coup sûr, ce cas n’est conforme à aucune procédure acceptée : le lavage d'un pénétrant à post-émulsion sans application préalable d’émulsifiant... imaginez la réaction d’un auditeur !


Dans les années 60, une Société britannique avait pour slogan : À chaque problème de traitement de surface, il y a un produit xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas).

Les Ingénieurs et les Technico-commerciaux de cette Société l’avaient transformé de la façon suivante : ‘‘Avec chaque produit de traitement de surface xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas), il y a un problème.’’


Cette anecdote est ici seulement pour rappeler à chacun que les problèmes rencontrés en atelier peuvent être dus aussi bien aux fournisseurs/fabricants qu’aux utilisateurs.

Notre idée dans ces documents N’EST PAS de viser quiconque, mais au contraire, de porter à votre connaissance quelques cas intéressants qui peuvent vous éviter de refaire les mêmes erreurs lors de contrôle par ressuage (PT) ou par magnétoscopie (MT).

Toutes les mini-histoires que vous lirez sont VRAIES. Nous pensons qu’elles vous seront utiles.
• Premièrement, en tant qu’exemples d'exigences techniques - - ou non techniques - - ou de problèmes particuliers.
• Deuxièmement, pour vous faire voir que les problèmes ne proviennent pas forcément d’où vous pensez qu’ils proviennent.
• Troisièmement, pour que les utilisateurs n’hésitent à demander de l’aide aux personnes (les experts) qui en savent plus.