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Les risques associés à l’utilisation des produits de ressuage "faits maison"

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Écrit par Administrator
Mercredi, 11 Juillet 2012 14:10

Nous avons déjà évoqué l’utilisation(1), au bon vieux temps, de produits de ressuage "faits maison" quand l’hygiène, la sécurité des opérateurs/contrôleurs et la protection de l’environnement n’étaient pas des préoccupations.
Cependant, cette pratique est loin d’avoir disparu.

L’un d’entre nous quand il se souvient d’avoir découvert, dans les années 90, une usine qui utilisait une cuve de pénétrant coloré d’un fournisseur réputé et un révélateur humide non aqueux "fait maison" assez particulier… par immersion dans une cuve sans couvercle !

Utiliser un tel révélateur en trempant les pièces prouve que les opérateurs/contrôleurs étaient ni formés, ni certifiés pour effectuer des contrôles par ressuage. Sans compter évidemment l’encadrement, manifestement pas plus au courant des exigences techniques du contrôle par ressuage (sans même parler du non-respect de conditions élémentaires de sécurité).

Certaines personnes dans cette usine pensaient probablement, à tort, qu’utiliser un tel révélateur de cette manière, les dispensaient d’investir dans un système de captation des vapeurs au point d’émission ou, tout du moins, de ventilation.

Nous ne pouvons pas comprendre pourquoi cette usine achetait un bon pénétrant, donc assez cher, alors qu’elle cherchait à faire une économie substantielle en "fabriquant" son propre révélateur tandis qu’un révélateur du commerce ne coûte pas si cher.

Ce révélateur était constitué d’une suspension de talc dans du méthanol, grâce à un agitateur mécanique.

Il se trouve que le méthanol présente certains risques :
• Toxique par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
• Toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
• Facilement inflammable.
• Gaz/vapeur inflammable à l'air dans limites d'explosivité (6 % - 36 % en volume).

Bien que nous ayons attiré l’attention du contrôleur sur ces risques et lui ayons recommandé d’acheter le révélateur du même fabricant que celui du pénétrant, il n’en tint pas compte.
Par la suite, nous avons appris que ce contrôleur décéda d’un cancer à une quarantaine d’années.

Nous pouvons nous demander si, à cette époque, il y avait un responsable Hygiène et Sécurité.

Une dizaine d’années plus tard, cette même usine vint à utiliser un pénétrant fluorescent à base aqueuse, sans révélateur : la bonne réponse au type de défauts recherchés et le type de pièces considéré.

Nous avons déjà évoqué(2) le cas d’un prétendu "pénétrant" dans lequel un gramme de fuchsine est dilué dans 1 litre d’alcool et d’eau, dont les pourcentages respectifs sont non divulgués, pour détecter des fissures et des porosités sur porcelaine !

Il y a bien d’autres exemples :

• Jusque dans le courant des années 90, utilisation d’un pénétrant coloré "fait maison", fabriqué à partir de… toluène (ou de xylènes) et de décaline (ou de tétraline), avec un peu d’isopropanol, et un colorant rouge… tout cela, sans aucun étiquetage, bien sûr ! Cette formulation a été utilisée dans au moins deux grandes aciéries, à notre connaissance.

• Jusqu’à la fin des années 80, utilisation d’un pénétrant fluorescent (pour pièces de réparation aéronautique), à base de pétrole lampant, d’huile minérale et de "sels fluorescents", achetés chez un grand fournisseur de produits chimiques de laboratoire.
Cet utilisateur traitait les fournisseurs de produits de ressuage de "voleurs", car les pénétrants fluorescents disponibles sur le marché étaient beaucoup plus chers. Et pour cause : les matières premières étaient de meilleure qualité, les produits avait été homologués par de nombreux utilisateurs, et chaque lot subissait une batterie d’essais et d’analyses.
Cette personne, à son grand regret, a dû travailler avec les fournisseurs de produits de ressuage… parce que ce fournisseur de produits chimiques de laboratoire, n’était plus en mesure de fournir de "sels fluorescents" !
On peut demander pourquoi personne ne lui avait interdit d’utiliser ce produit sur des pièces moteur d’avion… Il est vrai que l’Assurance de la Qualité, et les systèmes d’audit, n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui. Comme quoi Assurance de la Qualité et audits ont quand même du bon !

