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Le mélange de pénétrants

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Écrit par Dubosc
Samedi, 20 Octobre 2012 15:01

Il y a de nombreuses années - La Guerre des Étoiles venait de sortir ! - nous avions été encore confrontés à un problème inouï dans une usine d’un de nos clients.

L'utilisateur nous téléphona parce que "le pénétrant que vous nous avez récemment fourni est très visqueux, il a un aspect inhabituel en cuve. Manifestement, il y a un problème de qualité avec ce pénétrant. Nous attendons votre visite".

Nous savions que ce pénétrant n'avait pas été modifié. En fait un point attira notre attention avant de nous rendre dans cette usine : aucune trace de livraison récente à cet utilisateur ! Auraient-ils mis la main sur une expédition ancienne mal stockée dans leur magasin ?

On nous guida jusqu'à la "chaîne de ressuage" : à cette époque, le mot "chaîne" n’était même pas connu. En fait ils avaient une cuve de 100 litres de pénétrant, un petit poste de lavage très simple ; les pièces séchaient pendant plusieurs heures, par évaporation de l'eau. Ensuite, les pièces étaient immergées manuellement dans un révélateur sec contenu dans un emballage métallique coupé en deux. Le contrôle était effectué au même poste où le révélateur était appliqué en utilisant des tubes luminescents. Pas de lunettes. C’était une chaîne de ressuage !

En regardant le pénétrant en cuve, on voyait clairement qu'il y avait un problème : le pénétrant ressemblait davantage à une "boue fluide fluorescente" qu’à un pénétrant.

Très surpris, incapables d'expliquer cela, nous avons regardé tout autour de nous... pour justement découvrir des bidons de trois pénétrants différents provenant de trois fournisseurs différents. Un des bidons était le nôtre, mais les deux autres... Nous avons interrogé le contrôleur qui nous a dit que lorsqu’il avait besoin de refaire le niveau de la cuve, il allait voir le responsable du magasin pour lui demander "un bidon de pénétrant". On lui donnait un bidon dont il versait le contenu dans la cuve.

- "Pourquoi ces différents pénétrants ?"

- "Je ne demande que du pénétrant et j’utilise ce que l’on me donne."

Nous avons donc demandé à rencontrer le département des achats. Nous avons été reçus par un responsable qui nous a clairement dit que nous avions été le fournisseur il y a quelques années, mais qu’il avait ensuite rencontré un autre fournisseur qui lui avait fait une proposition "pour un équivalent, mais meilleur marché"; ensuite un autre fournisseur était passé, qui avait "un équivalent, encore meilleur marché". Après tout, un pénétrant est un pénétrant !

Le problème se posa lorsque le troisième pénétrant fut ajouté au mélange des deux premiers.

Le contrôleur pensait que le premier fournisseur était toujours le fournisseur, que seul le nom de la société/produit avait changé. Quand il a constaté le changement spectaculaire d'aspect du pénétrant il a demandé à ce que "le fournisseur soit sommé de remplacer le produit".

Il apparut que bien que les deux premiers pénétrants aient été "compatibles" (ce qui ne signifie nullement que la sensibilité et les autres paramètres du mélange étaient satisfaisants), l’ajout du troisième conduisit à un produit "instable".

L'Assurance de la Qualité... à cette époque, cette terminologie était inconnue sauf de quelques-uns au monde.

Nous ne pouvons pas imaginer une telle situation aujourd'hui. Hum, hum : en fait nous avons fait face à une situation semblable en 2006/2007 (mélange de pénétrants), au moins en Europe, dans de très grandes organisations aussi bien que dans de plus petites. Les pénétrants étaient du même fabricant. La cause principale d’une telle dérive d’Assurance Qualité était que l'Europe commença à interdire les alkylphénol éthoxylés (les APE). De nouvelles formulations ont été conçues sans APE... mais se débarrasser d’énormes quantités de pénétrants renfermant des APE semblait être un gaspillage en termes de coûts. De ce fait, de nombreuses cuves de ressuage furent recomplétées avec des pénétrants exempts d’APE qui furent mélangés avec des pénétrants renfermant des APE.

La liste des produits homologués (= QPL) conformément à la spécification américaine SAE-AMS 2644 mentionne les pénétrants qui sont homologués. En aucun cas, un mélange de deux pénétrants homologués, même provenant du même fournisseur, n’est un pénétrant homologué ! Mais parfois, il semble que les auditeurs regardent ailleurs quand ils se trouvent confrontés à une telle liberté en matière d'Assurance Qualité alors qu'ils sont prêts à vous taper dessus pour un certificat d’étalonnage édité un jour trop tard !


Référence normative

• SAE-AMS 2644E: Inspection Material, Penetrant, Society of Automotive Engineers (SAE), 400 Commonwealth Drive, Warrendale, Pennsylvania 15096, États-Unis d’Amérique, 2006.


Dans les années 60, une Société britannique avait pour slogan : À chaque problème de traitement de surface, il y a un produit xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas).
Les Ingénieurs et les Technico-commerciaux de cette Société l’avaient transformé de la façon suivante : ‘‘Avec chaque produit de traitement de surface xxxxxx (marque déposée que nous ne divulguerons pas), il y a un problème.’’


Cette anecdote est ici seulement pour rappeler à chacun que les problèmes rencontrés en atelier peuvent être dus aussi bien aux fournisseurs/fabricants qu’aux utilisateurs.
Notre idée dans ces documents N’EST PAS de viser quiconque, mais au contraire, de porter à votre connaissance quelques cas intéressants qui peuvent vous éviter de refaire les mêmes erreurs lors de contrôle par ressuage (PT) ou par magnétoscopie (MT).

Toutes les mini-histoires que vous lirez sont VRAIES. Nous pensons qu’elles vous seront utiles.
• Premièrement, en tant qu’exemples d'exigences techniques - ou non techniques - ou de problèmes particuliers.
• Deuxièmement, pour vous faire voir que les problèmes ne proviennent pas forcément d’où vous pensez qu’ils proviennent.
• Troisièmement, pour que les utilisateurs n’hésitent à demander de l’aide aux personnes (les experts) qui en savent plus.

Mis à jour ( Samedi, 20 Octobre 2012 15:17 )