French (Fr)English (United Kingdom)

DPC NEWS : un site d'information sur le ressuage et la magnétoscopie

DPC

Rechercher

VOS CONTRIBUTIONS

Si vous avez connaissance d'exemples intéressants, n'hésitez pas à nous les adresser. Ils seront décrits sur notre site d’une manière aussi anonyme que ceux qui sont décrits ci-dessus.

L’expérience des uns peut être profitable à tous. De même, toute expérience intéressante lors d'audits peut rendre service: aussi bien les auditeurs, qui, parfois, "en voient de belles", que les audités peuvent nous faire partager leur expérience.

Merci vivement d’avance de votre contribution.

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
Visites depuis Avril 2008

Inscrivez-vous

DPCNews


Recevoir du HTML ?

Odeur, quand tu nous tiens !

Imprimer
Envoyer
Écrit par Administrator
Dimanche, 02 Septembre 2012 08:21

Par expérience -- chacun des auteurs a une expérience de 35 ans en PT/MT/traitement de surface -- nous savons qu’en France les opérateurs se soucient de l’odeur des produits plus que de tout autre effet adverse tel que celui de se salir les mains.
Au Royaume-Uni, les opérateurs préfèrent un produit qui ne tache pas et acceptent plus facilement d’utiliser un produit ayant une "odeur forte".

Cette différence provient-elle du fait que la France est "le pays des parfums" ?

Beaucoup de personnes ont du mal à faire la distinction entre l'odeur et la nocivité et, même la toxicité : "l'odeur est forte", "ça sent mauvais" donc "c'est toxique" !

Devons nous vous rappeler que :
• Le monoxyde de carbone mortel (CO) ne sent rien du tout.
•  Des toilettes malodorantes sont désagréables, même repoussantes, mais aucun produit chimique toxique ou nuisible dans l’air ne peut vous affecter !

Ci-dessous, trois exemples.

Dans les années 90, un fabricant de soupapes utilisait un pénétrant fluorescent à post-émulsion de sensibilité Niveau 2 qui avait une forte odeur de boules de naphtaline. Ce pénétrant était dans une cuve et l’odeur de ce "parfum" s’était répandue dans tout l’atelier. Un additif (appelé un "réodorant") fut même ajouté au pénétrant dans l’espoir – trompeur – de masquer le problème !

Rapidement, le fabricant de soupapes changea de fournisseur !

Le deuxième exemple relève plus de la psychologie.

Un fabricant de très grands panneaux structuraux, ayant jusqu’à 14 mètres de long, pour avion. Pendant au moins 2 décennies, cette usine a utilisé le même pénétrant fluorescent lavable à l’eau de sensibilité Niveau 2 et un révélateur sec, les deux appliqués à l’aide de pistolets de pulvérisation électrostatique.

Le Directeur de la Qualité obtient des informations sur un produit d'un concurrent. Le pénétrant du concurrent est également homologué, sa sensibilité est au moins équivalente. Avantage principal : il est beaucoup plus facile à laver, alors qu’il présente une très bonne résistance au surlavage dans les discontinuités. Cela se traduit par un temps de rinçage plus court, une moindre consommation d'eau, une quantité plus faible d'effluents.

Le Directeur de la Qualité (DQ) demande au Directeur Technique (DT) du fournisseur une démonstration en usine sur des pièces difficiles à rincer : des panneaux nervurés.

L’opérateur va dans la cabine de pulvérisation (17 m de long ; 7 m de hauteur et de largeur), il pulvérise la pièce. Puis il ressort de la cabine :

- "Monsieur, nous n’utiliserons JAMAIS ce pénétrant. Il pue !!"

Le Directeur technique est surpris : ce pénétrant est inscrit dans la QPL (Qualified Products List = Liste des Produits Homologués) annexée à la SAE-AMS 2644 et c'est la première fois qu'on lui fait une remarque aussi sévère ! Il entre dans la cabine. Effectivement il y a une odeur. Il ressort.

- "Oui, il y a une certaine odeur. Mais, je n’ai pas entendu les ventilateurs du système d’extraction !"

- "Ah oui, le système est en panne et nous devons bientôt le réparer !"

Quelque temps plus tard, le système d’extraction est réparé et les essais sont repris.

Les résultats des essais, comme prévus, sont très bons. Mais l’opérateur reste accroché à son idée :

- "Votre produit sent, il est toxique. Je ne veux pas l’utiliser."

Nous expliquons la différence qui existe entre l’odeur et la toxicité.

- "Néanmoins votre produit sent et c’est insupportable de travailler avec !"

Nous savons bien que si un opérateur ne veut pas utiliser un produit ou un équipement, il y aura toujours des problèmes avec ce produit/équipement ! Donc l'opérateur DOIT ÊTRE D’ACCORD pour utiliser ce produit.
Comment le Directeur Technique (DT) a-t-il réussi ?

Voici en substance l'échange de leur conversation :

- DT : "Monsieur, que faites-vous pour vos trois semaines de vacances d’été ?"

