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Le sauvetage d’une cuve de pénétrant

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Écrit par Administrator
Dimanche, 01 Novembre 2009 12:52

Sauvetage de la plus grande cuve de pénétrant en France de l’époque

À la fin des années 70, un malencontreux incident survint sur la plus grande cuve de pénétrant d’alors chez un constructeur aéronautique en France.

Cela se produisit sur une cuve de 6400 litres de pénétrant fluorescent à post-émulsion inscrit au Groupe V dans la liste des produits homologués conformément à la spécification militaire américaine MIL-I-25135C(1), alors en vigueur. Cette spécification a été remplacée, plus tard, par la SAE-AMS 2644.

Notez que le Groupe V de la spécification MIL-I-25135C, utilisée à cette époque, correspondrait à un pénétrant classé Type 1, Méthode D, sensibilité Niveau 2 dans la spécification SAE-AMS 2644 ou dans la norme ISO 3452-2.

De l’eau avait été introduite par inadvertance dans cette cuve. Le Directeur Assurance Qualité fut immédiatement alerté de cet incident et il en interdit l’utilisation jusqu’à nouvel ordre.

Aucune pièce ne fut vérifiée à l'aide de ce pénétrant "contaminé".

Le Directeur Assurance Qualité se mit en rapport avec les Services Techniques du fabricant/fournisseur.

Deux solutions étaient envisageables :
• Soit le pénétrant "contaminé" devait être remplacé par du pénétrant neuf, une excellente affaire pour le fabricant/fournisseur, mais pas pour le constructeur aéronautique.
• Soit une tentative de sauvetage du bain.

Un échantillon représentatif du pénétrant "contaminé" fut adressé au fabricant/fournisseur qui disposait de chimistes compétents et de laboratoires très bien équipés en matériel scientifique d’analyse.

Les résultats d’analyse furent vite connus et confirmèrent la présence d’eau dans le pénétrant qui était pourtant à post-émulsion. Cela est dû au fait que le pénétrant à post-émulsion est capable d’émulsifier une certaine quantité d’eau en raison de la balance hydrophile/lipophile (HLB) de son système tensioactif.

Des essais, effectués par brassage du pénétrant avec du gel de silice, montrèrent qu’il était possible d’éliminer la quasi-totalité de l’eau.
Les teneurs en chlore, fluor et soufre étaient dans les limites acceptables imposées par le constructeur aéronautique.

Le fabricant/fournisseur fournit des fûts neufs de manière à transvaser la majorité du pénétrant. Ces emballages furent ensuite acheminés chez le fabricant/fournisseur.

Le fond de la cuve fut également récupéré, mais dans des emballages rénovés, puis envoyé à un récupérateur agréé.

Le pénétrant récupéré, contenus dans les fûts neufs, fut mis dans une cuve mélangeuse en inox, puis brassé avec du gel de silice.

Tout se passa comme prévu.

Le pénétrant fut également "rénové", par addition d’une quantité appropriée d’hydrocarbures pétroliers, car à cette époque le point d’éclair en vase clos (Méthode Pensky-Martens) des hydrocarbures pétroliers n’était que de 70°C (au lieu de 93°C minimum, comme requis de nos jours), et de ce fait, une faible perte par évaporation, au cours du temps, se produisait en raison de leur plus basse échelle de distillation, ce qui explique ce besoin de rénovation.
Il faut insister, malgré tout, sur le fait que la rénovation d’un pénétrant à post-émulsion en service est rarement possible et que l’exemple cité ne constitue qu’une exception.

Pour être complet, signalons qu’un pénétrant lavable à l’eau, pollué par de l’eau est ABSOLUMENT irrécupérable.
Rappelons ici que la méthode ASTM E 1417 demande notamment que les pénétrants lavables à l’eau, s’ils sont utilisés en cuves et recyclés, soient soumis à une mesure mensuelle de teneur en eau.
La teneur en eau des pénétrants lavables à l’eau en service et réutilisés doit être inférieure à 5 %.

Bien que la norme EN ISO 9029, de décembre 1995, intitulée "Pétrole brut - Détermination de la teneur en eau - Méthode de distillation" soit mentionnée, la méthode décrite dans la norme EN ISO 12037, de janvier 2001, intitulée "Produits pétroliers-Dosage de l’eau - Méthode de titrage Karl Fischer par coulométrie" est beaucoup plus appropriée aux pénétrants. (2)

Références

(1) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Les spécifications qui ont changé les produits de ressuage, Août 2008, document complété et actualisé en avril 2012 : Sur notre site Internet.

(2) Patrick DUBOSC & Andy BAKEWELL - Water content of waterwashable penetrants- NADCAP NDT - Non-Destructive Testing Newsletter – Juin 2007.

Références normatives

• Military Specification MIL-I-25135C (ASG), Inspection Materials, Penetrants, Amendement du 12 septembre 1979.

• SAE-AMS 2644E: Inspection Material, Penetrant, Society of Automotive Engineers (SAE), 400 Commonwealth Drive, Warrendale, Pennsylvanie 15096, États-Unis d’Amérique, 2006.

• ISO 3452-2:2006 Essais non destructifs -- Examen par ressuage -- Partie 2 : Essai des produits de ressuage, Organisation Internationale de Normalisation, Genève, Suisse, 2006.

• ASTM E1417 - 05: Standard Practice for Liquid Penetrant Testing, ASTM International, 100 Barr Harbor Drive, PO Box C700, West Conshohocken, PA, 19428-2959, États-Unis d’Amérique, 2005.


Dans les années 60, une Société britannique avait pour slogan : À chaque problème de traitement de surface, il y a un produit xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas).

Les Ingénieurs et les Technico-commerciaux de cette Société l’avaient transformé de la façon suivante : ‘‘Avec chaque produit de traitement de surface xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas), il y a un problème.’’


Cette anecdote est ici seulement pour rappeler à chacun que les problèmes rencontrés en atelier peuvent être dus aussi bien aux fournisseurs/fabricants qu’aux utilisateurs.

Notre idée dans ces documents N’EST PAS de viser quiconque, mais au contraire, de porter à votre connaissance quelques cas intéressants qui peuvent vous éviter de refaire les mêmes erreurs lors de contrôle par ressuage (PT) ou par magnétoscopie (MT).

Toutes les mini-histoires que vous lirez sont VRAIES. Nous pensons qu’elles vous seront utiles.
• Premièrement, en tant qu’exemples d'exigences techniques - - ou non techniques - - ou de problèmes particuliers.
• Deuxièmement, pour vous faire voir que les problèmes ne proviennent pas forcément d’où vous pensez qu’ils proviennent.
• Troisièmement, pour que les utilisateurs n’hésitent à demander de l’aide aux personnes (les experts) qui en savent plus.

Mis à jour ( Samedi, 15 Septembre 2012 15:23 )