• Dans la même veine, nous pouvons signaler un fabricant de soupapes pour moteurs d’automobiles, de poids lourds et d’engins de travaux publics : il avait mélangé les pénétrants fluorescents de… trois fournisseurs différents. Il changeait de fournisseur quand il trouvait un "produit équivalent" moins cher… et vidait le nouveau pénétrant dans le mélange précédent… jusqu’à ce qu’un jour, le mélange ait "une drôle de tête" : aspect laiteux, mélange très épais… C’est là que ce fabricant appelle au secours… le premier fournisseur (c’est forcément lui le coupable, non ?), qui découvre par hasard la source du problème (on avait omis de lui signaler les mélanges ; c’est en laissant traîner ses yeux autour de la chaîne de ressuage qu’il découvrit des fûts de… deux autres fournisseurs !).

• Autre exemple : une grande entreprise, qui fabrique des pièces de grandes dimensions pour le nucléaire et l’aéronautique.
Des opérateurs se plaignent de nausées, lorsqu’ils utilisent un pénétrant fluorescent de l’un de nous. Ce pénétrant est pulvérisé sur de très grandes pièces.
"Descente" dans les locaux dès le lendemain, avec le premier vol du matin, avec un collègue.

La première réaction de l’utilisateur est… un certain scepticisme :
- "C’est vrai, vous venez de Paris pour nous, alors que nous ne sommes que des opérateurs sur une chaîne de ressuage ?"
- "Oui, les réclamations d’utilisateurs, quel que soit le niveau de ceux qui réclament, sont prises en considération !"

Nous demandons une démonstration.
Premier point : pas de bruit de ventilation. "Oui, l’extraction est en panne depuis quelques jours".
Mais, connaissant nos produits, nous pensons que ce n’est pas le point essentiel qui rend les opérateurs malades.
On discute un peu avec eux, pour comprendre le mode opératoire. Et la lumière se fait… en sentant le pénétrant !
En fait, les contrôleurs utilisent deux pénétrants fluorescents différents, de deux fournisseurs différents, avec un seul pistolet électrostatique.
Notre nez de chimiste a détecté de l’isopropanol ! Quand on dit au responsable que le pénétrant a été dilué avec un solvant, un des contrôleurs laisse tomber une goutte de pénétrant neuf (tiré d’un fût sorti du magasin) sur le sol, à côté d’une goutte de pénétrant utilisé. Même à l’œil nu, la différence est flagrante : le pénétrant "prêt à l’emploi" est très dilué !

- "OK, mais d’où sort cet isopropanol ?"
- "Suivez-moi, je vais vous montrer. Quand les utilisateurs changent de pénétrant, ils rincent le réservoir et les tuyaux/pompe du pistolet avec un solvant, qu’ils extraient de tonnelets de 60 litres de… révélateur à support volatil, utilisé avec des pénétrants colorés, un peu plus loin. Et la "mixture" de rinçage… retourne dans le fut de pénétrant".
Le solvant de ce révélateur de l’isopropanol (d’où la détection à l’odeur, par le nez d’un chimiste !).
Ainsi, les opérateurs pulvérisaient abondamment… de l’isopropanol, dans une zone ventilée ! Pas étonnant qu’ils aient eu des nausées, qu’ils aient même, pour certains, renvoyé leur petit-déjeuner ! Ils étaient quasiment saouls, dès le matin, sans le savoir !

Encore une fois, une enquête sur le terrain, avec les opérateurs, s’est révélé "payante", alors que les questions-réponses au téléphone n’avaient mené à rien. Encore faut-il que "l’auditeur" ait certaines connaissances du procédé mis en œuvre, des produits. Il doit avoir un esprit, regarder autour de lui, ne pas hésiter pas à discuter, non seulement avec les responsables, mais aussi, avec les opérateurs, si possible, en dehors de la présence des responsables… ne pas hésiter à se salir les mains !