L’opérateur : "Eh bien, je fais ceci et cela..."

- DT : "C’est bien. Et puis vous revenez à l’usine, et vous pulvérisez le pénétrant habituel."

- L’opérateur : "Oui. Ce n’est pas un travail drôle, mais c’est mon travail."

- D T : "Bon... lorsque vous recommencez à utiliser ce pénétrant... ne vous faites-vous pas une remarque -- l’odeur par exemple ?"

Un sourire apparaît sur le visage de l'opérateur :

- "Oui, c’est vrai : pendant la première semaine, ce pénétrant sent mauvais. Ensuite, je ne remarque même pas son odeur".

- DT : "Monsieur, ce sera exactement la même chose avec le nouveau pénétrant. Celui-ci sent un peu différemment de celui auquel vous êtes habitué, donc votre cerveau sent la différence. Mais dans très peu de jours, la situation sera très semblable à ce que vous connaissez : vous ne vous rappellerez même pas l'odeur - sauf en revenant de vos vacances d’été !"

Le troisième exemple concerne une astuce d’un fabricant.

Dans les années 60/70, la filiale française d’un groupe international fabriquait des produits de ressuage sous licence. Elle était donc censée fabriquer les produits selon les spécifications de la maison mère de manière à ce que les produits portant le même nom aient la même composition chimique dans le monde entier.

Or, le solvant de nettoyage et d’élimination de l’excès de pénétrant en surface, de même que le révélateur humide non aqueux, étaient à base de 1,1,1-trichloroéthane.
Ces produits avaient donc une certaine odeur, et pour la masquer, cette filiale prit l’initiative, sans en référer à sa société mère, d’ajouter de la citronnelle dans ces produits et de changer légèrement leurs noms commerciaux. Cette modification n’avait bien sûr aucune incidence sur la performance des produits.

Naturellement, les utilisateurs étaient satisfaits et ne se rendaient pas compte de la présence du 1,1,1-trichloroéthane qui pourtant était nocif. (Notons cependant qu'à l'époque, la règlementation n'était pas aussi sévère que maintenant).

Tout se passa bien jusqu’au jour où un utilisateur aéronautique français reçut la visite d’un de ses donneurs d’ordre étrangers qui constata que certains produits utilisés ne portaient pas strictement les mêmes noms commerciaux que ceux figurant dans la liste des produits homologués de la spécification militaire américaine MIL- I-25135 (remplacée depuis par la SAE-AMS-2644) et que les produits avaient une odeur de citron.

Ce donneur d’ordre signala cette anomalie à la maison mère qui envoya un sévère avertissement à sa filiale qui retourna dans le droit chemin.

Notre cerveau est conçu pour "éliminer" n'importe quelle information durable : par exemple un son, une odeur qui nous incommoderait pendant un certain temps "disparaîtra", considéré comme "une information de fond" par notre cerveau. C'est pourquoi nous sommes alertés quand une nouvelle odeur vient chatouiller nos narines. Par exemple : nous entrons dans une salle enfumée et une heure plus tard, si l'environnement est inchangé, nous ne remarquons même pas l'odeur de fumée.

Une nouvelle odeur peut incommoder certaines personnes. Comme nous le disons si bien : "des goûts et des couleurs", "Il faut de tout pour faire un monde."

Les fournisseurs de produits chimiques doivent parfois faire preuve d’une ingéniosité infinie pour convaincre des clients !

Références

• SAE-AMS 2644E: Inspection Material, Penetrant, Society of Automotive Engineers (SAE), 400 Commonwealth Drive, Warrendale, Pennsylvania 15096, États-Unis d’Amérique, 2006.


Dans les années 60, une Société britannique avait pour slogan : À chaque problème de traitement de surface, il y a un produit xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas).
Les Ingénieurs et les Technico-commerciaux de cette Société l’avaient transformé de la façon suivante : ‘‘Avec chaque produit de traitement de surface xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas), il y a un problème.’’


Cette anecdote est ici seulement pour rappeler à chacun que les problèmes rencontrés en atelier peuvent être dus aussi bien aux fournisseurs/fabricants qu’aux utilisateurs.
Notre idée dans ces documents N’EST PAS de viser quiconque, mais au contraire, de porter à votre connaissance quelques cas intéressants qui peuvent vous éviter de refaire les mêmes erreurs lors de contrôle par ressuage (PT) ou par magnétoscopie (MT).

Toutes les mini-histoires que vous lirez sont VRAIES. Nous pensons qu’elles vous seront utiles.
• Premièrement, en tant qu’exemples d'exigences techniques - ou non techniques - ou de problèmes particuliers.
• Deuxièmement, pour vous faire voir que les problèmes ne proviennent pas forcément d’où vous pensez qu’ils proviennent.
• Troisièmement, pour que les utilisateurs n’hésitent à demander de l’aide aux personnes (les experts) qui en savent plus.

Mis à jour ( Dimanche, 02 Septembre 2012 08:44 )