Conclusion

On peut espérer que les exigences actuelles et croissantes concernant l’hygiène/sécurité du personnel, concernant la protection de l’environnement, que les systèmes d’Assurance de la Qualité, les audits-qualité, les audits-sécurité, les audits-environnement, permettent d’échapper maintenant à de telles dérives qui, outre leur incidence sur la santé des opérateurs, conduisent aussi à mettre en doute la fiabilité des contrôles.

Oui, on peut l’espérer, dans les pays qui ont mis en place des normes, des règlementations, des campagnes de formation et de sensibilisation de l’ensemble du personnel. Encore que… est-on vraiment à l’abri du pouvoir d’un service achats dirigé par un "chasseur de coûts", une personne qui ne restera que deux ou trois ans maximum, avec pour objectif de réduire le montant des achats de 20 % par an minimum, sans se préoccuper des conséquences à moyen terme ? Les conséquences à moyen terme ? Il s’en fiche, il ne sera plus là, parti "sévir" dans une autre entreprise à laquelle il aura pu "démontrer son savoir-faire"en matière de réduction des coûts d’approvisionnement ! Avec une augmentation substantielle de salaire !

Oui, on peut l’espérer, dans des pays moins "industrialisés", avec une "histoire industrielle" beaucoup plus courte, où "la débrouille" est habituelle, voire "nécessaire". Les normes ? Les produits homologués ? Suivre des procédures ? Mettre en œuvre les moyens adéquats pour protéger les travailleurs ? Seuls, des audits sérieux, fréquents, effectués par des gens compétents (compétents pas seulement en matière de respect des documents, mais compétents, parce qu’ils sauront détecter la "bidouille", la chose cachée) peuvent améliorer les choses.

Ne prenons qu’un seul exemple, en dehors du CND : 80 % des jouets fabriqués dans le monde le sont en Asie. Combien de retraits des marchés européens et américains, parce qu’on a utilisé une peinture au plomb, parce que les yeux de la poupée ou du nounours se détachent à la moindre traction ? La faute à qui ? Disons un gros mot : aux acheteurs de grands groupes qui veulent toujours "du moins cher", sans se préoccuper des méthodes de fabrication, du respect des normes, des conditions de travail des gens. Après tout, les jouets sont livrés avec des certificats de conformité, non ?

Bien sûr, une telle situation ne peut exister en aéronautique, dans le nucléaire, dans les chemins de fer, en automobile… Et pas dans notre milieu du CND.


Références

(1) Pierre CHEMIN et Patrick DUBOSC, Le ressuage en France au bon vieux temps du Rock and Roll, janvier 2012 : sur notre site Internet.

(2) Patrick DUBOSC et Pierre CHEMIN, Un pénétrant complètement nouveau qui nous vient d’Asie ! Courrier des lecteurs, avril 2010 : sur notre site Internet.


Dans les années 60, une Société britannique avait pour slogan : À chaque problème de traitement de surface, il y a un produit xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas).
Les Ingénieurs et les Technico-commerciaux de cette Société l’avaient transformé de la façon suivante : ‘‘Avec chaque produit de traitement de surface xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas), il y a un problème.’’


Cette anecdote est ici seulement pour rappeler à chacun que les problèmes rencontrés en atelier peuvent être dus aussi bien aux fournisseurs/fabricants qu’aux utilisateurs.
Notre idée dans ces documents N’EST PAS de viser quiconque, mais au contraire, de porter à votre connaissance quelques cas intéressants qui peuvent vous éviter de refaire les mêmes erreurs lors de contrôle par ressuage (PT) ou par magnétoscopie (MT).

Toutes les mini-histoires que vous lirez sont VRAIES. Nous pensons qu’elles vous seront utiles.
• Premièrement, en tant qu’exemples d'exigences techniques - ou non techniques - ou de problèmes particuliers.
• Deuxièmement, pour vous faire voir que les problèmes ne proviennent pas forcément d’où vous pensez qu’ils proviennent.
• Troisièmement, pour que les utilisateurs n’hésitent à demander de l’aide aux personnes (les experts) qui en savent plus.

Mis à jour ( Mercredi, 11 Juillet 2012 14:39 )